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Genezio, tout une histoire de Vibe(stars)

Genezio, tout une histoire de Vibe(stars)

Sélectionné dans les 11 à suivre 2023, Genezio confirme. Il est revenu dans les charts pour présenter son nouveau projet : Vibestars Saison 2. À cette occasion, le rappeur villenevois est passé dans les studios de Booska-P pour se faire tirer le portrait. Retour sur les débuts de l’artiste, ses inspirations et ses aspirations.

1,2,3 rencontres avec la musique

C’est en classe de CM2 que Genezio pose ses valises à Villeneuve Saint-Georges, dans le Val-de-Marne (94). Avant ça, l’interprète de Nemesis a beaucoup bougé et est passé par plusieurs départements d’Île-de-France (78,77…). Il a également vécu au Congo à l’âge de 16 ans mais c’est bien à Villeneuve qu’il s’est initié au rap.

Comme il l’explique, Genezio a vécu trois rencontres significatives avec la musique : « La première rencontre, c’est grâce à mon oncle qui écoutait beaucoup de sons de rap français : de Kery James à Sinik en passant par Booba ou Diam’s… Il mettait sa playlist toute la journée sur son disque dur. Moi j’écoutais avec lui, j’étais un bébé magique : pour que j’arrête de pleurer, il me mettait de la musique, car c’était devenu ma routine. La deuxième rencontre, c’est grâce à ma tante, la femme de mon oncle, qui est camerounaise. Elle était très attachée aux sons afros classiques, ce qui m’a parfait ma culture. La troisième rencontre avec la musique s’est faite à Villeneuve-Saint-Georges. Au début, je voulais être Ingé son. À l’école, ils nous ont passé un Ordival (ordinateur prêté aux collégiens de Val-de-Marne, ndlr) et il y avait le logiciel Audacity sur l’ordinateur. Du coup, j’enregistrais mes potes chez moi, qui rappaient déjà, et je m’y suis mis aussi en même temps. »

La Tunnel Vision pour réussir

C’est aux côtés de son cousin que Genezio se lance. Quelques freestyles en bas de chez lui et des encouragements de son entourage ont suffi à constituer sa confiance et renforcer sa passion pour la musique. Dès ses débuts, il s’intéresse à la Bounce music, inspiré par les instrumentales de Young Thug. Sa voix juvénile l’a fait évoluer vers le chant : « Au début, je ne chantais pas, je rappais seulement mais j’avais une voix d’enfant et tout le monde avait une voix plus grave que moi… »

Avec deux amis, ils fondent leur groupe : la Gé’ (pour la Genezio, nom qu’il a adopté en solo, ndlr). Ils sont encadrés par Loss, le père d’un des membres du groupe. Ce dernier leur donne la vision professionnelle, il les encadre et adopte un rôle de mentor pour Genezio qui a signé dans son label Lossa Records par la suite : « Il nous a emmenés au studio, il a cru en nous dès le début. Il a beaucoup joué dans notre détermination, notre vision, notre patience. Il disait toujours : « Il faut être un serpent dans un trou. » Se faufiler jusqu’à être prêt et sortir. Un peu comme le film Méthode Williams, il a su me donner la vision et il avait déjà le plan. Il voyait que j’étais déterminé et a su capter le meilleur en chacun de nous. Il nous a préparé pendant plusieurs années en groupe, où on enchainait les sessions studios, la « Tunnel vision ». Il nous répétait que « l’embourgeoisement tue l’œil du tigre ». Il a fait exprès de nous créer de la frustration pour développer notre niaque. Il m’a demandé ce que je voulais faire et je lui ai répondu : que de la musique. Je me suis mis à fond dans le truc, le groupe s’est séparé et je me suis lancé en solo. La première signature, c’est lui. Il a créé Lossa Records, un label indépendant. »

Un freestyle qui brille

Après la séparation du groupe, Genezio s’affirme en solo. Il commence à sortir un morceau sur Instagram, jusqu’à ce qu’il décide de sortir le premier volume d’une série de freestyles qui va lancer sa carrière : Vibestars #1. « Je me suis lancé avec Vibestars 1, j’ai gagné des auditeurs puis j’ai enchainé avec le volume 2, qui a encore plus raisonné… et la machine était lancée. J’ai sorti mon premier EP Vibestars Pré-Saison, puis j’ai continué, je ne pouvais pas me stopper ici ! J’ai commencé à faire mon équipe de beatmakers, qui ont la même vision que moi. J’ai sorti ma première mixtape Vibestars saison 1 et le soir même de la release party, j’ai repris le travail au studio. Telle une machine, j’ai enchainé jusqu’à Vibestars saison 2 qui vient tout juste de sortir. » Genezio surprend par sa productivité. Son mental, forgé au cours des années, le pousse à aller toujours plus loin et avancer sans relâche jusqu’à atteindre ses objectifs.

