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L’abécédaire de Michael Jordan

L’abécédaire de Michael Jordan

A comme Air

Le surnom qui lui a très rapidement été donné en raison de son style de jeu des plus aériens.

Aussi élégant qu’athlétique, là où le commun des mortels est irrémédiablement soumis à la loi de la gravité, à chaque fois qu’il attaque le cercle, Michael Jordan donne cette impression de flotter quelques secondes supplémentaires.

Roi du dunk, il n’a cependant pas été le premier joueur à avoir survolé les défenses : dix ans plus tôt, l’ailier des Philadelphie Sixers Julius Erving avait révolutionné le jeu en s’appuyant sur sa détente hors du commun – la légende veut que lorsqu’il marquait, ses adversaires attendaient la rediffusion de l’action sur l’écran du stade avant de reprendre le match.

Malheureusement pour lui, il n’a à son époque pas bénéficié de la montée en gamme des retransmissions télé (multiplication des caméras, ralentis, compilations…) couplée à l’explosion des audiences.

Beau joueur, MJ a toujours admis s’être inspiré de lui.

B comme Barcelone 92

Quand Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird et toute la Dream Team débarquent en terres espagnoles pour la 25ème édition des Jeux olympiques d’été, c’est dès le départ plus que du basketball.

Ambassadeurs d’un lifestyle encore méconnu dans le vieux monde, nos GIs des parquets parachèvent le plan Marshall en important hip hop, grosses sneakers et coolitude.

Au centre de tous les regards quinze jours durant, MJ, qui vient tout juste de s’adjuger sa deuxième bague NBA et son troisième trophée de MVP, devient d’un coup d’un seul le sportif le plus populaire de la planète.

Et c’est ainsi qu’à la rentrée des classes suivante, toute une génération s’est précipitée en club pour s’initier à la balle orange – et accessoirement tanner ses parents pour une paire de pompes coûtant le prix de trois anniversaires.

C comme Chicago

Bien que choisi en troisième position derrière Hakeem Olajuwon et Sam Bowie lors de la draft 1984, Michael Jordan est considéré comme la sensation de cette nouvelle cuvée.

Tout comme Nike qui a mis le paquet pour s’offrir ses services, les Chicago Bulls ne s’y trompent et lui déroulent le tapis rouge : quand bien même il n’a pas disputé la moindre rencontre pro, le General Manager Rod Thorn lui propose directement le plus gros salaire de l’équipe.

C’est ainsi que le 12 septembre 1984, MJ accepte de s’engager avec les Taureaux pour 5 millions de dollars sur sept ans, plus une prime à la signature d’un million.

En 1988, il fait ensuite jouer sa clause libératoire pour renégocier ses émoluments à la hausse (25 millions sur 8 ans).

Curieusement, il lui faudra attendre 1996 pour devenir à 33 ans le joueur le mieux payé de la ligue avec 30,1 millions de dollars par an… soit quasiment l’équivalent en cumulé de ses 10 précédentes saisons !

D comme Dean Smith

Son entraîneur lors de ses trois années passées à l’université de North Carolina.

Après ses parents, « la personne qui l’a le plus influencé dans la vie ».

« Coach Smith traitait tous ses joueurs comme des membres de sa famille, qu’ils soient titulaires ou qu’ils ne quittent jamais le banc. Il se comportait comme un père avec nous, jamais il ne mettait un joueur au-dessus de l’autre. Il prenait soin de nous, il nous donnait des conseils. Il nous éduquait avec toute sa force et sa détermination. »

Outre le fait d’avoir énormément fait pour booster sa confiance en lui (en l’intégrant à la surprise générale dans le cinq majeur dès sa première saison, en l’encourageant à shooter dès qu’il en avait l’occasion…), Michael lui doit de l’avoir persuadé de tenter sa chance en NBA sans attendre de terminer son cursus universitaire, chose extrêmement rare dans les 80’s.

Dean Smith nous a quittés en 2015 à l’âge de 83 ans.

