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Ces rappeurs des années 2010 que vous avez déjà oubliés

Ces rappeurs des années 2010 que vous avez déjà oubliés

Mais si rappelez-vous….

Le rap ça va vite. Et plus ça va, plus ça va vite.

Depuis dix ans, notamment grâce à la démocratisation des technologies et la multiplication des médias, enregistrer un album, tourner un clip et se faire connaître n’a en effet jamais été aussi facile.

Le bon côté de la chose, c’est cela permet à de plus en plus d’artistes de débarquer sur le devant de la scène. Le moins bon côté de la chose, c’est que devant un tel afflux, l’expérience ne dure pas forcément.

Découvrez via cette dizaine de portraits,des rappeurs aux profils très différents pour qui la roue a tourné plus vite que prévu.

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Desiigner

« Panda! Panda! Panda! Panda! »

En 2016, c’est peu dire que le gimmick était dans toutes les têtes.

Téléchargé sur SoundCloud le 15 décembre 2015, le single du même nom avait bénéficié d’une seconde sortie au mois de février suivant sous l’égide de Def Jam.

Puis ce fût dans la foulée la signature sur G.O.O.D. Music de Kanye West, deux featurings sur The Life Of Pablo (dont la seconde partie de Father Stretch My Hands qui copie/colle Panda), une place de numéro 1 des charts en avril, une première mixtape intitulée New English en juin… Bref, c’était plutôt bien parti pour natif de Brooklyn.

Sauf que celui qui se vantait d’avoir des meufs à Atlanta (« I got broads in Atlanta »), quand bien même avant le succès il n’y avait jamais mis les pieds de sa vie, n’a pas confirmé.

La faute à sa trop grande ressemblance avec Future (son timbre de voix, son utilisation de l’autotune, ses ad-libs), à un premier album qui encore aujourd’hui se fait attendre, et à un départ de G.O.O.D. Music qui ne s’est apparemment pas fait dans le plus grand des calmes.

Ou pour citer l’intéressé en novembre 2019 : « J’ai signé avec Kanye West, le plus grand renoi du game. Vous pensez tous que c’est un génie, mais pour moi il est fou. »

Et de poursuivre en clamant qu’il a « remis G.O.O.D. Music sur la carte » et que désormais indépendant sur son propre label L.O.D. Records, il peut sortir ce qu’il veut, quand il veut.

Ses fans ont toutefois dû patienter une bonne année et demie pour écouter de la nouvelle musique avec l’EP trois titres 3 The Hard Way sorti l’été dernier.

Ace Hood

Gars sûr de DJ Khaled avant qu’il ne devienne DJ Khaled (avant Snapchat et les placements de produits quoi), non-content d’avoir enregistré quatre albums étiquetés We The Best entre 2008 et 2013, il a également bouché les trous sur toutes les compilations du label jusqu’en 2016, date à laquelle il a quitté le navire.

De loin, on pourrait soupçonner que son patron ait fini par se rendre compte, d’une part, qu’il n’était pas le Nas qu’il croyait être (oui parce qu’il fut un temps où Khaled le comparait le plus sérieusement du monde à Nas), et de l’autre, qu’il pouvait enfin se payer Nas à sa place (mais aussi Jay Z, Quavo, DaBaby et tous les gros noms qui rappent mieux que lui).

En réalité, si l’on en croit Ace Hood, les égos de chacun auraient pris trop de place.

« C’était une question de principe. Pour moi, on avait créé ce truc tous les deux. Certes, ce n’est pas comme si nous devions prendre toutes les décisions ensemble, mais parfois ça aurait dû être le cas. »

De là, débute une longue traversée du désert – traversée toujours en cours à l’heure actuelle pour peu que l’on juge l’accueil extrêmement tiède réservé à son dernier projet, Mr. Hood, qui plus d’un an après sa sortie n’a toujours pas de page Wikipédia dédiée.

Dure, dure, la vie d’ancien faire-valoir.

Stitches

Ovni de l’année 2014, le clip de Brick In Yo Face mettait en scène Phillip Nickolas Katsabanis, 18 ans, hurler à pleins poumons son amour pour le deal de coke (« I love selling bloooow !!! »), tout en agitant frénétiquement des fusils d’assaut.

Sorte de 6ix9ine avant l’heure, il arborait sur le visage toute une galerie de tatouages des plus déconcertants, dont un AK-47 sur la joue (son « flingue préféré »), un« Fuck a job » sur le crâne et des points de suture autour de la bouche (l’expression de sa haine des balances).

