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40 anecdotes survoltées sur Heat, le meilleur film de braqueurs

40 anecdotes survoltées sur Heat, le meilleur film de braqueurs

Le 15 décembre 1995, ce classique parmi les classiques sortait dans les salles obscures….

1. Heat est le remake d’un précédent téléfilm réalisé par Michael Mann intitulé L.A. Takedown.

Après avoir écrit une toute première version du scénario en 1979, il n’avait trouvé aucun acheteur. En 1989, le succès de Miami Vice aidant, la chaîne NBC s’est montrée intéressée pour lui confier les rênes d’une nouvelle série.

Mann a ainsi retouché son script pour tourner en 19 jours ce qui devait être le pilote d’une saga sur la rivalité entre un flic et un braqueur. Ce dernier n’a cependant pas convaincu, et décision a été prise de le sortir indépendamment sous la forme d’un téléfilm.

2. Parmi les différences les plus notables ente Heat et L.A. Takedown, on peut noter l’addiction au jeu de Chris, la tentative de Roger Van Zant de doubler le crew de Neil McCauley, le personnage de Lauren (Nathalie Portman), celui de Don Breeda (le chauffeur engagé au pied levé), ou encore les meurtres de prostituées de Waingro.

L’un dans l’autre, Heat dure ainsi près de deux fois plus longtemps que L.A. Takedown – 170 minutes contre 92.

3. Seul un acteur est vu à la fois dans Heat et dans L.A. Takedown, Xander Berkeley. Il interprète Waingro à la télévision et Ralph au cinéma, l’amant falot de Justine.

4. Le scénario s’inspire d’une histoire vraie, celle du détective Chuck Adamson et du braqueur Neil McCauley.

Ami de Michael Mann, Adamson a traqué de longues années McCauley, au point qu’une forme de respect mutuel a fini par unir les deux hommes.

La scène où Al Pacino et Robert De Niro partagent un café s’est d’ailleurs réellement produite : après qu’Adamson soit tombé par hasard sur McCauley en sortant d’un pressing, il l’a invité à prendre un verre – « Je ne savais pas si je devais l’arrêter ou lui tirer dessus, alors je lui ai proposé prendre un verre. »

5. À en croire Adamson, le dialogue entre Hannah et McCauley reprend d’ailleurs en partie la conversation qu’ils ont eue à cette occasion.

Après avoir demandé à McCauley « pourquoi il n’allait pas causer des ennuis ailleurs », ce à quoi ce dernier lui a simplement répondu « qu’il aimait Chicago », Adamson l’a prévenu qu’il « risquait de faire face à lui ».

McCauley lui a alors rétorqué : « Okay, mais il y le revers de la médaille, peut-être devrais-je alors t’éliminer ? »

Sur le point de se séparer, Adamson lui a confié « être certain qu’ils se reverront un jour ». Un an plus tard, Adamson a descendu McCauley sur le parking d’un supermarché qu’il venait de braquer.

6. Le personnage de Vincent Hannah n’est cependant pas basé uniquement sur Chuck Adamson, trois autres policiers ont également été pris pour modèle. À ce jour, Michael Mann a toujours refusé de divulguer leurs noms.

7. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Mel Gibson et Harrison Ford ont un temps été considérés pour les rôles de Hanna et de McCauley.

8. Keanu Reeves a failli remplacer Val Kilmer (Chris Shiherlis). Engagé en parallèle sur Batman Forever, Michael Mann n’était pas sûr que Kilmer puisse mener de front les deux tournages la même année.

9. Amy Brenneman a beaucoup hésité avant d’accepter de jouer Eady, la girlfriend un peu malgré elle de McCauley.

Elle n’aimait ni le scénario, ni les personnages qu’elle trouvait « méprisables »« Il y avait trop de sang, aucune morale et je ne voulais rien à avoir avec ça ».

Mann l’a alors convaincu d’accepter en lui expliquant que c’est exactement pour cela qu’elle serait parfaite dans le rôle.

10. Ted Levine (Bosko) s’est au départ vu offrir le rôle de Waingro. Il a cependant décliné par peur de se retrouver stéréotypé, lui qui plus tôt avait incarné le tueur en série Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux.

11. Le sans-abri se baladant avec son chariot rempli d’électro-ménager qui au début du film est témoin du braquage de fourgon n’est pas un acteur, il a été engagé pour jouer son propre rôle par Michael Mann après que ce cernier l’ait repéré lors des repérages.