E comme « Et si ? »

Tant de fois la vie et la carrière de Michael Jordan auraient pu être différentes.

Plus encore que tous les titres et distinctions glanés, ce qui détonne peut-être le plus dans sa biographie, c’est sa propension à toujours se trouver au bon endroit au bon moment. De rencontrer l’histoire.

Et s’il avait signé chez Adidas plutôt que chez Nike ? Et s’il avait réussi sa reconversion dans le baseball ? Et s’il jouait à notre époque ? Etc.

Retrouvez neuf scénarios avec effet papillon dans cet article fleuve que personne n’a lu.

F comme Fortune

Premier athlète milliardaire, Michael Jordan pèse quasiment deux fois plus que Cristiano Ronaldo et Lionel Messi réunis – 1,6 milliard de dollars dans sa tirelire contre 915 petits millions en cumulé pour nos deux footeux.

Et lorsque l’on sait que l’ami Mike encaisse chaque année entre 100 et 150 millions de royautés grâce à Jordan Brand, sa place sur le trône paraît assurée pour quelques générations.

G comme Game 6

« Psycho, I’m liable to go Michael, take your pick: Jackson, Tyson, Jordan, Game 6 »

Quand en 2011, dans Niggas in Paris, Jay Z loue les vertus de MJ dans le money time, la ligne ne sort pas de son chapeau : sur six finales disputées (toutes gagnées), cinq d’entre elles se sont terminées au sixième match.

H comme Hornets

En 2010, Michael Jordan a déboursé 275 millions de dollars de sa poche pour devenir le propriétaire majoritaire de la franchise de Caroline du Nord.

Si le défi semblait à l’instant T à sa hauteur, douze ans plus tard, c’est à se demander quelle mouche l’a piqué d’aller se fourrer dans un tel guêpier (lol).

396 défaites sur 545 matchs joués, deux petites qualifications en playoffs de rien du tout (et deux éliminations au premier tour), le record de la pire saison en 2012 (7-59), parmi les pires de choix de draft possibles (genre laisser passer Giannis Anteokounmpo, Klay Thompson ou Kawhi Leonard), six entraîneurs… difficile de faire bilan plus calamiteux.

Loin donc d’être comme il l’espérait « le point culminant de sa seconde carrière », ce job lui rapporte toutefois un max’ de dividendes : en 2020, les Charlottes Hornets étaient évalués par Forbes à pas moins d’1,5 milliard de dollars !

I comme Interceptions

Sacré dix fois meilleur marqueur en saison régulière et seul joueur de l’histoire à afficher plus de 30 points de moyenne par match en carrière, on en oublierait que Michael Jordan était également un défenseur hors pair.

Formé à la dure par Dean Smith (il ne faisait jouer que ceux qui se donnaient à fond des deux côtés du terrain), entre ses réflexes, sa vitesse d’exécution et son sens aigu de la compétition, Michael a remporté le titre de meilleur intercepteur à trois reprises (1988, 1990, 1993).

Auteur de 2,3 vols de ballon en carrière, avec 2 515 interceptions en 1 072 matchs, il se classe en cumulé troisième ever de cette catégorie statistique.

Tout cela sans oublier ses neuf sélections au sein de la All-Defensive First Team, son trophée de défenseur de l’année en 1988… et sa toute dernière action sous le maillot des Bulls, quand à la toute fin des finales de 1998, il a piqué la balle dans les mains du gros Karl Malone, avant de remonter tout le court, puis de scorer sur la tête du pauvre Byron Russell.

J comme Jam

Le jour où les montagnes se rencontrent…

Sur le tonitruant quatrième single de Dangerous, Michael Jackson convie dans le clip Kris Kross, Heavy D, Naughty by Nature et Michael Jordan.

Le concept ? MJ apprend à MJ à dribbler et shooter, tandis qu’en retour MJ apprend à MJ à danser.

Aujourd’hui comme hier un brin cucul la praline, Jam a néanmoins tourné en boucle toute la saison 92 au Chicago Stadium.

