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40 anecdotes sur Le Parrain, la plus grande des sagas

40 anecdotes sur Le Parrain, la plus grande des sagas

Il y a 50 ans, le 24 mars 1972, Le Parrain premier du nom sortait dans les salles obscures…

1. Le Parrain, le roman de Mario Puzo écrit en 1969 dont s’inspire la saga de Francis Ford Coppola, s’ouvre sur une épigraphe attribuée à Honoré de Balzac : « Derrière chaque grande fortune, il y a un crime. »

En réalité, la phrase exacte dérive d’un extrait du Père Goriot (1835) : « Le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié, parce qu’il a été proprement fait. »

2. De toute la trilogie du Parrain, les mots « mafia » ou « cosa nostra » ne sont pas prononcés une seule fois.

Cible de pressions de la part de l’Italian-American Civil Rights League, une association visant à combattre les stéréotypes visant la communauté italo-américaine, la production avait décidé de supprimer ces termes du scénario pour éviter toute tension.

Très ironiquement, cette même Italian-American Civil Rights League avait été créée en sous-main par la famille Colombo.

3. Non seulement la ville de Corleone dont est originaire Vito Andolini existe bel et bien (située dans la province de Palerme en Sicile, elle compte aujourd’hui un peu plus de 11 000 habitants), mais elle est historiquement le repère de nombreux chefs mafieux, dont le sanguinaire Toto Riina et son successeur Bernardo Provenzano.

4. En italien, Corleone signifie « cœur de lion ».

5. En accord avec les règles de syntaxe, Vito Corleone aurait dû se faire surnommer Don Vito, et non pas Don Corleone.

D’origine espagnole, ce préfixe initialement donné aux princes, évêques et seigneurs s’accole en effet au prénom. Mario Puzo, qui ne parlait pas italien, trouvait cependant que Don Corleone sonnait mieux.

6. Francis Ford Coppola a été choisi par défaut pour réaliser Le Parrain.

Avant lui, parmi les metteurs en scène les plus prestigieux d’Hollywood ont refusé Le Parrain, dont Sergio Leone, Elia Kazan, Arthur Penn, Richard Brooks ou encore Costa Gavras.

7. George Lucas a travaillé comme assistant-réalisateur sur Le Parrain. Ami de Coppola, le futur créateur de Star Wars a notamment participé au montage du règlement de compte final et de la visite de Michael à son père à l’hôpital.

8. Le personnage de Don Corleone reprend en partie les biographies de trois chefs mafieux : Joseph Bonanno (qui souhaitait plus que tout au monde que son fils ne suive pas son chemin), Joe Profaci (qui se servait d’une société de distribution d’huile d’olive comme couverture à ses activités illégales) et Frank Costello (qui s’exprimait avec un timbre de voix très similaire).

9. Deux autres personnages empruntent également à d’autres gangsters de légende : Moe Green, qui s’inspire de Bugsy Siegel, l’homme qui supposément bâti Las Vegas, et Hyman Roth, qui s’inspire de Meyer Lansky, le très rusé rival de Michael, qui comme son modèle a tenté d’exercer son droit au retour en terre d’Israël pour échapper à la justice américaine.

10. À en croire Pussy Bonpensiero dans Les Soprano, si Moe Greene a été tué d’une balle dans l’œil, c’était pour le punir de ne pas être resté à sa place, « d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre ».

11. Plutôt que d’apprendre son texte, Marlon Brando préférait utiliser des fiches qu’il disposait tout autour de lui sur le plateau, quitte à les coller sur l’acteur qui lui donnait la réplique.

« Il disait qu’il faisait ça pour conserver une part de spontanéité, mais il y avait clairement une part de paresse dans tout ça. Il n’empêche que ça a marché pour lui » a déclaré à ce sujet Robert Duvall en interview.

12. Le chat vu sur les genoux de Don Corleone dans la toute première scène du film est un chat errant que Coppola a repéré sur le plateau le jour du tournage. Voyant qu’il appréciait particulièrement la compagnie de Brando, il a demandé à ce dernier de réciter son texte en le tenant dans ses mains.

13. Catcheur de formation, Lenny Montana (Luca Brasi) n’était pas spécialement à l’aise avec l’idée de devoir donner la réplique à Marlon Brando. Très nerveux, entre les prises, il répétait ses lignes assis à l’écart de l’équipe.