12. Pour plus de réalisme, de nombreux figurants vus dans Heat vivaient et travaillaient à Los Angeles : les policiers qui examinent les lieux du braquage de fourgon sont pour la plupart de vrais policiers, le personnel du restaurant dans lequel Hannah et McCauley taillent la bavette étaient employés par ce même restaurant…

13. Le rôle de Justine Hanna a initialement été proposé à Gong Li, qui a refusé. Elle acceptera toutefois de travailler avec Mann onze ans plus tard sur Miami Vice.

14. La gare filmée au tout début de Heat est la même gare que celle filmée à la toute fin de Collateral (2004).

15. Toutes les scènes de Heat ont été tournées en extérieur.

Désireux de filmer Los Angeles « comme jamais Los Angeles n’avait été filmé », Michael Mann a chargé ses équipes de trouver des lieux de tournages inédits. Ainsi, sur la soixantaine de locations, seules une dizaine à peine avaient déjà été vues auparavant sur grand écran.

Seule exception : la scène où Neil et Eady prennent un verre en terrasse.

« Los Angeles est une ville magnifique lorsqu’on a la chance de la voir en hauteur la nuit. Malheureusement, à l’époque les caméras haute définition n’existaient pas, et pour obtenir l’effet que je souhaitais nous avons dû utiliser un fond vert. »

16. Pour préparer le rôle de Charlene, Ashley Judd est allée rencontrer au préalable d’anciennes prostituées devenues femmes au foyer.

17. Autre possible info dont il n’est nulle part fait mention dans le film, Hanna serait accro à la cocaïne.

C’est en tout cas comme ça qu’Al Pacino a interprétée le personnage : « Il n’en prend pas comme dans Scarface, mais il en tape à l’occasion. C’est suggéré à certains moments. »

18. Interrogé récemment sur le préquel de Heat qu’il compte sortir prochainement en livre, Michael Mann en a révélé plus sur le passé de Vincent Hannah.

« J’ai écrit sa biographie complète, de son enfance dans l’Illinois où son père conduisait des camions pour des contrebandiers, à ce moment où, plutôt que d’aller dans une université de seconde classe, il s’engage chez les Marines et se retrouve au Viêtnam. Ce qu’il voit là-bas le pousse à étudier le droit, puis à rejoindre la police de Chicago. »

« Ce qu’il désire plus que tout, c’est trouver sa quête. Comme il est le dit à Justine, il est ce qu’il poursuit. »

19Nate, le personnage interprété par Jon Voight, est inspiré d’Eddie Bunker, un ancien criminel (trafic de drogue, vols à main armé…) reconverti en romancier et acteur (Mr. Blue dans Reservoir Dogs).

Mieux, Bunker a officié comme conseiller technique sur le tournage.

20. L’un des plans les plus célèbres de Heat rend hommage au tableau Pacific du peintre Canadien Alex Colville (1967). Il montre un homme qui regarde avec mélancolie l’océan à travers une vitre, un pistolet posé sur la table au premier plan.

21. Quand McCauley abandonne le braquage d’un l’entrepôt simplement après avoir entendu un bruit suspect, ce n’est absolument pas exagérée : Chuck Adamson raconte dans les bonus du DVD qu’il s’agit d’une véritable anecdote.

22. Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi Alan (Hank Azaria, l’amant de Charlene) tressaute quand Vincent se met à hurler que cette dernière a « UN CUL DE DÉESSE ! » (« Because she’s got a GREAT ASS! » en VO), c’est parce que Pacino a complètement improvisé la réplique.

23. Val Kilmer était tellement impressionné par la performance d’acteur de Robert De Niro qu’il venait sur le plateau lors de ses jours de congés pour l’observer jouer.

24. La fameuse scène où Al Pacino et Robert De Niro jouent l’un en face de l’autre n’a pas été répétée, et ce, afin de retranscrire au plus près la sensation qu’Hannah et McCauley apprennent à se découvrir.

25. Sitôt Heat sorti, le Kate Mantilini, le restaurant dans lequel Pacino et De Niro ont tourné cette scène, s’est transformé en attraction touristique.

Situé à Beverly Hills, l’établissement proposait même de réserver la fameuse table 71. Il a malheureusement fermé ses portes en 1994.

26. Contrairement à ses camarades Robert De Niro, Val Kilmer et Tom Sizemore qui pour se familiariser avec le passé de leurs personnages se sont rendus au pénitencier de San Quentin dans le but de rencontrer d’anciens détenus, Danny Trejo n’a pas eu besoin d’accomplir ce travail d’immersion, lui qui dans ses jeunes années a été incarcéré de 1966 à 1968 dans ce même bâtiment pour avoir vendu de l’héroïne à un policier en civil.

27. Tous les acteurs vus une arme à la main ont participé en amont à un camp d’entraînement. Sous la supervision d’anciens militaires, ils ont appris à ce que « le maniement d’armes devienne comme une seconde nature ».