K comme Kwame Brown

Sur le papier, il ne pouvait rêver d’un meilleur début de carrière.

Tout juste désigné meilleur lycéen du pays en 2000, Kwame Brown est dans la foulée drafté en première position par les Washington Wizards, et ce, sans être passé par la case université. Une première dans l’histoire de la NBA.

Mieux, tandis qu’il se murmure qu’en coulisses Michael Jordan a activement soutenu ce choix (il était depuis peu actionnaire des Wizards), quelques mois plus tard, le numéro 23 annonce son retour sur les parquets.

Le truc, c’est que si dans un premier temps MJ se comporte comme un mentor avec Brown, sa personnalité bordeline reprend très vite le dessus. Agacé de la lenteur de ses progrès, consumé par son esprit de compétition, il s’acharne sur lui plus que de raison, qu’il s’agisse de lui mener la vie dure à l’entraînement, de l’invectiver en public, ou de moquer ses lignes statistiques à la fin des matchs.

Souffre-douleur de Sa Majesté, Kwame Brown loupe complètement sa première saison (4,5 points, 3,7 rebonds de moyenne), tant et si bien qu’il est à l’heure actuelle encore considéré comme l’un des pires flops de la draft.

Alors certes, peut-être n’était-il pas à la hauteur des espoirs placés en lui, et peut-être Jordan pensait-il l’aider à s’endurcir en se comportant de la sorte, mais toujours est-il que nombreux sont les observateurs qui estiment que sa confiance en lui s’en est trouvée à jamais brisée.

Le côté sombre de Michael Jordan, ce n’était vraiment pas de la blague.

L comme Larry

« Si mon grand frère Larry avait mesuré 1m90 ou 1m95, je serais connu comme ‘le frère de Larry Jordan’, pas comme Michael Jordan. »

Avant-dernier d’une famille de cinq frères et sœurs, Michael cultive un lien particulier avec Larry, son aîné de 11 mois.

Basketteur de talent à l’adolescence, il affronte Michael tous les soirs en un contre un dans leur jardin.

« Si je perdais contre Mike, nous recommencions jusqu’à que je gagne. La plupart du temps, ça se terminait en bagarre » déclara-t-il un jour sur ESPN.

Au lycée, les deux frangins joueront même ensemble pendant une saison. Malheureusement pour Larry qui à cette période était vu comme un futur espoir, sa croissance stoppe à 1m73.

« Je dois à Larry mon instinct de compétition, sans nos confrontations sans fin, je ne serais pas où j’en suis. C’était plus que du basket, je me battais pour obtenir l’attention de mon père. Nos duels à couteaux tirés ont attisé ce feu en moi. »

M comme Mème

Le 11 septembre 2009, Michael Jordan est officiellement intronisé au Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, le Panthéon du b-ball.

Visiblement très ému, lors de son discours, l’homme qui du temps de sa splendeur martyrisait sans relâche la concurrence, connaît toutes les peines du monde à contenir ses larmes.

L’œil humide, la joue luisante, le visage presque bouffi… l’instant est immortalisé en photo.

Joies de l’internet, quelques années plus tard, le cliché ressurgit.

Rebaptisé le « Crying Jordan », il colonise dès lors forums, médias et réseaux sociaux, au point de s’imposer comme le même le plus viral de sa génération.

Comment ? Pourquoi ? On vous explique tout ici.

N comme Numéro 23

Non, Michael Jordan n’est pas le seul joueur à avoir porté un jersey floqué du numéro 23.

Certains l’ont porté avant lui, comme Lou Hudson ou Alex English. D’autres l’ont porté en même temps que lui, comme Mark Aguirre ou Cedric Ceballos.

Plus étonnant, nombreux sont ceux qui ont eu l’outrecuidance de le porter après lui, comme Lebron James (lui qui en 2009 estimait pourtant que la NBA aurait dû le retirer) ou les plus obscurs Jeremy Richardson (5 matchs avec les Spurs, 1,9 points de moyenne) et Vakeaton Quamar Wafer, dont le plus haut fait de gloire à ce jour reste d’avoir été surnommé ‘Le Cookie hollandais’.

