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Ton rappeur préféré est un sale type ! [DOSSIER]

Ton rappeur préféré est un sale type ! [DOSSIER]

Ou quand les emcees perdent leur cool…

La gloire, le succès, la notoriété rendent-ils forcément zinzin ? Pas toujours mais quand même, serait-on tenté de répondre ici après examen des onze cas pratiques présentés ci-dessous.

Si bien entendu l’œuvre et la carrière de chacun des rappeurs mentionnés ne se résument pas uniquement à ces épisodes peu glorieux, il n’en reste pas moins parfois nécessaire de rappeler à celles et ceux qui les kiffent de le faire avec modération.

Après tout, malgré leurs habits de lumière, les idoles d’un jour sont elles aussi faillibles.

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50 Cent qui clashe à répétition son fils

Roi de la discorde, Fiddy a très souvent flirté avec les lignes jaunes en s’attaquant à ses ennemis.

Dans le désordre, il a ainsi nommé son chien Oprah après s’être brouillé avec la présentatrice télé américaine Oprah Winfrey, a traité publiquement ses fidèles comparses du G-Unit Tony Yayo et Lloyd Banks comme des larbins, s’est moqué des possibles lésions cérébrales qu’aurait subi Conor McGregor lors de son combat face à Floyd Mayweather, s’est acharné jusqu’à plus soif sur un Ja Rule déjà à terre, s’en est pris textuellement à Kelis lorsqu’elle sortait avec Nas, a rendu publique le sextape de la mère du fils de Rick Ross…

Reste que l’un des beefs les plus tenaces de sa carrière est celui qu’il entretient avec son propre fils Marquise. Bien que ce dernier fût la raison pour laquelle il a abandonné ses activités de dealer pour se consacrer à la musique, bien qu’il se soit tatoué son nom et sa date de naissance sur le biceps droit, bien que le rappeur ait déclaré « vouloir entretenir avec lui le genre de relation qu’il n’a pas eu avec son père », les choses ont fini par dégénérer salement.

En cause sa baby mama Shaniqua Tompkins avec qui la séparation a été des plus houleuses, elle qui l’a notamment accusé d’avoir fait incendier sa résidence de Long Island.

Pris au milieu de cet échange de tirs, Marquise a dû faire face aux sautes d’humeur d’un paternel n’hésitant pas à user de sa notoriété pour laver son linge sale, comme ce jour de novembre 2012 où il a publiquement menacé de le déshériter, ou encore toutes ces fois où il a utilisé son compte Instagram (et la bonne quinzaine de millions d’abonnés qui va avec) pour clamer ne plus avoir que « deux fils » – Davian et Sire, né de son union avec le mannequin Daphne Joy.

Le pompon a néanmoins été décroché quand 50 a posté cette année sur les réseaux sociaux le flyer d’une soirée célébrant la fin de son obligation légale de verser toute pension alimentaire.

Les 7 497 dollars économisés par mois valaient-ils cette énième provocation douteuse ?

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Puff Daddy qui se comporte en tyran

Dans la seconde partie des années 90, Bad Boy Records trône au sommet de la musique mondiale avec pas moins de 21 sorties de suite toutes certifiées d’or ou de platine. Travailler pour son mégalomane de boss Sean Combs n’est cependant pas de tout repos, tant ce dernier peut se montrer imbu de son pouvoir.

Alors que dans l’industrie du disque une règle non écrite veut qu’après Thanksgiving le rythme de travail redescende d’un cran jusqu’à la fin de l’année, le mogul n’en a cure. Pour garder ses troupes motivées, il décide même de suspendre la distribution des bonus de fin d’année.

Deux jours avant Noël, il convoque tout staff à 10 heures du matin pour finalement accorder à chacun son chèque. Après deux heures d’attente, il fait finalement venir tout le monde dans la salle de réunion. Accompagné de ses gardes du corps, Combs sort de l’ascenseur vêtu d’un manteau de fourrure, de bijoux proéminents et de lunettes de soleil.

Dans la pièce où la tension est à son comble, il fixe alors chacun de ses employés avant d’aller se boire un verre. Cinq minutes plus tard il revient, s’assoit et balance « Y’all are mad as fuck, ain’t you? »

« Vous me voyez assis-là avec ma fourrure et vous vous dites ‘Fuck Puff’. Et vous savez quoi ? Qu’un seul d’entre vous ose me le dire en face ! Je vous mets au défi de travailler plus dur que moi ! »

Et Gordon Gekko Diddy d’enchaîner tout en agressivité : « Je me pointe ici en journée et taffe bien plus que vous tous. Ensuite je sors en club, là encore pour taffer. Vous avez cru que j’y allais pour me taper des verres ? Je regarde qui danse sur quoi, quelle chanson marche, quel dj est hot. Alors je vous le demande encore une fois, qui taffe plus que moi ici ? »

Que tous ceux qui ont pensé très fort « pervers narcissique » lèvent la main.

