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Ces 7 albums de rap US dont on ne vous a pas assez parlé en 2021 !

Ces 7 albums de rap US dont on ne vous a pas assez parlé en 2021 !

Non, il n’y pas que le rap mainstream dans la vie.

À trop se laisser porter par les algorithmes et les curations de médias plus concentrés sur la quantité que la qualité, le danger est grand de passer à côté de pépites qui n’ont pour seul défaut d’être conçues dans l’ombre.

Sympa, nous avons concocté une petite sélection de derrière les fagots qui devrait permettre aux plus curieux de terminer 2021 en beauté.

« A Gangsta Pain » de Moneybagg Yo

Sorti le 23 avril sur Roc Nation/CMG/Bread Gang/N-Less/Interscope.

Enfin ! Trois albums et des camions de mixtapes auront donc été nécessaires pour que l’homme du « Memphganistan » (Memphis quoi) perce – 110 000 ventes en première semaine et une place de numéro 1 au Billboard.

Héritier d’un gangsta rap qui rappelle celui d’un Yo Gotti (son mentor) ou d’un YG, il fait part d’une énergie résolument communicative, qu’il s’agisse de célébrer sans retenue son succès ou d’étaler à tout bout de champ ses biens matériels.

Rien de bien original, si ce n’est que ‘Bagg a la présence d’esprit de saupoudrer ses paroles de réflexions plus personnelles (sur le pouvoir, sur l’addiction, sur la violence…) pour éviter la redite et faire de A Gangsta Pain un disque que l’on prend plaisir à rejouer pour recharger les batteries.

« Pray For Haiti » de Mach-Hommy

Sorti le 21 mai sur Griselda Records.

Sorte de figure mystique, et pas seulement parce qu’il appartient au club des rappeurs masqués, le MF DOOM/Mos Def du New Jersey a de nouveau ravi sa communauté de fans cinq ans après l’acclamé Haitian Body Odor.

Rabiboché avec Westside Gunn, le boss du label Griselda Records, il fait ici ce qu’il sait faire de mieux : délivrer des rimes aussi agiles que malignes sur des productions empreintes de sonorités jazz et soul (merci Cee Gee et Denny Laflare)

Pas du genre à chercher à tout prix le single ou à surfer sur la tendance, Hommy s’est ainsi attaché à livrer un album cohérent de bout en bout.

Les plus grincheux regretteront une forme de ronron, les autres feront l’effort de le réécouter en appréciant toutes ses subtilités.

« Disco! » de MIKE

Sorti le 21 juin sur 10k.

Michael Jordan Bonema, alias l’homme qui annonce l’été (la majorité de ses projets sortent le 21 juin sans que l’on sache vraiment pourquoi), alias le vagabond de la scène underground new-yorkaise, alias l’ambassadeur du rap lo-fi.

Et si comme beaucoup vous n’avez jamais entendu parler de lui, Disco! est clairement l’album qu’il vous faut.

De un, parce qu’il s’agit très certainement de son meilleur. De deux, parce que les 17 pistes proposées multiplient à loisir les ambiances et les textures sans que paradoxalement la cohérence globale n’en pâtisse.

Tour à tour enjoué, mélancolique, entraînant, solennel ou anxieux, MIKE fait étalage d’un tel éclectisme au micro et derrière les consoles qu’il est faut être sacrément de mauvaise foi pour ne pas y trouver son compte.

Ce doit être ça que l’on appelle le talent.

« Bo Jackson » de Boldy James & The Alchemist

Sorti le 13 août sur ALC.

Suite à The Price of Tea in China qui en février 2020 avait mis tout le monde d’accord, le rimeur de Detroit et le producteur new-yorkais ont réussi à monter le niveau encore d’un cran.

L’exploit n’est pas mince, d’autant qu’entretemps Boldy a enregistré à la chaîne (pas moins de cinq projets, dont The Versace Tape sur Griselda), mais force est de constater que plus nos deux lascars passent du temps ensemble en studio, plus leur complémentarité se fait sentir.

Producteur pour Prodigy, Conway The Machine, Freddie Gibbs et tant d’autres, Alchemist personnalise en effet ici ses traditionnels collages de samples et boucles de piano au flow toujours proche de l’excès de lenteur de l’ami James.

En ressort une impression de cool mélangée à une pointe d’élégance.

« The Melodic Blue » de Baby Keem

Sorti le 10 septembre sur pgLang/Columbia.

Dans les petits papiers du rap californien depuis quelque temps déjà, le cousin de Kendrick Lamar a confirmé les espoirs placés en lui.

Au-dessus de tout soupçon de népotisme, il impressionne tout autant par la facilité avec laquelle il passe d’un flow à l’autre (flow triplet, flow autotuné, flow chantonné…) que par sa science du refrain à mi-chemin entre celle d’un Drake et d’un Young Thug.

Incroyablement facile d’accès, TMB n’est cependant pas dénuée de fond grâce à des textes mine de rien assez profonds.

Dommage que quelques longueurs et facilités se faisant entendre çà et là, ce coup d’essai manque au final de peu de passer pour un coup de maître.

Rendez-vous au prochain album pour plier le classique ?

« Life of a DON » de Don Toliver

Sorti le 8 octobre sur Cactus Jack Records/Atlantic.

Une petite année à peine après Heaven Or Hell qui avait agréablement surpris son monde, le protégé de Travis Scott remet le couvert avec une formule qui ne bouge pas d’un cil – de gentilles mélodies chantonnées dans une ambiance de fin de soirée douce-amère.

Conscient de n’être ni un chanteur ni un parolier d’exception, il fait de ses faiblesses une force en proposant une musique qui n’a d’autres prétentions que d’être écoutée en fond sonore.

Certes, cela ne vaut pas le Kid Cudi de Man on the Moon ou le Drake de Take Care (clairement deux de ses influences majeures), mais pris comme cela Life of a DON glisse tout seul.

« Weight of the World » de Maxo Kream

Sorti le 17 octobre sur RCA.

Dans le game depuis une dizaine d’années, Emekwanem Ogugua Biosah Jr. était à ses débuts assimilé aux rappeurs Soundcloud. Ce malentendu aujourd’hui largement oublié, il est désormais considéré comme l’un des plus dignes représentant de la scène houstonienne.

Fort de son deal à 1,5 millions de dollar passé avec RCA en 2019, le ‘Trap Barack Obama’ comme il aime se surnommer livre ici 44 minutes de rap à la hauteur des ambitions, instrus aux petits oignons et featurings quatre étoiles inclus (A$AP Rocky, Freddie Gibbs, Tyler, the Creator…).

Résultat, entre bangers sur commande et introspection sans fard (l’absence de son père, sa mère qui enfant lui volait à l’étalage du FUBU…), l’exercice tourne à la petite démonstration.

Du lourd.

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