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Les albums sortis sur Death Row classés du pire au meilleur

Les albums sortis sur Death Row classés du pire au meilleur

Un top qui sent le soufre…

À trop lire la rubrique faits divers depuis trente ans, on en viendrait presque à oublier que Death Row Records c’est avant tout de la musique.

Et pas n’importe quelle musique si on en juge l’empreinte laissée par les albums phares sortis du temps de la splendeur du label – de sa création en 1992 à la mort de 2Pac et l’incarcération de Suge Knight.

Penchons-nous donc avec délectation sur les dix meilleurs d’entre eux avant que la cancel culture ne vienne y fourrer son nez (oui parce qu’en vrai ça rappe quand même beaucoup sur les bicthes, les flingues et les trafics pas très nets).

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10. La compilation « Christmas on Death Row » (1996)

Dans le genre bizarrerie, en voilà une qui ne passe pas inaperçue.

Death Row, ou le label suspecté par l’état fédéral de meurtres, de trafics et d’extorsions qui s’essaye à l’exercice de l’album de Noël avec une tracklist bon enfant garantie sans aucune insulte et menace.

Si clairement question bonne musique le compte n’y est pas, cela n’empêche pas de laisser traîner une oreille, ne serait-ce que pour les productions de l’ami Daz Dillinger alors au top.

Finalement, cela donne un disque aux faux-airs de plaisir coupable qui accessoirement chipe le bonnet d’âne à la bande originale de Gang Related et au Hung Jury de Michel’le.

9. « Tha Doggfather » de Snoop Doggy Dogg (1996)

Dieu qu’il était attendu ce second essai du « Dee-ho-deuble-dji ».

Trois ans après son classique Doggystyle (lire plus bas), tandis que Dr. De avait quitté Death Row avec perte et fracas et que 2Pac était tombé sous les balles, il lui incombait de remettre le gangsta rap au centre des débats.

Certes l’album n’est pas aussi mauvais que sa triste réputation le laisse entendre, la nonchalance de Snoop faisant toujours son effet, mais pour citer Dre : « Autant j’ai aimé le premier single, autant quand j’ai commencé à rentrer dans les détails des morceaux et des productions… Franchement je n’ai pas aimé. »

8. « Necessary Roughness » de Lady of Rage (1997)

Reconnu pour ses talents de rimeuse, conformément au plan, Robin Yvette Allen aurait dû cartonner dans les grandes largeurs.

Malheureusement pour elle, le délitement du label en a voulu autrement, tant et si bien qu’il a fallu attendre quatre longues années entre sa très remarquée entrée en matière sur l’intro de Doggystyle et l’arrivée de son premier album, alias le tout premier du label depuis 1992 qui a échoué à décrocher la moindre certification.

Cette déconvenue n’est toutefois pas uniquement due aux circonstances : Rage a beau indéniablement savoir poser, Necessary Roughness pêche sérieusement niveau single quand il ne provoque pas l’incompréhension en allant s’aventurer du côté du son boom bap newyorkais.

7. « The Don Killuminati: The 7 Day Theory » de 2Pac (1996)

Enregistré à la va-vite (couplets posés en trois jours, mix bouclé en quatre jours) afin de se libérer de l’obligation contractuelle qui le liait à Death Row, ce premier album posthume de ‘Pac est loin d’atteindre les sommets de sa discographie.

Plus caricatural qu’autre chose, ce dernier se complaît dans une posture qui ne lui rend pas service, à l’image de la cover et du titre qui ne sont là que pour donner un semblant d’épaisseur (ni le Christ, ni Le Prince de Machiavel ne sont référencés plus que ça).

Après, restent quand même à se mettre sous la dent certains de ses morceaux parmi les plus emblématiques (Against All Odds, Me and My Girlfriend, To Live & Die in L.A.…).

6. La bande originale de « Murder Was the Case » (1994)

Le bon côté de ce genre de projet quelque peu tombé dans l’oubli, c’est qu’il est extrêmement agréable de les redécouvrir.