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Dr. Dre qui lève la main sur des femmes

Antre du gangsta rap californien, l’écurie Death Row n’a jamais fait preuve d’une grande subtilité quant à son rapport aux femmes, ces dernières étant inlassablement traitées de « bitches & hoes » à longueur de textes.

Fiction et réalité finissant par se rejoindre, bon nombre d’artistes maison se sont vus un jour ou l’autre accusés de violences conjugales, de Nate Dogg à Suge Knight (qui a coupé la queue de cheval de sa girlfriend de l’époque devant la maison de sa mère) en passant par Dr. Dre donc.

En janvier 1991, le docteur croise en soirée Dee Barnes, la présentatrice de l’émission télé Pump It Up!. Mécontent du traitement fait du clash entre les N.W.A. et Ice Cube, Dre l’attrape par les cheveux et lui cogne la tête contre un mur.

Si à l’époque il tente de minimiser les faits, il ne s’agissait cependant pas d’une exception. Deux ans plus tôt, alors fiancé à la chanteuse r&b Michel’le avec qui il a eu un enfant, il produit son premier album éponyme. Bien que le disque dépasse allégrement la barre du million d’exemplaires vendus, le duo ne remettra plus les pieds ensemble en studio, et pour cause : il arrivait à Dre de la battre si fort qu’elle devait masquer ses cocards avec du maquillage avant de tourner ses clips.

Toute l’affaire ressurgira vingt-cinq ans plus tard au moment de la sortie du biopic Straight Outta Compton (qui à aucun moment ne fait mention de cet épisode), obligeant l’auteur de Bitches Ain’t Shit à prendre ses distances avec la promotion du film et à se fendre d’un communiqué officiel d’excuse dans le New York Times.

« J’étais jeune, je buvais beaucoup et j’étais en manque de structures. Cela n’excuse cependant pas ce que j’ai fait. Je suis marié depuis 19 ans et chaque jour je m’efforce d’être un homme meilleur pour ma famille. Je fais tout ce qui m’est possible pour ne plus être l’homme que j’ai été. Je m’excuse auprès des femmes que j’ai blessées. Je regrette profondément ce que j’ai fait et je suis conscient que cela a changé nos vies à jamais. »

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DMX qui est condamné pour cruauté animale

Au même titre que les débardeurs blancs et les grosses cylindrées, les chiens font partie intégrale de l’imagerie qui entoure le Sombre Monsieur X, ce dernier arborant même sur son dos un tatouage grandeur nature de la gueule de l’un de ses pitbulls décédés.

Reste qu’entre aimer les chiens et s’en occuper il existe une grande différence. En 1999, la police a ainsi découvert lors d’une perquisition à son domicile une douzaine de bêtes affamées vivant dans des conditions insalubres.

Si le rappeur argue du fait qu’il avait payé quelqu’un pour s’en occuper durant son absence, il plaide tout de même coupable afin d’éviter de prendre du ferme. Dans le cadre du deal passé il s’acquitte alors d’une amende et tourne à ses frais un spot radio pour dénoncer ce type de maltraitance.

Le Ruff Ryders ne retient cependant aucunement la leçon puisqu’en 2008 l’histoire se répète à l’identique avec une nouvelle perquisition et un même constat : ses chiens vivent dans des cages sous une chaleur dépassant les 40 degrés sans eau et sans nourriture régulière.

Cette incartade l’envoie cette fois-ci en prison pour 90 jours en janvier 2009, les charges constatées se cumulant ici avec celles pour possession de drogue et vol.

[Notez cependant que l’information dévoilée en 2014 faisant état de l’organisation de combats de chiens était complétement fake.]

Jay Z qui joue au profiteur de crise

En septembre 2011 apparaît dans le quartier de la bourse à New York un mouvement de contestation pacifique qui dénonce les abus du capitalisme financier et la domination du 1%, Occupy Wall Street.

Très vite le phénomène s’étend, et le mois suivant ce sont plus de 70 manifestations similaires qui se tiennent dans les plus grandes villes états-uniennes.