Et comme si ce n’était pas assez rayon dingueries, notre père de trois ans enfants (!) s’est en sus donné à fond pour faire parler de lui autant que possible dans la rubrique faits divers : storytelling visant faire croire qu’avant le rap il vivait la vie d’Escobar, lettrage « cocaïne » piqué au-dessus du sourcil, embrouille avec Tyga au sujet de Kylie Jenner (avec qui il prétendait avoir couché), single Molly Cyrus qui s’en prend à Miley Cyrus, usage intempestif du N-word, prise de cocaïne sur les réseaux et sur scène, post Instagram dans lequel il confie être malade du cancer, embrouille avec The Game…

Évidemment, la plaisanterie n’a pas duré plus longtemps que ça.

Pris à son propre jeu, Stitches s’est fait griller dans les grandes largeurs (ses DM échangés avec Kylie J. étaient des fakes, ses exploits de grand trafiquant relevaient du fantasme…), avant de se prendre un retour du réel dans les dents : non seulement le manager de The Game l’a mis KO sur le parking de boîte de nuit à Miami, mais deux jours plus tard il s’est fait soulever par ses propres potes.

Résultats, quand quelques semaines plus tard est arrivé son premier album For Drug Dealers Only (soupir), rares sont ceux qui ont tendu l’oreille – ce qui à en croire la critique n’était pas plus mal.

Pas découragé pour autant, Sticthes persiste sur sa lancée (Tales of a Drug Lord en 2016, Cocaine Holiday en 2017…), avant qu’arrive ce qui devait arriver : en 2018 il part en désintox’.

De là, sa musique prend un virage plus « mature » avec des morceaux comme I Cry en 2018 ou I’m So Lost en 2019, tandis qu’en interview il mentionne Dieu à la moindre occasion.

Toujours à la tête d’une communauté de fans conséquente (1,5 million d’abonnés sur Instagram), toujours plus tatoué au visage, il s’apprêterait à sortir son huitième solo prochainement.

Waka Flocka Flame

Dans les livres d’histoire pour son Flockaveli qui en 2010 avait quand même pas mal prédit la suite (synthés agressifs/percussions toutes aussi agressives/ad-libs hurlés), le poto de Gucci Mane a continué de faire des siennes quelque temps (Ferrari Boyz en 2011, Triple F Life en 2012) avant de se détourner petit à petit du game.

La raison ? Quand certains rappaient pour la gloire, lui rappait tout simplement pour l’oseille.

Ce qui n’est pas sans conséquence comme il l’expliquait en 2018 au moment de l’annonce officielle de sa retraite : « Quand vers 2012, 2013, je me suis fait dans les 30 millions, j’ai commencé à me demander de quoi j’allais bien pouvoir parler. Pour moi le rap c’était un moyen de devenir riche, rien d’autre (…) Le mec que j’étais dans la rue avait changé. Ma vie avait changé. Les gens voulaient que je sois le même qu’avant, mais pourquoi ? J’ai 32 ans, je suis un vieux bonhomme. Je veux juste être un bon mari, surtout que je vais bientôt être père. »

Ça, et puis aussi le fait qu’il a admis qu’il était « rincé au micro ».

« J’étais un mauvais rappeur, d’autant plus si je me compare à mes rappeurs préférés comme étaient KRS-One, DMX, Nas, Goodie Mob… Certes, je compensais ma faiblesse en étant vrai, mais mets-moi en cabine avec Kendrick Lamar, et tu vas rire ! »

Toujours est qu’il continue d’enquiller mixtapes sur mixtapes (une trentaine en dix ans, dont la toute dernière Salute Me or Shoot Me 7 enregistrée lors du confinement), et qu’il se murmure qu’un Flockaveli 2 devrait voir le jour sous peu.

Slim Jesus

Être de Cleveland et oser faire de la drill ? Et qui plus est en étant blanc ?? En 2015, Slim Jesus, alias Robert Church (ça ne s’invente pas), l’a fait.

Qu’importe ses faux-airs de Dewey dans Malcom, qu’importe que du haut de ses 18 ans il en paraissait 13, son morceau Drill Time jouait sans complexe la carte du premier degré à coups de rimes que n’auraient pas renié Chief Keef (« I got a big 40 with a thirty-clip », « You can find me posted up on Frank block with my fuckin’ gang »…), le tout accompagné d’un clip rempli d’armes à feu.

Plusieurs dizaines de millions de vues plus tard, entre moqueries dans les commentaires et soutiens inattendus (Amber Rose l’a validé sur Twitter, Birdman l’a approché pour voir s’il y avait moyen de gratter un billet…), il concède que tout ceci relevait de la mise en scène.