Coppola a capturé à son insu la séquence et l’a rajoutée telle quelle dans le film.

Ainsi est née cette scène mémorable où Luca Brasi tente maladroitement de se remémorer quelques lignes avant d’aller saluer Don Corleone.

14. La tête de cheval qui est glissée dans le lit du producteur Jack Woltz était une vraie tête de cheval achetée par la production dans un abattoir.

15. Dans le livre, la scène est légèrement différente : Wolf se réveille non pas avec la tête à ses pieds, mais face à lui. Ce changement est involontaire, Coppola a admis avoir tout simplement mal lu le passage.

16. Marlon Brando n’est pas le seul acteur à porter une prothèse dentaire (trois heures en salle de maquillage chaque jour). Pour mieux lui ressembler et se donner un air « plus animal », James Caan, qui joue Santino, son fils aîné, s’est également astreint à un tel subterfuge.

17. Inoubliable en Santino ‘Sonny’ Corleone, James Caan avait dans la toute première version du film un rôle beaucoup plus conséquent. Malheureusement pour lui, ce sont près de 45 minutes de temps de présence à l’écran qui ont disparu au montage final.

Caan n’a été averti de ce changement que le jour de la première.

18. La célèbre réplique « Laisse le flingue, prends les cannellonis » prononcée par Clemenza après le meurtre de Paulie a été improvisée par Richard Castellano.

19. Personnage à part entière, la nourriture occupe une place prépondérante dans Le Parrain : la trilogie compte au total 61 scènes où l’on boit et où l’on mange.

20. La chanteuse de jazz Morgana King qui prête ses traits à Carmela Corleone, la mère de Sonny et Michael, n’était âgée que d’à peine dix ans de plus que James Caan et Al Pacino.

21. Frank Sinatra n’était pas spécialement ravi du portrait fait de lui dans le film (le crooneur Johnny Fontaine lui ressemble comme deux gouttes d’eau). La rumeur veut que le jour où il a croisé Mario Puzo dans un restaurant de Los Angeles, il l’aurait menacé de lui « casser les jambes ».

22. La gifle que donne Don Corleone à Johnny Fontane a complètement été improvisée par Marlon Brando – d’où la réaction absolument étonnée d’Al Martino (Fontane) à l’écran.

23. Bien que tous deux nommés aux Oscars, Al Pacino et Marlon Brando ont tous deux refusé d’assister à la cérémonie : le premier au motif qu’il estimait qu’il aurait dû concourir dans la catégorie meilleur rôle principal ; le second afin de protester contre le sort infligé aux Amérindiens – vainqueur de soir-là de l’Oscar du meilleur acteur, il a envoyé l’actrice amérindienne Sacheen Littlefeather récupérer sa statuette.

24. L’impact du Parrain fut tel qu’il a influencé jusqu’aux mafieux eux-mêmes. Flattés par le portrait pour le moins élogieux fait d’eux, ils se sont très vite mis à reproduire certains des rituels et expressions (appeler un boss « Don », baiser ses mains, porter une boutonnière rouge à la poitrine…).

25. Robert De Niro a manqué de peu de tourner dans le premier Parrain, lui qui a passé un essai pour interpréter Sonny – ici en vidéo.

26. Hyman Roth est joué par le esseurs d’art dramatique d’Al Pacino et Robert De Niro, Lee Strasberg.

Apôtre de l’Actors Studio, cette méthode d’apprentissage du métier d’acteur qui prône une approche psychologique très approfondie du personnage afin de pouvoir faire corps avec lui, Strasberg a également eu comme élève formé James Dean, Marilyn Monroe, Dustin Hoffman et Harvey Keitel !

27. Dans Le Parrain II, Robert De Niro prononce en tout et pour tout 17 mots d’anglais. Le reste de ses dialogues est en sicilien.

28. Dans l’histoire du cinéma, seuls six acteurs seulement ont remporté un Oscar pour un rôle dont l’anglais n’était pas la langue principale. Parmi eux, seuls Robert De Niro et Benicio Del Toro sont américains.

La tâche a cependant été moins ardue pour Del Toro (récompensé en 2001 pour Traffic). Né à Puerto Rico, l’espagnol est sa langue maternelle.

29. À l’exception du Retour du Roi en 2004, le troisième film de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Le Parrain II est la seule suite de toute l’histoire du septième art à avoir remporté l’Oscar du meilleur film.

