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Quel est le meilleur film de Quentin Tarantino ?

Quel est le meilleur film de Quentin Tarantino ?

Réponse à la fin de ce classement sujet à un débat sans fin, mais pas sans fond…

En 2016, faire de Quentin Tarantino son réalisateur préféré est aussi original que d’aimer Drake, The Wire et les Air Jordan VI. Cinéaste cinéphile et cinéphage, le plus célèbre ancien employé de vidéo-club a su marquer comme personne son époque avec un style immédiatement reconnaissable.

Si sa passion encyclopédique du septième art est parfois un peu trop vite confondue avec du génie, il n’en demeure pas moins, comme un Dr Dre ou un Kanye West dans leur genre respectif, un curateur hors pair animé par une authentique vision créatrice.

Alors que vient de sortir dans les salles obscures son huitième opus qui selon ses dires sera bien son antépénultième avant de raccrocher les gants, retour sur une carrière déjà longue d’un quart de siècle avec ce top de ses films classés du pire au meilleur.

Note : les titres sont en VO car rien ne justifiera jamais de voir un de ses films doublés en français, ne serait-ce que pour la voix de Samuel L. Jackson.

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8. The Hateful Eight

Oops, ce qu’on espérait ne jamais voir arriver a fini par arriver : un mauvais film de Tarantino. Et pourtant Dieu sait que sur le papier ce huis clos hivernal à mi-chemin entre le western spaghetti et le thriller psychologique avait de quoi mettre en haleine.

Passé le grandiose des premières images tournées en 70 mm, ce mélange de Cluedo, Agatha Christie, Sam Peckinpah et The Thing de John Carpenter se perd dans un scénario qui surdramatise à n’en plus finir le moindre enjeu.

Verbeux à l’excès, ce Reservoir Dogs dans le blizzard se paye le luxe de durer près de trois heures, ce qui est vite très (trèèès) long quand tous les rebondissements sont cousus de fil blanc et que l’on se contrefout du sort des personnages.

Non pas que les acteurs soient mauvais (mentions spéciales à la revenante Jennifer Jason Leigh et au shérif Walton Goggins), mais ils sont tenus par des rôles qui les sous-exploitent outrageusement (Michael Madsen), les confinent à la caricature (Tim Roth en copié/collé de Chritopher Waltz) et globalement les privent de profondeur. Un comble là encore vu la longueur du film…

À croire que l’ami Quentin s’est attelé à parodier avec emphase tout ce qui a fait le succès de son cinéma, avec en point d’orgue ce déferlement de violence gratuite dans la dernière heure qui vire au grand-guignol.

Certains pourront toujours se tirer sur la tige en voyant dans ces Huit Salopards une personnification de l’Amérique ou une mise en abyme de la question raciale, rien ne vient à bout de l’ennui.

7. Death Proof

« C’est le plus mauvais film que j’ai fait. Mais pour un mauvais film, c’est plutôt pas mal non ? » Voilà qui résume bien les choses. Si Death Proof n’est pas un bon Tarantino, cela reste un film très correct – et bien meilleur que n’importe quel Fast & Furious.

Un peu paresseux, un peu bancal, ce cinquième film doit être pris tel qu’il est pour être apprécié à sa juste valeur : en dépit de ses têtes d’affiche et de son budget, il s’agit d’un authentique film d’exploitation qui jamais ne prétend s’élever au-dessus de ses modèles.

Un exercice limité par essence donc et qui affiche en sus quelques longueurs (bordel tu vas la faire ta foutue lap dance Butterfly ?), mais réserve aussi quelques moments de réjouissance comme la course poursuite finale, l’excellent Kurt Russell (qui à chaque vision donne envie de s’envoyer une assiette de nachos) ou certains dialogues girly qui ne manquent pas de flow.

6. Inglourious Basterds

Sur le papier on allait voir ce qu’on allait voir avec ce projet maintes fois repoussé qui se voulait une relecture du film de guerre doublée d’une histoire de vengeance.

Au final on a certes vu des nazis qui prennent cher dans le baba, une mise en scène appliquée et des acteurs qui s’amusent à cabotiner à tout-va, mais le feu d’artifice ne prend jamais vraiment aussi bien qu’espéré.

À trop vouloir jouer au plus malin, Tarantino s’essouffle un peu. La faute peut-être à ces deux histoires qui s’entremêlent un brin artificiellement, à ce comique bavard qui s’écoute un peu trop ou à ce côté puéril qui lasse par moment.

Contrairement donc à ce qu’il fait dire à l’un de ses personnages dans la dernière scène, Tarantino est loin d’avoir réalisé là son chef d’œuvre.