Dans l’une des interviews les plus regardées ever de DJ Vlad, Slim Jesus déclare ainsi : « Si je rappais que j’écoutais de la country dans ma caisse, personne n’en aurait rien à foutre. Je fais cette musique parce que c’est cool. J’aime faire de la musique, j’aime faire de la musique cool. Je ne prétends pas tuer des gens… Ma musique c’est celle que j’aimerais écouter. Si les gens ne veulent pas me respecter pour ça, c’est okay. Ils peuvent toujours écouter autre chose. »

La tête sur les épaules, notre jeune paltoquet a beau se montrer ici plus « real » que 90% de ses homologues qui eux mentent comme ils respirent, cela n’empêche pas son quart d’heure de célébrité de prendre fin.

Plus phénomène de foire que nouveau Eminem, ses deux clips suivants n’intéressent personne. Pire, il ne refait ensuite l’actu que pour s’être fait piquer sa chaîne lors d’un concert par un rappeur concurrent du nom de Black Jesus (attention, séquence gênante).

Inactif sur les réseaux depuis 2015, 2021 marque sa tentative de retour aux affaires avec Splurgin’, un titre qui réitère sa formule passée. Pour le moment, le compteur de vues stagne autour des 230 000…

Fetty Wap

Un premier album numéro 1 des ventes certifié double platine, le banger Trap Queen certifié quadruple platine, cinq mixtapes, deux nominations aux Grammy Awards, un Billboard Music Award, un MTV Video Music Award… sur la saison 2015/2016, Fetty Wap pouvait légitimement prétendre au titre de rookie de l’année.

Mieux, début 2017, à quelques encablures de son second album King Zoo, il prétend s’être fait « 20 millions en bourse » grâce au trading en ligne.

Tout semblait donc aller pour le mieux pour celui qui faisait rimer « baby » avec « baby » dans tous ses couplets, à ceci près qu’en coulisses l’ambiance s’est rapidement dégradée, entre des démêlés judiciaires à répétition et une vie privée chaotique.

Plagiat, violation du contrat, diffamation, conduite en état d’ivresse, agression de trois employées d’hôtel, dégradation de propriété… les accusations et procès se sont enchaînés trois ans durant.

Père de six enfants nés de cinq femmes différentes, s’il apparaît dans divers épisodes de Love & Hip Hop avec diverses partenaires, en septembre 2019 il se range en passant la bague au doigt du mannequin Leandra K. Gonzalez. Un an plus tard, le divorce est prononcé, madame accusant publiquement monsieur d’adultère et de violences physiques.

Interrogé sur les réseaux sur ce qui a foiré depuis Trap Queen, Fetty Wap admet avoir été très mal entouré (« De mauvais managers, de l’envie, de l’égoïsme… »), non sans caresser l’idée d’un retour prochain, lui qui en 2020 sort coup sur coup trois mixatpes (« Je me suis débarrassé de toutes les conneries qui m’entouraient. Désormais, je peux me focaliser sur la musique, et je vais cartonner, regardez un peu. »).

Malheureusement, deux tragédies le frappent ensuite de plein fouet : le décès de son frère Twyshon lors d’une fusillade et la disparition de sa fille Lauren de 4 ans des suites d’une longue maladie.

Pas dit qu’il trouve la force de remettre ça.

Lil Xan

Énième rappeur Soundcloud tatoué au visage et défoncé aux drogues médicinales, le Californien Diego Leanos réussit à se distinguer du lot en 2017 avec son hit Betrayed qui décroche une certification platine.

Si par la suite son pseudo à la gloire des tranquillisants et sa relation avec l’actrice et chanteuse Noah Cyrus (la petite sœur de Miley) lui valent de piquer la curiosité de médias, quand sort son premier album Total Xanarchy, c’est la douche.

Tandis que le public le boude (28 000 ventes en première semaine), la critique l’étrille, qualifiant l’opus de « parodie de chansons misérables sur le fait de se droguer et de regretter ensuite de se droguer ».

Passé aussi vite que la mode, le P’tit Xanax refait l’actu quelques mois plus tard pour quand il est interné pour sa dépendance à l’hydrocodone, un analgésique prescrit pour calmer la douleur.

Une fois remis sur pied, il tente un virage à 180 degrés : il adopte un nouveau pseudo, Diego, annonce vouloir lutter contre le fléau de l’addiction chez les plus jeunes, et tease un second album dont le titre n’a cessé de changer (Be Safe, When September Ends, Sorry I Didn’t Quit….).

Après avoir tenté en 2019 de mettre fin à sa carrière de rappeur pour se concentrer sur sa ligne de vêtements, Lil Xan/Diego, aujourd’hui 25 ans, s’apprête à partir en tournée aux États-Unis.

Seules trois dates sont pour le moment prévues…

Rich Homie Quan

Membre de cette nouvelle génération de rappeurs originaires d’Atlanta promis à un avenir brillant (Future, Young Scooter, Trinidad James…), dans la première partie des années 10 l’ami Quan accomplit un sans-faute.