Inspiré par ce parfum de révolte, Rocawear (la marque de vêtements de Jay Jay) sort alors un t-shirt dont le logo reprend le slogan de ralliement, un W barré et un S en plus. « Occupy Wall Street » devient ainsi « Occupy All Streets ».

La marque se fend même d’un communiqué pour expliquer sa démarche : « Le t-shirt ‘Occupy All Streets’ a été créé pour supporter le mouvement Occupy Wall Street. Rocawear encourage fermement toute forme d’expression constructive, qu’elle soit artistique, politique ou sociale. ‘Occupy All Streets’ est notre façon de dire aux gens que des changements doivent être faits partout, pas seulement à Wall Street. »

Problème : la décision de Rocawear de conserver l’intégralité du prix de vente du t-shirt n’est pas franchement du goût des manifestants qui voient là un cynisme absolu.

Devant l’ampleur que prend la polémique, forcé d’intervenir Jay Z déclare « ne pas vraiment comprendre le mouvement » et « qu’il n’a pas l’intention d’aller au parc et pique-niquer », le tout avant de conclure d’un plus royaliste que le roi : « c’est la libre entreprise, c’est ce sur quoi l’Amérique est bâtie ».

Pire, après qu’il ait été annoncé que le t-shirt serait retiré de la vente, il réapparait sur le site quelques jours plus tard…

Bon en même temps au cours de ses quinze ans précédents de carrière, à l’exception d’un t-shirt Che Guevara, Shawn Carter n’a jamais été le genre de rappeur connu pour autre chose que son engagement à se faire encore et toujours plus de dollars.

Ici, celui qui n’appartient plus depuis longtemps au club des 99% aura même trouvé un moyen d’utiliser l’anticapitalisme à des fins capitalistes. Dans le genre, une performance.

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Eminem qui insulte sa femme en public

En 2000, Em’ se joint à la bande à Dr. Dre, Snoop Dogg, Ice Cube & Co. pour la tournée blockbuster west coast Up In Smoke.

Lors du premier concert au mois de juin, la star l’a passablement mauvaise envers sa girlfriend de toujours Kim : une semaine auparavant il a en effet tabassé (prétendument à coup de crosse de revolver) un videur de boîte de nuit qu’elle aurait embrassé.

Fidèle à son habitude d’étaler à qui veut l’entendre sa vie privée, sur scène le Slim Shady fait alors le point sur la situation : « Je sais que vous avez lu ou vu ou entendu que ma femme et moi rencontrons des problèmes. En réalité tout va bien. D’ailleurs elle est ce soir avec nous. Kim où es-tu ? Quelqu’un peut-il ramener Kim ? »

Et le rappeur d’exhiber ensuite poupée en plastique à son effigie qu’il jette ensuite dans la foule avant d’entamer son hit The Real Slim Shady.

Régulièrement prise à partie dans la musique de son ex (lire : insultée, diffamée, trucidée), Kim va cette fois-ci très mal prendre la chose et tente de se suicider quelques jours plus tard en s’ouvrant les veines, non sans avoir écrit auparavant une lettre où elle récuse toute infidélité de sa part.

Young Thug qui s’en prend au petit personnel

Arrivé quarante-cinq minutes en retard à l’aéroport, le Jeune Bandit découvre stupéfait que non seulement l’avion ne l’a pas attendu, mais que comme seule solution de remplacement lui est proposé un siège sur un vol partenaire.

Ni une, ni deux, il dégaine alors son smartphone et se fait filmer en train de copieusement insulter deux hôtesses de l’air qu’il accuse de l’avoir fait manquer son concert prochain à Atlanta.

Thugger les traite alors de « fourmis », de « paysannes », avant de se moquer de « leurs cheveux crépus qui les font ressembler à deux immigrées africaines qui viennent se faire expulser ». Et comme si ce n’était pas assez, il leur exhibe ensuite 15 000 dollars en cash sous le nez, enjoignant ces « bum ass hoes » à quitter leur travail.

Des insultes qui dépassent les bornes des limites, mais qui finalement ne sont que le reflet de ses textes où l’argent est sa seule boussole et où la valeur des individus se juge exclusivement à l’aune de ce critère.

Young Thug va néanmoins revenir sur l’incident quelques jours plus tard avec un tweet de justification où il écrit « ne pas s’être adressé à toutes les femmes noires… mais seulement à ces deux noires cramées LOL ».

Une défense maladroite qui ne va pas convaincre grand monde… à commencer par sa mère (une femme noire donc) qui va selon ses dires le renvoyer à l’aéroport pour s’excuser des plus platement.