28. Le tournage de la fameuse fusillade s’est déroulé sur plusieurs semaines car la production n’était autorisée à filmer West 5th Street uniquement pendant les weekends.

Notez cependant que si le braquage a bien été tourné à l’intérieur d’une vraie banque, l’entrée est celle d’un bâtiment d’affaires.

29. Particulièrement impressionnants, les sons des coups de feu ont été enregistrés live.

Tandis que les bruitages sont traditionnellement rajoutés en post-production, pour accentuer l’immersion du spectateur et conserver l’écho provoqué par les immeubles aux alentour, Michael Mann a fait poser des micros un peu partout sur le plateau.

À chaque prise, entre 800 et 1 000 balles à blanc étaient tirées !

30. En 2002, les instructeurs d’un camp dans d’entraînements de Marines de San Diego ont pris en exemple cette scène pour montrer à leurs nouvelles recrues comment se positionner, couvrir leurs arrières et recharger dans une situation similaire.

31. Lors de la fusillade, les armes des policiers sont réglées en mode semi-automatique, tandis que celles des braqueurs sont en mode automatique.

Dans le premier cas, un seul coup est tiré à chaque fois que la détente est pressée, l’objectif étant de protéger les vies des civils. Dans le second, les balles partent en rafale afin de créer un maximum de dégâts.

32. Sans Heat aurait-on eu droit treize ans plus tard au Dark Knight de Christopher Nolan ? En tout cas le réalisateur ne s’est jamais caché d’avoir pris en exemple son aîné pour filmer le hold-up du Joker.

33. Le fait que Van Zant regarde un match de hockey sur glace à la télévision dans son salon avant que MCauley ne vienne le liquider est tout sauf un détail : il un renvoie en effet au braquage du fourgon au tout début du film, lorsque MCauley et ses hommes portaient tous des masques de hockeyeurs.

Criminel en col blanc, Van Zant pensait pouvoir regarder les évènements au loin dans sa tour d’ivoire, sans avoir à subir les conséquences de ses actes… jusqu’à que McCauley fasse voler en éclats la baie vitrée de son domicile. Brisant-là symboliquement le quatrième mur, il lui rappelle que les règles de la partie dans laquelle il s’est engagé s’appliquent à tous sans exception.

34. Entre le moment où, sur le point de rejoindre Eady, Neil aperçoit Hannah à ses trousses, et le moment où Neil échange un dernier regard avec Eady, il s’écoule précisément trente secondes.

Ce laps de temps fait bien évidemment écho à la devise de Neil : « Si tu veux faire de vieux os dans ce métier, sois libre comme l’air. Tout ce qui a pu prendre une place dans ta vie, tu dois pouvoir t’en débarrasser en trente secondes montre en main dès que tu as repéré un seul flic dans le coin. »

35. Michael Mann a choisi que le duel final entre Neil et Vincent se déroule à l’aéroport de Los Angeles LAX pour une raison bien précise : « Je voulais un décor qui soit tellement dans l’entre deux que ça en devienne surréaliste. »

36. Entre la toute dernière réplique de Pacino (« Gimme that shotgun ») et celle de De Niro (« Told you I’m never going back »), il se passe six minutes et trente-deux secondes sans aucun dialogue ou ellipse.

37. God Moving Over the Face of the Waters, le titre de la chanson de Moby qui clôt Heat renvoie au second verset du premier chapitre de la Genèse.

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : les ténèbres couvraient de la surface à l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »

38. Michael Mann a un temps envisagé que McCauley et Hannah meurent tous les deux à la fin, aucun ne survivant pas aux blessures infligées par l’autre.

39. Jamais les visages d’Al Pacino et de Robert De Niro ne sont cadrés dans le même plan.

Lorsqu’ils prennent un café ensemble, ils sont face-à-face. Lors de la scène finale, quand Pacino tend la main à De Niro, ils sont côte à côte.

40. Condamné à 18 ans de prison pour vol à main armé en 1998, le français Redoine Faïd s’est en 2009 rendu à une projection de Public Enemies à la Cinémathèque française à laquelle assistait Michael Mann.

Lors de la séance de question/réponses post-film, il a pris le micro pour lui dire ô combien « Heat demeure la référence absolue du grand banditisme », et qu’il considère le réalisateur comme « son conseiller technique, son prof de fac, une sorte de mentor ».

Quelque peu désarçonné, ce denier lui a avoué « ne pas savoir quoi répondre » – la séquence en intégralité ici.

Depuis Faïd a renoué avec ses démons, lui qui notamment été condamné en 2018 à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir organisé un braquage ayant abouti à la mort d’une policière.

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