Le jeune artiste est conscient de l’aspect business du métier, mais est fixé vers sa vision artistique, qu’il veut la plus éclectique possible : « J’ai des visions à court terme et à long terme. Dans ma vision à long terme, je veux être un fédérateur et un précurseur. C’est pour ça que dans ma musique j’essaye d’élargir et de penser à tout le monde. Comme un cuisinier, je veux faire un plat le plus équilibré possible, pour que ça plaise au maximum, et que j’aime. »

Vibestars, toute une mentalité

Quand on lui demande la signification de l’appellation Vibestsars, la réponse de Genezio est sans équivoque : « Vibestars, c’est le premier mot qui m’est venu en tête quand je me suis demandé comment j’appellerai la série de freestyles. Je me voyais comme une étoile, mais qui ne brillait pas encore pour tous. Ce mot, il va plus loin que la musique. Une bonne personne, elle fait de la bonne musique. La vibestars, c’est une mentalité aussi. Je ne peux pas faire deux fois la même chose, je le fais à la vibe, à l’instantané. La Vibestars, c’est quelqu’un qui n’a fait qu’un entre la musique et lui-même. »

Ce jeune prodige de la mélodie a beaucoup travaillé sa voix pour en arriver là. Il a pris des cours de chant, a écouté les conseils, a appris à chanter avec le ventre… Tout un ensemble qui fait de lui un chanteur en plus d’être un rappeur. Il explique comment la transition s’est faite : « Le passage du rap à la mélodie s’est fait assez naturellement. Je rappais mais je forçais pas mal sur ma voix, vu que j’étais très jeune et que je n’avais pas encore mué. Un jour, un mec m’a parlé du chant et du lien que j’ai avec mes origines congolaises. J’ai tenté quelques mélodies puis j’ai travaillé pour m’améliorer de plus en plus. Je me suis bien entouré et j’ai pris tous les conseils qu’on m’a donnés pour m’améliorer. J’aime le chant, parce qu’il faut savoir manier sa voix et qu’à partir de là, on peut développer beaucoup de choses, au-delà des mélodies. Je me considère comme un artiste, avec plusieurs cordes à mon arc et je ne me mets pas de barrières musicalement. »

Repéré dès son adolescence par Loss, Genezio lui fait confiance et part faire son bout de chemin professionnel à ses côtés. Il signe dans son label, Lossa Records, puis établissent ensemble un contrat de co-prod chez Low Wood (Jok’Air, So La Lune, Elh Kmer…).

Le futur palier après Vibestars Saison 2 pourrait bien être l’album pour Genezio. S’il ne s’avance pas encore sur la direction artistique du projet, le Villeneuvois veut aller chercher des sonorités le plus loin possible, le tout est d’innover : « La prochaine étape, c’est l’album. Ce n’est pas pour tout de suite mis j’ai déjà des idées et je vais commencer bientôt les sessions studio. Je suis beaucoup dans la recherche de nouvelles sonorités. Je veux créer quelque chose de novateur. Pour ça, je vais me concentrer, mais aussi voyager, à la recherche de quelque chose d’intemporel. » Des sonorités d’Asie en passant par l’Amérique ou l’Afrique, Genezio ne se donne pas de limites et peut s’inspirer de n’importe quel bruit, tant qu’il résonne en lui.

Être hybride pour fédérer

L’interprète de Elle m’appelle n’aime pas se ranger dans une case : il veut être éclectique et ne pas se cantonner à un style musical en particulier : « On rentre dans une nouvelle ère, ce qu’ils appellent la « Nouvelle Pop », la « Mélo », mais pour moi il n’y a pas de nom à donner en soit. Il sera surement trouvé plus tard, parce qu’on est encore en phase de découverte de ces nouvelles sonorités. Tous les artistes cités dans ces catégories (WaïV, Tiakola, Rsko…) ont chacun leur truc à eux, leur univers bien marqué et les mettre tous dans la même catégorie réduit leur univers à seulement la mélodie, ce qui est dommage. Je pense qu’on est juste hybrides, on a su s’adapter et évoluer dans notre musique. On ne peut pas toujours tout catégoriser et tout ranger dans des cases, la musique ne s’explique pas. Il faut juste être sensible aux musicalités que les artistes présentent au public. »

À seulement 20 ans, Gé La pépite a tout d’un grand. Et à l’image de ses inspirations comme Kanye West, Dj Khaled mais surtout RZA (Wu-Tang Clan), Genezio veut être un fédérateur, et il a toutes les cartes en main pour y parvenir.

En attendant l’album, foncez découvrir Vibestars Saison 2, à retrouver sur toutes les plateformes de streaming.

Crédit photo : Tom Menetrey

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