Il se fait entendre en featuring avec les locaux Gucci Mane et 2 Chainz, fait preuve d’une productivité exemplaire (8 mixtapes entre 2012 et 2015), et accroche même quelques tubes comme My Nigga et Type Of Way.

Sélectionné dans cuvée freshmen 2014 de XXL, il est débauché par Birdman pour faire la paire avec Young Thug sur Rich Gang: Tha Tour Pt. 1 (Gunna et Lil Baby avant l’heure, c’étaient eux).

Aux portes du mainnstream, cette belle dynamique prend néanmoins fin quand il s’embrouille avec son label Think It’s a Game chez qui il avait signé à sa libération de prison en 2012.

Mécontent du partage des royautés, Quan finit par leur réclamer deux millions de dollars en justice en novembre 2016. Si un accord est trouvé hors tribunal, il lui faut attendre quasiment deux ans et demi pour qu’il puisse sortir de nouveaux sons.

Et quand en mars 2018, son premier album Rich as in Spirit voit enfin le jour, son buzz est malheureusement déjà retombé.

22 Savage

En septembre 2016, MacArthur Johnson buzze sur la toile en cultivant du mieux qu’il peut sa ressemblance physique avec 21 Savage : il reprend son titre No Heart sorti quelques semaines plus tôt sur son album commun avec Metro Boomin’, reprend son flow et reprend son pseudo.

Sérieux dans ces affaires, en interview il s’affirme « bien meilleur que 21 » et assure vouloir poursuivre sa carrière sous ce nom.

Pas plus emballé que ça par cette rivalité, en concert le rappeur d’Atlanta balance au détour d’un freestyle qu’il n’y a « ni 22, ni 23 ».

Dans la veine de l’agitation autour du combat entre Chris Brown et Soulja Boy, 22 propose à 21 de régler ça sur un ring de boxe (« S’il gagne, je change mon nom »), ce à quoi ce dernier lui répond : « De la boxe ? Nous on ne lève pas la main sur les renois, on se balade calibrés mec. »

Peine perdue, en février 22 Savage fait savoir sur Twitter qu’il répond dorénavant au nom de Young 22.

Ce clash qui n’en est pas vraiment un prend ainsi fin.

Déterminé à capitaliser sur sa notoriété nouvelle dans le rap, Johnson refait les gros titres au mois de mai, mais pas pour sa musique : il est arrêté pour meurtre avec une arme à feu suite à une dispute qui a mal tourné sur le parking d’une épicerie. Libéré en échange d’une caution de 370 000 dollars (comme quoi le troll ça paye), il plaide la légitime défense et obtient gain de cause.

Il se reconvertit alors en comique sur Youtube sous le nom de FunnyMike. Il cumule à ce jour près de 7 millions d’abonnés.

Cousin Stizz

Combien de rappeurs débutants peuvent se vanter d’avoir eu leur tout premier single validé par Drake le jour de son anniversaire ?

Cousin Stizz a eu cette chance le 24 octobre 2014, lorsque le Champagne Papi, 28 ans, s’est filmé en train de s’enjailler avec Shoutout en fond sonore (« Shoutout to the money from the drugs… It’s just the drugs showin’ money love… »).

Fort de cette exposition qui de son propre aveu a « changé sa vie », il enchaîne quelques mois plus tard avec sa toute première mixtape Suffolk County. Succès d’estime, le projet lui vaut de remettre ça un an plus tard avec le très bon Monda, puis d’être courtisé par RCA chez qui il sort en 2017 son premier album One Night Only.

N’en déplaise à ceux qui voyaient en lui un espoir de la scène cainri, la sauce ne prend pas auprès du grand public qui passe à côté de son délire – un flow à deux à l’heure sur des instrumentales que l’on croirait tirées de bandes originales de films d’anticipation.

Alors oui, il y a eu un second essai deux ans plus tard, Trying to Find My Next Thrill, et, honneur suprême pour ce natif de Boston, il a prêté sa voix aux vidéos promotionnelles de l’équipe de basket des Celtics pour la saison 2018/2019, mais reste qu’on aurait quand même préféré qu’il perce en lieu et place de tous les Blueface, Lil Pump, Lil Yachty et consorts.

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Une pensée pour eux-aussi : Cali Swag District (les mecs qui en 2010 voulaient vous apprendre le « dougie »), Young Scooter (ça bouge pas, toujours le pire blaze du game), Trinidad James, YC (« Racks on racks on racks »), Ayo & Teo (les deux ados qui portaient le masque avant la pandémie), BlocBoy JB, Kreayshawn et sa copine V-Nasty, O.T. Genasis, Corey Gunz du crew YMCMB, le bien zinzin Gunplay et son compère Stalley de feu MMG, quasiment toutes les recrues d’Aftermath… et tous ceux dont on a oublié qu’on les avait oubliés.

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