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Toutes ces modes et tendances que Lil Wayne a volées [DOSSIER]

Toutes ces modes et tendances que Lil Wayne a volées [DOSSIER]

Et oui, l’un des rappeurs les plus influents de l’histoire du rap a lui aussi été beaucoup « influencé »…

De retour en forme avec son Carter V sorti en septembre de l’année dernière, à bientôt 36 ans Lil Wayne peut se vanter de squatter les hauteurs du game depuis plus d’un quart de siècle déjà.

Bien décidé à poursuivre sur sa lancée, actuellement en pleine préparation d’un nouvel album intitulé The Funeral, il a ainsi récemment déclaré que son plus gros défi à venir est de « sortir une musique qui sonne comme sonne la musique d’aujourd’hui ».

Pas tombé de la dernière pluie, il est en effet de ceux qui ont compris dès le départ qu’il n’existe pas de pire danger pour un rappeur que d’être ringardisé en étant sempiternellement renvoyé à une époque lointaine et à d’obscurs exploits passés.

Si pour rester dans le coup tout au long de sa carrière Wayne a évidemment pu compter sur son immense talent, il ne s’en est pas moins également appuyé sur son flair sans pareil pour s’approprier des modes et des tendances initiés par d’autres.

Florilège.

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Les grillz

Premier nom qui vient à l’esprit quand on évoque ses chicots en métaux, si Weezy arbore une dentition 24 carats depuis l’adolescence, il n’a fait ici que suivre ses aînés.

Déjà parce que d’une part au sein du crew Cash Money tous ses aînés en ont toujours portés (Birdman, Juvenile, BG…), et de l’autre parce qu’avant même que le rap s’établisse dans le sud des États-Unis, dès les années 80 les newyorkais Slick Rick, Afrika Bambaataa ou Big Daddy Kane en avaient fait un signe d’ostentation.

Et si l’on remonte encore un peu plus dans le temps, Mayas, Étrusques et Vikings frimaient la bouche ouverte bien avant tout le monde.

S’être fait surnommer le « best rapper alive »

Au sommet de sa forme, ce qui dans son cas n’était pas rien, Wayne pouvait sans conteste prétendre au titre de « meilleur rappeur vivant »… ce dont il ne se privait pas, lui qui sur son album Carter II de 2005 avait sorti un morceau du même nom.

Reste que ni l’expression n’est de lui, ni elle n’a été inventée par lui : deux ans auparavant Jay Z balançait en effet sur son banger Dirt Off Your Shoulders « As the best rapper alive nigga ask about me » – une façon de mettre les pendules à l’heure sans toutefois empiéter sur les héritages des intouchables 2Pac et Notorious BIG.

Avoir sorti mixtapes sur mixtapes

Dans une industrie du disque où l’avènement du digital a complètement rebattu les cartes en matière de distribution, Lil Wayne est celui qui pour asseoir ses ambitions va de 2005 à 2008 se mettre à rapper absolument tout ce qui lui passe par la tête, et ce, sur absolument tous les beats qui lui passent sous le nez.

Loin d’être inédite, cette stratégie visant à occuper le marché en permanence pour faire monter le buzz est celle qui a été utilisée avant lui au tout début du siècle par 50 Cent (Guess Who’s Back?, 50 Cent Is the Future, No Mercy, No Fear, God’s Plan…) et par les Diplomats (la série des Diplomats Volume).

Drake

Pour peu que l’on regarde de près comment le Canadien a débarqué au sein de la maison YMCMB, on s’aperçoit très vite que les maîtres des lieux Ronald et Slim Williams n’y sont pas pour grand-chose – quand bien même, ce sont eux qui se font un max’ de billets sur son dos depuis 10 ans.

Cela ne veut pas nécessairement dire que tout le mérite en revient à Wayne : en réalité, Drake a été repéré par un certain Jas Prince (fils de J.Prince, le fondateur du label culte Rap-A-Lot) un jour où ce dernier naviguait sur MySpace.