Cam’ron qui refuserait de dénoncer un serial killer

Souvenez-vous, au début des années 2000 apparaît au sein de la communauté hip hop le mouvement Stop Snitching qui condamne le plus fermement toute possible collaboration avec les forces de police – cf. le célèbre t-shirt frappé dudit slogan ou encore les morceaux de Lil Wayne, The Game ou Ice Cube.

Rescapé en 2005 d’une tentative de carjacking dans laquelle il a pris une balle dans le bras, Cam’ron est invité dans l’émission de télé 60 Minutes pour évoquer le fait qu’il avait à l’époque choisi de ne pas porter plainte.

Il explique alors au présentateur Anderson Cooper béat que si tel avait été le cas cela aurait entaché et sa street cred’ et son image auprès de son public.

« C’est une question de business, mais c’est une question de code et d’éthique. D’où je viens, dès que l’on sait que vous avez collaboré avec la police, cela aggrave encore plus vos chances de devenir la cible de violence criminelle (…) Je ne dis pas que c’est juste, je dis juste que c’est comme ça. »

Et Cam’ de poursuivre sur sa lancée lorsque lui est demandé s’il avait pour voisin de palier un tueur en série il le dénoncerait : « Je n’alerterais pas la police et garderais ça pour moi, mais je déménagerais surement. Ce n’est pas ma responsabilité. »

Le scandale est immédiat dans les chaumières à tel point que le Dipset publie un communiqué d’excuse quelques jours plus tard dans lequel il ne revient cependant pas sur la teneur de ses propos mais sur la façon dont il s’est exprimé.

Avec le recul, la posture de Cam’ron a cependant de quoi surprendre puisqu’il a été révélé par la suite qu’en 1999 il n’avait eu aucune difficulté à collaborer avec le NYPD après avoir été passé à tabac par une quinzaine d’assaillants lors d’un match de basket.

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Rick Ross qui fait l’apologie du viol

Ou quand en 2013 sur le morceau U.O.E.N.O. de Rocko, Rozay balance tout tranquillement « glisser un cacheton de molly dans la flûte à champagne d’une meuf », puis « la ramener à son domicile et profiter d’elle sans qu’elle le sache ».

[« Put molly all in her champagne, she ain’t even know it/ I took her home and I enjoyed that, she ain’t even know it »]

Un mois plus tard un groupe de féministes, les UltraViolet, lui demande publiquement des comptes. De deux choses l’une : soit c’est du vécu et le rappeur admet avoir drogué et violé une femme, soit c’est de la fiction et le rappeur glorifie purement et simplement le viol.

Habitué des démentis foireux, Rénzél va réagir en trois temps. Premièrement, il fait semblant de n’avoir pas saisi ce qui lui est reproché en déclarant à l’antenne de la radio Q93.3 qu’il n’a pas été compris et qu’à aucun moment le mot viol n’avait été prononcé, que ni le rap, ni la rue ne promeuvent le viol, et que « toutes les reines et toutes les sexy ladies » qui le suivent sur ses réseaux sociaux n’ont pas à prendre ça pour elles. (Soupir)

Deuxièmement, voyant le scandale se faire de plus en plus gros il tweete qu’il s’excuse auprès de ceux qu’il l’aurait mal compris, ainsi qu’auprès de ses « business partners », le tout accompagné du pour le coup très dispensable hashtag #BOSS.

Troisième salve, alors qu’il s’est fait virer la veille de chez Reebok et que Rocko a enfin supprimé le couplet mal interprété litigieux, Ross publie un communiqué officiel sur Billboard où il s’excuse de son choix de mots auprès du monde entier, à commencer par les femmes qui se sont senties offensées, mais aussi auprès de ses fans masculins à qui il fait savoir que droguer une femme pour abuser d’elle « ce n’est pas bien ».

Heureusement pour Ross, ses détracteurs ne se sont pas penchés plus en profondeur sur ses textes, ils auraient alors découvert son featuring avec Gunplay où il rappe déjà son goût pour les relations sexuelles non consenties – cf. la ligne « gettin’ niggas wives tied up and raped ».

Plus dérangeant encore, il n’est pas rare que les têtes d’affiche du hip hop américain fassent l’éloge de la culture du viol, d’Eminem sur Stay Wide Awake qui agresse sexuellement une femme à coup de parapluie dans le vagin ou Lil Wayne qui veut « kidnapper des mères pour les violer sans plastique » sur 4 Minutes

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Kanye West qui humilie Taylor Swift

« Imma let you finish, but Beyoncé had one of the best videos of all time! »

Cérémonie MTV Video Music Awards, 13 septembre 2009. Tandis que Taylor Swift reçoit sur la scène du Radio City Music Hall le Grammy du clip de l’année pour You Belong With Me, Kanye surgit de nulle part pour s’insurger du fait que Single Ladies n’ait pas raflé la mise.