5. Django Unchained

Plus gros succès commercial du réalisateur, ce western qui conte la genèse d’un super-héros black au temps de l’esclavage est à bien des égards jouissif en diable. Et comment pourrait-il en être autrement quand est offerte aux vaincus une chance sans pareille de se venger, et de surcroît avec la manière ?

Le duo de méchants interprétés par Leonardo DiCaprio et Samuel L. Jackson (qui mériterait tout autant que Léo le titre de meilleur acteur à n’avoir jamais reçu un Oscar) fonctionne à merveille, tandis que Jamie Foxx fait parler la poudre sur du 2Pac et du James Brown.

Question comédie, la séquence sur les cagoules du futur KKK peut sans risque être qualifiée de culte.

Ah si seulement le film avait duré une demi-heure de moins et proposé une fin un peu moins convenue…

4. Reservoir Dogs

Sept minutes trente. C’est le temps qu’il aura fallu au monde pour être touché en plein sternum par l’électrochoc Tarantino, le temps d’une séquence d’ouverture qui à elle seule résume tout le talent du bonhomme.

Narration, musique, dialogue, culture pop… Reservoir Dogs sample et remixe à tour de bras les codes du cinéma de genre en racontant une histoire mille fois racontée auparavant. La copie rendue est à la fois brillante, drôle, novatrice, irrévérencieuse, le tout bien souvent en même temps.

Chris Penn (parti trop tôt), Harvey Keitel et Steve Buscemi décrochent là chacun un ticket au panthéon du septième art.

Et franchement qui sur cette planète n’a pas kiffé les petits pas de danse exécutés par Mr Blonde ?

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3. Jackie Brown

Difficile de succéder à un classique, surtout quand ce classique s’appelle Pulp Fiction et qu’est pris le parti de proposer un métrage sobre, presque dénué d’effets de manche (garde-robe d’Ordell mis à part).

Dans un Los Angeles languissant au possible, on roule, on discute du temps qui passe et on écoute les Delfonics. Happés par leurs vécus, chaque personnage cherche sa porte de sortie. Et puis très vite une douce mélancolie imprègne la pellicule, faisant passer l’histoire au second plan.

Filmée amoureusement, la sculpturale Pam Grier illumine le film d’un charisme que rien n’altère, pas même ses costumes usés d’hôtesse de l’air. Le couple empreint de non-dits qu’elle forme avec le magnétique Robert Foster est des plus soulful.

À sa sortie Jackie Brown ne rencontra pas le succès escompté et Tarantino ne refit jamais un film comme celui-ci, et c’est bien dommage. Libre à vous de le classer numéro un, personne ne vous en tiendra rigueur.

2. Pulp Fiction

Pulp Fiction, le film le plus cool du monde. Le film le plus imité de sa génération. Le film qui pourrait durer toute la vie tant pourraient se prolonger encore et encore les histoires croisées de cette mosaïque de douze personnages tous plus iconiques les uns que les autres.

Bien plus qu’un classique, cet hommage à la série B, au cinéma indépendant et à la culture bis appartient au club très fermé des films qui une fois tous les dix ans modifient en profondeur le paysage cinématographique (Star Wars, Easy Rider, Top Gun…).

Moralement il y a même de quoi se sentir un peu mal de ne l’avoir classé que deuxième…

1. Kill Bill

Oubliez sa sortie séparée en salle, Kill Bill ne forme qu’un seul et même film qui conte dix chapitres durant l’histoire de Beatrix et Bill, deux cœurs trop grands pour s’aimer dans le monde dans lequel ils vivent.

Tout ce qui fait la beauté et le génie du cinéma de Tarantino est ici magnifié. Kill Bill c’est Pulp Fiction et Jackie Brown dans le même film.

La linéarité du scénario de la première partie permet une mise en scène virtuose du mouvement (ou quand l’esthétisme de la violence devient le spectacle cinématographique par excellence), tandis que le cinéma de narration reprend le dessus dans une seconde partie plus proche du western.

C’est long, c’est beau, c’est triste, à l’image de cette scène de retrouvailles sur la devanture d’une église interprétée par Uma Thurman et David Carradine nés pour leurs rôles.

Vengeance et mélancolie s’entrelacent à n’en plus finir sur les obsédants Bang Bang et About Her, jusqu’à cette confrontation finale tout sauf triomphante.

Kill Bill c’est le sommet indépassable de la filmographie de Quentin Tarantino. Tout ce qu’il a fait avant a pavé le chemin de son plus beau chef d’œuvre, tout ce qu’il fera après souffre de devoir tenir la comparaison.

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