Pire, la première fois que Prince a fait écouter ses sons à Weezy, ce dernier lui a rétorqué qu’il ne voulait « plus jamais entendre parler de ce type qui craint ».

Le sizzurp

Un peu comme ce qu’a été l’héroïne avec le rock, le sizzurp a pas mal chamboulé les mentalités dans le rap que ce soit en coulisse ou sur disque (ralentissement des cadences et des flows, rimes à gogo sur le sujet…).

Un temps indissociable de son grand gobelet blanc en Styrofoam, Lil Wayne n’est pas pour autant le premier sudiste à se tuer la santé à la potion violette : avant lui on peut se souvenir du festif Sippin’ On Some Syrup’ de la Three6 Mafia featuring UGK en 2000 ou du Sippin’ Codeine de DJ Screw featuring Big Moe en 1998.

REP Pimp C.

BAPE

En plein relooking dans la seconde partie des années 2000, Tunechi délaisse pour de bon l’ensemble débardeur blanc/baggy brut pour adopter sans retenue les hoodies de la marque japonaise.

Considéré par le grand public comme un ambassadeur officieux, il n’est pourtant pas celui qui a introduit BAPE sur le sol US (l’honneur en revient à Pharrell en 2003), ni même celui qui a popularisé son célèbre motif camo (Pusha T des Clipse avec qui il était en froid à l’époque ira sur ce point jusqu’à l’accuser publiquement de plagiat).

Les photos d’enfant en cover

Élevé par son jazzman de père, quand Nas sort en 1994 son chef d’œuvre Illmatic il choisit de reprendre à peu de chose près le visuel de l’album A Child Is Born du groupe Howard Hanger Trio qui pour l’occasion s’était mis en scène en culottes courtes. Notorious BIG fera ensuite de même quelques mois plus tard pour son Ready To Die.

Depuis, de Vince Staples (Hell Can Wait) en passant par Drake (Nothing Was The Same) ou encore Kendrick Lamar (good kid, m.A.A.d. City), on ne compte plus les rappeurs qui ont perpétué le concept, dont Lil Wayne sur ses Carter III, IV et V.

Bon point, il est cependant le seul à s’être rajouté des face tattoos après coup.

Le skate

Sincèrement passionné par la planche à roulettes (au point de s’être fait construire sa propre rampe dans sa demeure et d’avoir accompli des progrès significatifs au fil des années), Tunechi ne peut toutefois pas être ici considéré comme un précurseur.

Becoz’ Lupe Fiasco en 2006 avec son clip Kick Push, mais aussi et surtout becoz’ Pharell Williams (bis) en 2003 avec le clip de Frontin’ qui en a surpris plus d’uns à une période où la seule interaction des jeunes du ghetto avec le skate était au mieux quelques parties sur le jeu vidéo Tony Hawk.

L’auto-tune

Si en 2019 tout le monde aime l’auto-tune, souvenons qu’il y a dix ans, c’était tout à fait le contraire.

Alors en studio avec Kanye West, lorsque Lil Wayne l’entend dire qu’il compte enregistrer de A à Z un album avec ce Photoshop pour la voix, il tente par tous les moyens de le convaincre du contraire.

Enfin, ça, c’était avant qu’il lui fasse écouter les premières bribes de ce qui sera 808s & Heartbreak : soufflé par le résultat, Weezy F. retourne illico sa veste et s’en va poser chacun des couplets de Dedication 3 à l’aide du logiciel.

Ça, et puis Carter III, et puis No Ceilings, et puis Sorry For The Wait, etc.

Jouer au rockeur

Nul ne sait ici si le rappeur a voulu imiter d’un peu trop près Juicy P et DJ Paul de la Three 6 Mafia (encore eux) qui avaient remis à la mode les t-shirts de heavy metal à la Metallica et Pantera, ou s’il a voulu faire tout comme Jay Z qui en 2004 avait sorti un EP collaboratif avec Linkin Park – et qui déjà n’était pas très folichon.

Toujours est-il que sur ce coup tout le monde se serait bien passé de son Rebirth de 2012.

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