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Quels albums de Rap US ont été certifiés Diamant ?

Quels albums de Rap US ont été certifiés Diamant ?

Découvrez la liste des rappeurs les plus bankables de tous les temps…

 

Saviez-vous que la barre des 10 millions d’exemplaires vendus sur le territoire américain n’a été franchie qu’à dix reprises dans l’histoire du rap, et ce par huit artistes seulement ?

Si la quantité n’a jamais garanti la qualité, ce genre de performance commerciale demeure néanmoins tout à fait remarquable.

À l’heure où les critères de certification sont toujours en cours d’évolution, retour sur ces artistes qui ont affolé les compteurs du temps où le physique était encore roi.

 

Please Hammer Don’t Hurt Em (1990)

L’histoire retiendra que MC Hammer a été le premier rappeur à s’être vu décerné un disque de diamant par la RIAA (Recording Industry Association of America).

Porté par le tonitruant U Can’t Touch This (qui reprenait allègrement et sans finesse Superfreak de Rick James), ce troisième album du MC Marteau restera classé 21 semaines numéro 1 (autre record).

Ce succès commercial sans précédent (22 millions d’exemplaires écoulés tous pays confondus à ce jour) n’empêchera toutefois pas à son auteur de connaitre les joies de la banqueroute quelques années plus tard – la faute à une maison à 12 millions de dollars assortie de 200 employés et à quelques procès pour copyright.

Un train de vie auquel Rick Ross rendra hommage avec son célèbre hit… MC Hammer.

Licensed To Ill (1986)

Le premier essai des Beastie Boys aura mis 29 ans pour obtenir la prestigieuse certification, devenant ainsi l’album rap des années 80 le plus vendu de sa décennie.

Tragiquement, c’est le décès d’Adam Yauch alias MCA qui a permis de booster les ventes ces dernières années.

Un nouveau record pour ce disque culte (premier à se classer numéro 1 du top album, second après Run DMC à obtenir le statut platine).

Combinant allègrement rock, punk et rap (le trio sera d’ailleurs intronisé au Rock & Roll Hall of Fame en 2012), Licensed to Ill a permis au label Def Jam de s’établir définitivement dans le paysage musical notamment grâce aux morceaux cultes (You Gotta) Fight For Your Right (To Party!) et No Sleep Till Brooklyn.

Pour l’anecdote, si vous placez la pochette devant un miroir, l’inscription sur l’aileron 3MTA3 se transforme en EAT ME – apparemment un message en rapport avec la fellation…

All Eyez On Me (1996)

Autre album à avoir du patienter de longues années (dix-huit) avant de passer le cap des 10 millions, le classique de Tupac sorti chez Death Row/Interscope est une usine à singles à lui tout seul.

Enregistré dès sa sortie de prison, dernier disque sorti de son vivant, All Eyes On Me affiche un casting quatre étoiles tant au micro (Snoop, Method Man, Georges Clinton, E-40..) qu’à la production (Johnny J, Dre, Daz, Dj Quik…). Le tout se révélant merveilleusement homogène.

Un disque de légende comme le monde du rap n’en verra probablement jamais plus.

Notez cependant qu’en tant que double album, chaque exemplaire vendu compte double. En réalité, et cela s’applique à la suite du classement, il ne s’en est vendu « que » 5 millions d’exemplaires, si l’on considère comme c’est souvent le cas que les doubles albums sont vendus au prix des simples.

Greatest Hits (1998)

All Eyes On Me n’est cependant pas l’album le plus vendu de Tupac. Dans la course aux chiffres, il est devancé par un best-of sorti après son décès. Une distinction qu’il partage avec Bob Marley et The Eagles.

Changes qui réutilise les couplets du titre I Wonder If Heaven Got A Ghetto sorti sur une compilation antérieure, rencontrera un grand succès, surpassant là encore ses travaux précédents en termes de popularité.

On peut tout de même s’étonner du fait que la tracklist soit composée au tiers de titres présents sur AEOM légèrement remaniés pour des questions de droits : 2 of Amerikaz Most Wanted, Life Goes On, Picture Me Rollin’

Life After Death (1997)

Chronologiquement, The Notorious B.I.G. est le deuxième rappeur à décrocher un disque de diamant. Son décès deux semaines seulement avant la sortie de l’album va ici beaucoup participer à l’engouement commercial.

Bien évidemment ce succès ne se limite pas ce concours de circonstances, surtout au vu de la qualité des 24 pistes proposées – la question de savoir qui de Ready to Die ou Life After Death est le meilleur fait d’ailleurs rage jusqu’à aujourd’hui encore.

Contrairement à son prédécesseur, le disque était cependant beaucoup plus mainstream. Cf. les singles Hypnotize et Mo Money Mo Problems qui ont tourné jusqu’à plus soif sur les ondes.

S’en est d’ailleurs à se demander à quel hauteur cette Vie après la Mort aurait pu cartonner si certains titres comme Notorious Thugs avec les  Bone Thugz-n-Harmony ou Ten Crack Commandments avaient pu être clippés.

The Marshall Mathers LP (2000)

C’est peu dire que le troisième album d’Eminem était attendu du grand public. Avec 1,7 millions de copies écoulées en première semaine, il tripla le record rap établi par Snoop et son Doggystyle, se payant même au passage le luxe de détrôner Britney Spears à la première place des meilleurs démarrages de tous les temps pour un artiste solo.