Le Parrain est toutefois la seule saga dont le premier et le deuxième film ont remporté cette récompense.

30. Il existe une version chronologique des deux premiers Parrain.

Endetté jusqu’au cou par le tournage d’Apocalypse Now, en 1977, Francis Ford Coppola a accepté de fusionner les deux films pour la télé.

L’action commence ainsi avec la jeunesse de Vito en Sicile, puis se conclut en 1959. Petite lucarne oblige, Coppola a dû éliminer de nombreuses scènes violentes.

31. Décédé à 42 ans d’un cancer, si John Cazale (Fredo) n’a beau avoir eu le temps de tourner que cinq longs-métrages (Le Parrain I, Conversation Secrète, Le Parrain II, Un après-midi de chien, Voyage au bout de l’enfer), tous ont été nommés à l’Oscar du meilleur film !

32. L’intrigue du Parrain III s’inspire de toute une série de scandales ayant eu lieu entre la mort du Pape Jean-Paul 1er en 1978 et la faillite en 1982 de la Banque Ambrosiano, alias « la banque du Vatican » – comme Jean-Paul 1er, Albino Luciani n’a régné que très peu de temps avant de décéder dans son lit, l’un des cadres d’Ambrosiano a été retrouvé pendu sous un pont de Londres, etc.

33. Au début du Parrain III, l’une des femmes qui arrête Vincent pour se plaindre du piteux état du voisinage est jouée par Catherine Scorsese, la mère de Martin Scorsese, celle-là même qui apparaît dans Les Affranchis et Casino.

34. Suite au premier volet, Al Pacino et Diane Keaton se sont fréquentés par intermittence pendant plusieurs années, avant de se séparer en assez mauvais termes. Leurs retrouvailles sur Le Parrain III ont ainsi été quelque peu mouvementées… à l’image de leurs personnages !

35. Vingt-sept ans avant d’interpréter Mary dans Le Parrain III, la fille de Michael Corleone, Sofia Coppola, la fille de Francis Ford Coppola, peut être vue dans Le Parrain I : lors de la scène du baptême à la toute fin, le bébé de Connie et Carlo, c’est elle !

Notez qu’elle apparaît également brièvement dans Le Parrain II sous les traits d’une jeune immigrante sur le bateau qui emmène Vito Corleone à Ellis Island.

36. Sofia Coppola n’était cependant pas le premier choix de la production pour incarner Mary Corleone, Winona Rider avait décroché le rôle avant elle.

Sitôt arrivée sur le tournage à Rome, elle a été prise d’un malaise dans sa chambre d’hôtel. Diagnostiquée en état de surmenage, Sofia Coppola l’a alors remplacée au pied levé par son père Francis.

37. Lors des auditions pour le rôle de Mary Corleone, l’une des actrices pressenties a été assassinée.

Rebecca Schaeffer, 21 ans, a été retrouvée morte chez elle d’un coup de revolver tiré par un fan dérangé qui la pourchassait depuis des années.

38. Si Robert Duvall n’est pas présent au casting du Parrain III, c’est parce qu’il estimait insultant de se voir proposer un million de dollars pour reprendre le rôle de Tom Hagen, là où Pacino en touchait cinq.

39. À chaque fois que des oranges apparaissent dans l’un des films, la mort guette.

C’est Don Corleone qui s’arrête chez un primeur acheter des oranges avant d’être victime d’une fusillade, c’est Johnny Ola qui offre une orange à Michael avant que sa maison ne soit mitraillée, c’est Don Fanucci qui se balade orange à la main avant d’être assassiné, c’est Don Corleone qui décède dans un champ d’orange devant son petit-fils, c’est Michael qui mange une orange avant d’ordonner le bain de sang final du Parrain II

Pourquoi un tel déferlement de vitamine C ? Aujourd’hui encore, personne n’en sait rien.

40. Peu avant la disparition de Mario Puzo en 1999, la mise en route d’un quatrième Parrain a été évoquée par Francis Ford Coppola.

Sur le modèle du Parrain II, le scénario aurait mis en parallèle l’évolution de Vincent Mancini (Andy Garcia) et celle de son père Sonny Corleone à son âge. Ce dernier aurait alors été interprété par Leonardo DiCaprio dans les flashbacks, tandis que Robert De Niro aurait repris du service en Don Corleone.

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