Au total, depuis 1946, ce sont ainsi 237 joueurs qui ont arboré ce numéro mythique au cours d’un match au moins.

Notez que MJ lui-même n’a pas toujours porté le numéro 23 Cf. le numéro 45 lors de son premier comeback en 1995 ou le numéro 9 avec la Dream Team (Fat Joe knows).

Moins connu, il a également été vu avec le numéro 12 sur les épaules.

Le 14 février 1990, Chicago se déplace à Orlando pour en découdre avec les Magics. Juste avant le début du match, les membres du staff se rendent compte qu’ils ont oublié d’embarquer son maillot.

Jordan va alors demander aux fans présents dans le public de lui en prêter un, sauf qu’ils sont tous trop petits. Mike récupère alors le seul maillot non floqué en stock, un numéro 12.

Cet imprévu ne le décontenancera toutefois nullement et il finira la rencontre avec 49 points au compteur.

O comme OG

Mais nom d’une belette, c’est quoi une Air Jordan OG ? Et c’est quoi la différence entre une OG et une rétro ?

Et bien une Air Jordan OG (OG signifiant « original » ou « original release »), c’est une Air Jordan première version.

Là où ça se complique, c’est que si le terme OG faisait à la base référence uniquement aux premiers modèles sortis (la Air Jordan 1 de 1985, la Air Jordan 6 de 1991…), il a en ensuite été étendu aux premiers coloris.

Du coup, une OG peut très bien être une rétro (la Air Jordan 1 High OG Patent Bred de 2021, la Air Jordan 6 OG Infrared de 2019…), tout en sachant qu’il arrive fréquemment que les rétros modifient certaines finitions ou matériaux des OG (et pas toujours en bien).

P comme Pistons

Dire des Detroit Pistons et des Chicago Bulls qu’il ne s’aimaient pas relève de l’euphémisme.

Défait par les Bad Boys en finale de la conférence Est en 1988 et en 1989, quand Jordan s’incline une nouvelle fois au même stade en 1990, c’en est trop. En larmes à la sortie du stade, il met à profit l’été qui suit pour prendre 7 kilos de muscle, et ce, dans l’unique but de leur tenir tête aux prochains playoffs.

Si la suite de l’histoire est connue (les Pistons sont sweepés en 1991, ils quittent le terrain avant même la fin du dernier match sans serrer la main aux Bulls, Isiah Thomas est expressément blacklisté de la Dream Team par MJ…), un mystère demeure : comment diable Jordan qui d’habitude est si rancunier (en 2020, il en était encore à traiter Thomas de « trou d’*c ») a-t-il pu s’entendre avec Dennis Rodman quand ce dernier a débarqué chez les Bulls quelques années plus tard ?

Q comme Quote

Clairement, niveau citations, MJ n’était pas Mohammed Ali.

Toujours est-il que s’il en est une qui mérite de passer à la postérité, c’est celle-là : « J’ai raté 9 000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. À 26 reprises, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis. »

Ben ouais, avec un pourcentage d’adresse de 49,7%, MJ ratait un shoot sur deux. La prochaine fois que vous vous hésitez à vous lancer par peur de l’échec, pensez-y.

R comme Religion

20 avril 1986. Après avoir planté 49 points lors du tout premier match des playoffs face aux invincibles Celtics de Boston (67 victoires en saison régulière, 40 matchs gagnés à domicile sur 41, Larry Bird élu MVP pour la troisième fois d’affilée), Michael Jordan leur en inflige 63 au Game 2. Un record.

Dépité, Bird confie au coup de sifflet final qu’il a affronté ce soir-là « Dieu déguisé en Michael Jordan ».

À compter de ce jour-là, les témoignages sur la nature divine du numéro 23 se succèdent.

C’est son coach Doug Collins qui le compare ouvertement à Jésus Christ. C’est Allen Iverson qui raconte lors de son discours introduction au Hall of Fame que la première fois où il l’a vu, « il ne lui a pas paru réel ». C’est Lebron James qui déclare que rencontrer MJ pour la première fois, « c’est comme rencontrer Dieu ».