Acclamé par la critique et reconnu comme son meilleur album, The Marshall Mathers LP a néanmoins dû patienter la décennie suivante pour se voir attribuer sa plaque en diamant, le 9 mars 2011 pour être précis.

Ce raz-de-marée auprès du grand public était d’autant plus incroyable qu’à l’époque Em’ faisait figure de grand méchant loup de la pop culture, pour ne pas dire psychopathe enragé. Étonnamment, quinze ans après les faits, des titres aussi dérangés que Kill You ou Kim sont devenus des classiques.

The Eminem Show (2002)

Deux ans après, Slim remet le couvert toujours en compagnie de son mentor Dr. Dre. Comme la fois précédente, et la fois d’avant, il remporte le Grammy du meilleur album rap de l’année.

Au sommet de son art et de sa popularité, Eminem enchaîne les tubes sans discontinuer. MC versatile par excellence, chaque titre cible et trouve un public différent : Cleanin’ Out My Closet, Sing for the Moment, Superman, Till I Collapse, Without Me

La concurrence se retrouve larguée à des années lumières. Pas étonnant que le rappeur de Détroit soit le plus gros vendeur de l’histoire du rap. Un titre de gloire qu’il risque bien de ne jamais devoir partager avec personne.

Speakerboxxx/ The Love Below (2003)

Outkast est-il le plus grand groupe de rap au monde ? Leur double album est en tout cas l’album le plus vendu de l’histoire du rap sur le sol US.

Pourtant au moment de sa sortie, nombreux sont ceux qui se demandaient si le duo allait en écouler plus de 4 exemplaires tant The Love Below d’André Trois Mille explorait des contrées musicales proches de l’expérimentation, avec un rap à la croisée des chemins entre Prince, Beck et George Clinton.

Le single phare Hey Ya balaya cependant toutes ces hésitations, s’arrogeant au passage une place de choix au panthéon de la culture populaire américaine.

Loin d’être en reste, son compère de toujours Big Boi enchaîna les tubes plus classiques mais toujours originaux et efficaces : GhettoMusick, The Rooster, Bust, Flip Flop Rock ou Last Call – d’aucun murmurent d’ailleurs que sa partie a beaucoup mieux vieilli.

Toujours est-il que depuis ce projet resté sans équivalent, le public se languit chaque jour un peu plus quant à une éventuelle reformation du groupe ou à la sortie du premier solo d’André Benjamin.

Country Grammar (2000)

Au début du siècle 21, le sud des États-Unis est encore largement stigmatisé dans le monde du rap.

Fier de son Saint Louis natal, Nelly, qui porte alors son jersey de l’équipe des Cardinals comme Jay Z porte sa casquette des Yankees, réussit à complètement retourner la situation en débarquant avec un style inédit pour l’époque.

Son flow chantonné associé à des rimes simples et accessibles donnent aux instrus composées par son compère Jay E. Epperson une tonalité pop qui hérisse bon nombre de puristes, mais qui lui permet de transcender les barrières régionales. Festif en diable, le son proposé trouve ainsi tout naturellement sa place sur les radios du pays et fait basculer le rap (et la pop) dans une nouvelle ère.

Certes, l’album ne laisse pas nécessairement une forte impression, mais il est de ceux qui à la réécoute rappelle toujours un bon souvenir.

Porté par les singles Country Grammar (Hot Shit) et Ride With Me, il s’écoulera à 9 millions d’unités en quatre ans, avant d’attendre douze années supplémentaires pour décrocher la certification platine.

The Miseducation of Lauryn Hill (1998)

Deux ans après The Score des Fugees (sept fois platine à ce jour), un an après la séparation desdits Fugees pour cause de rupture houleuse avec Wycleff, Lauryn Hill, 23 ans, propose un tout premier solo qui aujourd’hui encore figure en bonne place dans les listes des meilleurs albums de tous les temps, tous genres confondus.

À la croisée des chemins entre le hip hop, la soul, le rnb et le reggae (l’enregistrement s’est déroulé en grande partie dans les studios jamaïcains de Bob Marley, Hill était au même moment enceinte de son fils Rohan), The Miseducation ne se résume cependant pas à son incroyable versatilité.

Ni à son mélange inédit entre rap et chant. Ni même à son cortège de singles qui font mouche (Lost Ones, Doo Wop, Ex-Factor…).

Non, ce qui rend The Miseducation of Lauryn Hill si unique et si spécial, c’est sa profondeur. Touchée par grâce, Lauryn Hill fait en effet corps avec ses émotions sur chacune des 16 pistes, quitte à flirter avec un certain mysticisme.

Un coup d’essai qui s’est révélé un coup de maître donc, et qui pour rien gâcher demeure le seul disque de diamant jamais décroché par une female emcee.

 

S’il est fort parier que tous les Drake et Kendrick Lamar de la Terre n’atteindront jamais les 10 millions de disques vendus en copies physiques, il est en revanche très possible que certains albums plus anciens qui oscillent entre 7 et 9 millions de ventes finissent par rejoindre ce club très fermé : 50 Cent avec Get Rich Or Die Trying, les Fugees avec The Score, Dr Dre avec 2001, ou encore Vanilla Ice avec To the Extreme.

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