Le rappeur qui plus tôt dans la soirée s’était fait remarquer sur le tapis rouge au bras d’Amber Rose une bouteille d’Hennessy à la main repart sous les huées du public.

Près de 10 ans après les faits la séquence reste toujours aussi pénible à regarder, tant pour l’air interdit de Swift que pour celui crispé de Yoncé.

Aux États-Unis la polémique est telle que même Barack Obama finit par s’en mêler jugeant le comportement du futur Yeezus « inapproprié », le qualifiant au passage de « jackass ».

Après moult atermoiements (West refuse de s’excuser, puis s’excuse, avant de revenir sur ses excuses), Taylor et Kanye finissent par enterrer la hache de guerre lors de la cérémonie des Grammy Awards de 2015. La chanteuse va même jusqu’à lui décerner un MTV Video Music Award, ponctuant son discours d’un très ironique « Imma let you finish, but Kanye has had one of the greatest careers of all time! »

Fin de l’histoire ? Pas vraiment.

D’une part parce que ce même soir, Ye va remettre le couvert en allant interrompre Beck sur scène alors qu’il reçoit le prix de l’album de l’année. Ce que beaucoup ont pris à l’époque pour du second degré n’en était pas : quelques heures plus tard Kanye West explique le plus sérieusement du monde que « Beck doit respecter l’art et rendre le trophée à Beyoncé » – et ce quand bien il avoue ne pas avoir écouté sa musique.

De l’autre parce qu’en 2016, Pablo/Kanye sort le morceau Famous qui revient sur le VMAgate de 2009 avec les lyrics « I feel like me and Taylor might still have sex/ Why? I made that bitch famous/ I made that bitch famous ». De surcroît le clip met en scène une Taylor Swift faite de cire complément nue.

Choquée la pop star est en sus accusée par Kim Kardashian de jouer la comédie, son mari lui ayant fait valider les paroles.

L’enregistrement d’une conversation téléphonique est alors diffusé pour apporter de l’eau à son moulin… sauf que comme le souligne à juste titre Swift, à aucun moment ne lui est précisé qu’elle sera traitée à la face du monde de « bitch ».

Désormais la chanteuse enchaîne sur disque comme sur scène les piques à l’encontre du rappeur, qui sur ce coup ne l’a pas volé.

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Lil Wayne qui se montre imbuvable en interviews

En 2009 sort The Carter le documentaire d’Adam Bhala Lough qui suit l’ami Weezy au moment de l’arrivée tant attendu dans les bacs de son album Tha Carter III.

Filmé lors d’une après-midi presse, le rappeur se voit demander par un journaliste tentant maladroitement de le flatter s’il voit « une forme de jazz dans sa poésie ».

Il n’en faut pas plus pour vexer la star qui visiblement n’aime pas trop se creuser le ciboulot et qui lui rétorque que cette interview est conduite avec un rappeur et pas un poète. Il fait ensuite demander de la main que ce type « qu’il n’aime pas » (et qu’à aucun moment il ne regarde dans les yeux) quitte la pièce.

À sa décharge, The Carter dépeint un Wayne complétement isolé du monde dont le quotidien complétement artificiel se résume à rapper, ba*ser des meufs, fumer de la weed et boire du sizzurp.

Voilà très certainement pourquoi en 2016 quand lui est demandé dans l’émission Nightline de la chaîne ABC son sentiment sur Black Lives Matter (le mouvement initié en 2012 sur les réseaux sociaux à la suite de la mort tragique de Trayvon Martin), il déclare « ne pas se sentir connecté le moins du monde à ce qui ne le concerne pas directement ».

Là encore excédé par le fait que la journaliste lui demande de préciser sa pensée, il met abruptement fin à l’entretien en dégainant de sa poche son bandana du gang des Bloods : « Le seul truc qui me concerne, c’est ce foutu drapeau rouge. Je suis un gangster, moi, pas un put*in de politicien ».

Si pour un « gangster » il est tout de même étonnant qu’il se mette dans tous ses états pour si peu, ce comportement révèle la conception que bon nombre d’artistes se font de la presse, cette dernière se devant d’être réduite à un vulgaire robinet à promotion (zéro impertinence/zéro question qui dérange/zéro réflexion).

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