C’est enfin Michael lui-même, qui, un jour où Reggie Miller s’était permis de la chambrer un peu trop ouvertement, l’avait enjoint, après avoir inscrit 44 points, de « ne plus jamais parler comme ça au Jésus noir ».

Amen.

S comme Scottie Pippen

Étiqueté éternel lieutenant de Jordan, dans n’importe quelle autre équipe il aurait été un Batman, et non pas Robin.

Sur le site internet du Naismith Basketball Hall of Fame, il est dit de lui qu’il était capable de « traverser le court comme un meneur, d’attaquer le cercle comme ailier, et de shooter comme un arrière ». Il a été un membre éminemment de la Dream Team. Kobe Bryant a loué « son génie défensif ». Ses Nike Air More Uptempo de 1996 (celles avec « AIR » écrit en gros sur chaque côté) sont à chaque réédition un hit…

Ah, si seulement il avait remporté une septième bague avec les Rockets ou les Blazers – ou même avec les Bulls de 93/94.

T comme The Last Dance

Le documentaire que tout fan de His Airness se doit d’avoir vu dans sa vie.

Mis en boîte par ESPN, il se compose de dix épisodes de 50 minutes revenant en détails sur l’avènement de la dynastie des Chicago Bulls dans les années 90.

Étayé par quantité d’interviews, de témoignages et d’images d’archives inédites (notamment celles filmées tout au long de la saison 1997-1998 par une équipe de reporters), ces presque dix heures (!) se regardent comme la plus palpitante des séries.

Pour autant, la comparaison tourne court avec les chefs-d’œuvre du genre que sont Hoop Dreams, O.J. Made in America ou When We Were Kings.

À trop flirter avec l’hagiographie pour être honnête (Michael Jordan a exigé le final cut), à trop s’autoriser de liberté par rapport aux faits (ce que de nombreux acteurs de l’époque comme Horace Grant, Isaiah Thomas ou Sam Smith se sont empressés de souligner), The Last Dance pêche par manque de substance.

Rien n’est dit sur la société, aucun grand thème n’est connecté.

Pur produit de divertissement, The Last Dance se contente de refléter l’obsession de l’un des plus grands sportifs de tous les temps pour son image dans un monde du sport phagocyté par les intérêts financiers.

Après tout, peut-être est-ce là son intérêt.

U comme Upper Deck

Croyez-le ou non, mais il est un record qui échappe à Michael Jordan : celui de la carte sportive la plus chère jamais vendue.

Certes, MJ ne démérite pas sur ce coup avec sa 1997 Upper Deck Game Jersey Michael Jordan (Autograph) #GJ13S PSA qui en 2021 a trouvé preneur aux enchères pour la modique somme de 2 103 300 dollars (éditée à 23 exemplaires, elle incorpore un bout de tissu du maillot qu’il portait lors du All-Star game de 1992, le dernier auquel participa Magic Johnson), mais cela ne lui vaut pas de monter sur le podium

Devancé par Luka Doncic (4,6 millions), Lebron James (5,2 millions) et Stephen Curry (5,9 millions), Mike fait ici les frais du partenariat passé en 2009 entre la NBA et Panini, qui a marginalisé Upper Deck, le fabricant qui détient le droit exclusif de reproduire son image sur des cartes à collectionner.

V comme Victoire

La chose qui compte le plus dans sa vie, celle pour laquelle il a tout sacrifié.

Si sur le papier cette obsession lui vaut d’être considéré comme le Greatest Of All Time (6 fois champions, 5 fois MVP, 14 fois All-Star…), au quotidien elle flirte allègrement avec la pathologieles psychologues parlent d’hypercompétitivité, « une quête incessante et aveugle de supériorité individuelle qui imprègne tous les domaines de d’une vie ».