Tout sauf une vulgaire compilation de faces B et chutes de studio, MWTC s’agrémente en effet d’un vrai bon lead single (le duo Natural Born Killaz de Dre et Cube), de pépites en tous genres (21 Jumpstreet, U Better Recognize…) et autres expérimentations (la reprise des Isley Brothers de Jewell).

La nostalgie à son meilleur.

Point bonus : DJ Quick comptabilise deux prod’ et une apparition.

5. La bande originale de « Above the Rim » (1994)

Encore une B.O. ? Oui encore une B.O., à ceci près qu’il s’agit très certainement de la meilleure B.O. rap du septième art – pour ce qui est du film, les réserves sont de mise.

Intéressante à plus d’un titre. D’une part, elle mélange harmonieusement premiers et seconds couteaux du label (coucou Jewell, O.F.T.B., 2nd II None…), chacun ayant la bonne idée de débarquer en forme olympique, et de l’autre elle propose un mélange gangsta rap/rnb assez inédit pour l’époque et de surcroît particulièrement rafraîchissant (coucou SWV, H-Town, DeVante Swing des Jodeci…).

Rajoutez à cela le tube éternel Regulate de Warren G et Nate Dogg et le Pain de 2Pac en bonus track, et vous auriez tort de snober cette troisième sortie du Couloir de la Mort.

4. « Dogg Food » de Tha Dogg Pound (1995)

Très attendue, c’est peu dire que les deux zigottos Kurupt et Daz ont accouché de leur première galette dans la douleur, entre la « consigne » de Suge de virer sans ménagement les traîtres Dr. Dre et Nas des crédits, et le retrait express de Warner/Interscope, effrayé par la réputation calamiteuse qui désormais entourait le label et ses artistes.

Distribuée en indépendant, cette Pâté pour Chien ne s’encombre cependant d’aucune retenue, qu’il s’agisse des textes salaces à souhait ou de l’ambiance « gangsta shit » californienne parfaitement assumée.

Question production en revanche, une certaine sobriété est de mise, ce qui ne fait que rajouter de la valeur au tout à chaque nouvelle écoute.

Qui a dit indispensable ?

3. « The Chronic » de Dr. Dre (1992)

Hein ? L’album qui a fait rentrer le hip hop dans l’ère de la musicalité doit ici se contenter de la dernière marche du podium ?

Si comme avec 2001 il ne viendrait à personne l’idée de contester son influence sans précédent, on est en droit de relever de çà et là quelques imperfections : ces histoires de clashs qui ont assez mal vieilli (contre Ice Cube, contre Eazy-E, contre Tim Dog…), ces interludes qui alourdissent inutilement la tracklist (The Doctor’s Office et High Powered notamment), le très bas de plafond Bitches Ain’t Shit! qui conclut les débats…

Bref, The Chronic a ses (petits) défauts.

2. « Doggystyle » de Snoop Doggy Dogg (1993)

Aujourd’hui comme hier, existe-t-il un disque de rap aussi bien produit et exécuté que cet hymne à la levrette ?

Calibré du début à la fin, le premier solo du Grand Iench’ superpose les ambiances avec une fluidité sans pareil, à l’image de son flow qui jamais ne force.

C’est bien simple à chaque nouvelle écoute, c’est un casse-tête sans nom pour ne pas changer de chanson préférée (Gin and Juice, Tha Shiznit, Ain’t No Fun, Doggy Dogg World…).

Équilibre parfait entre le cool et le gangsta, Doggystyle demeure haut la main ce qui se fait de mieux en matière de g-funk.

1. « All Eyez On Me » de 2Pac (1996)

Imaginez le rappeur le plus charismatique de sa génération survivre à une tentative d’assassinat, puis à une peine de prison pour un viol qu’il n’a pas commis, avant de s’engager sur le label le plus sulfureux de son époque afin d’enregistrer 132 minutes de musique en compagnie des meilleurs producteurs et rappeurs de la côte ouest au sommet de leur art.

Non mais imaginez seulement quel résultat explosif donnerait ce cocktail.

Et imaginez en sus, que cet album n’ait pas pris une ride un quart de siècle après sa sortie.

Largement de quoi lui valoir de se hisser à la première place de ce classement non ?

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