Imbuvable avec ses coéquipiers, infect avec ses adversaires, Jordan ne perdait en effet jamais une occasion de rabaisser son prochain (insultes, menaces, coups…).

Lorsqu’il était au sommet de son game, cela passait à peu près, mais une fois ces belles années derrière lui, le masque a fini par tomber, et cette « intensité » s’est mise à rimer avec « toxicité ».

Égocentrique, manipulateur, consumé par sa rancœur… Michael Jordan n’a en réalité jamais été ce personnage lisse et propre sur lui vendus par David Stern, Nike, Gatorade & Co.

W comme What The F*** is Michael Jordan Wearing?

Le Tumblr de l’hérésie.

Celui qui liste sans une once de révérence les pires tenues portées par His Airness.

Baggy jeans douteux, assemblage de couleurs encore plus douteux, vestes trois tailles trop grandes (un petit exploit lorsqu’on mesure 1m98)… Mike continue de s’habiller comme un lycéen fan de rnb des années 90.

À l’époque, ça passait à peu près (surtout que dans leur genre Karl Malone et Scottie Pippen n’étaient pas mal non plus). Aujourd’hui, c’est à croire qu’à chaque fois qu’il sort de chez lui, il a perdu un pari.

X comme XI

Alors oui, depuis plusieurs saisons les Air Jordan 1 sont celles que l’on voit à tous les pieds, mais cela n’empêche pas les Air Jordan 11 de prétendre au titre de meilleures Jordan de meilleures sneakers de tous les temps.

« Je voulais qu’elles ressemblent à la carrosserie d’une voiture, qu’elles brillent et soient faciles à nettoyer » raconte le designer de légende Tinker Hatfield. « Et comme dans ma tête c’était une voiture décapotable, le haut devait être composé de tissu. »

Symbole de vitesse et d’élégance, les XI sont également un petit bijou de technologie : aux coussins d’air qui assurent un amorti tout en douceur, elles associent dans la semelle une tige en carbone spécialement conçue qui donne plus de rigidité aux appuis.

Objet de culte depuis plus d’un quart de siècle, leur popularité ne se dément absolument pas (en 2016 Nike a annoncé que la réédition du modèle Space Jam avait battu tous les records, en 2018 la réédition du coloris Concord a fait encore mieux…).

Y comme Yvette Prieto

Divorcé en 2006 de Juanita Vanoy avec qui il était marié depuis 17 ans, Michael Jordan avait alors dû s’acquitter d’un chèque de 168 millions de dollars de compensation (230 millions de dollars actuels).

Cela ne l’a cependant pas empêché de convoler à nouveau en noces en 2013 avec Yvette Prieto, une ancienne mannequin d’origine cubaine de quinze ans sa cadette.

Devenus parents de deux jumelles en 2014, le couple se fait voir à l’occasion en public, quand bien même madame se fait extrêmement discrète dans les médias (zéro interview, zéro séance photos).

Z comme Zen

Michael Jordan aurait-il pu devenir Michael Jordan à lui tout seul ?

Évidemment non, ne serait-ce que si l’on s’attarde sur l’influence que Phil Jackson a exercé sur lui.

Assistant coach des Bulls de 87 à 89, quand celui que l’on surnomme le Maître Zen pour ses techniques de coaching d’inspiration orientale prend en main les rênes de l’équipe en 1989, il convainc Michael de faire le deuil de l’ancien lui.

Le Michael Jordan pre-1989, c’était en effet cet incroyable soliste qui empilait les distinctions individuelles et affolait les compteurs sans accorder la moindre confiance à ses coéquipiers. Ce Michael Jordan-là n’a rien gagné collectivement.

Le Michael Jordan post-1989, c’est celui qui va remporter six finales de rang et faire de Chicago l’une des franchises les plus titrées du basketball en une décennie à peine.

Dans l’éternel débat sur le plus grand basketteur tous les temps, s’il est un critère qui fait la différence entre MJ et tous les Magic/Wilt/Bird/Lebron/Kobe de la Terre, c’est avant tout celui-là.

Merci Phil Jackson.

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