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Tobey Maguire, Andrew Garfield, Tom Holland : qui est le vrai Spider-Man ?

Tobey Maguire, Andrew Garfield, Tom Holland : qui est le vrai Spider-Man ?

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » Chaque génération a grandi avec son Spider-Man.

Créé en août 1962 par Stan Lee et Steve Ditko, Peter Parker est devenu l’un des personnages de fiction les plus célèbres au monde. Des comics aux jeux vidéo, en passant par les séries, les films d’animation et les adaptations en live-action, le jeune New-Yorkais a traversé les époques sans jamais perdre de sa popularité.

C’est ce qui rend Peter Parker si attachant : son histoire dépasse largement celle d’un simple super-héros. À travers son passage à l’âge adulte, ses doutes et son abnégation, il reflète les difficultés auxquelles chacun peut être confronté. Derrière le masque se cache finalement un homme dans lequel beaucoup peuvent se reconnaître.

Seuls trois acteurs ont eu le privilège d’incarner Spider-Man sur grand écran : Tobey Maguire (de 2002 à 2007), Andrew Garfield (de 2012 à 2014) et Tom Holland (depuis 2016). 

Trois visions différentes d’un même justicier, toutes ayant marqué leur temps. « Il faut trois qualités indispensables pour qu’une adaptation fonctionne. Premièrement, l’humiliation. Un Peter qui ne galère jamais à payer son loyer ou à arriver à l’heure n’est pas Spider-Man, c’est un cosplay. Ensuite, l’humour, celui qui vient de la panique et pas du bon mot écrit d’avance. Enfin, la ville. New York doit être un personnage, pas un décor », détaille Nico Prat, journaliste pour Rockyrama, spécialisé dans le cinéma et la pop culture.

La sortie de Brand New Day, ce mercredi 29 juillet, alimente un débat sans fin : quel est le meilleur Spider-Man ?

Tobey Maguire, le pionnier

Il est le premier. Pendant cinq ans, Tobey Maguire a été le Peter Parker le plus fidèle à l’essence du personnage : un gars ordinaire, maladroit et introverti.

Entre la mort de l’oncle Ben, les problèmes d’argent et la solitude, il est constamment écrasé par la culpabilité. « Il apporte une forme de maladresse organique et semble physiquement empêché, presque cassant. Ce corps qui hésite avant chaque bagarre colle parfaitement au ton de Sam Raimi. Ses successeurs ont tous ajouté une couche d’assurance, de vannes, de contrôle. Lui restait fragile jusque dans l’action », analyse Nico Prat.

Il apporte une forme de maladresse organique et semble physiquement empêché, presque cassant.

Son Spider-Man n’est pas le plus drôle ni le plus spectaculaire, mais c’est celui qui souffre le plus comme Peter Parker. Il a vraiment l’impression de sacrifier sa vie personnelle pour être un héros.

Son principal défaut est d’être trop sérieux, sans le côté blagueur imaginé par Stan Lee. « Ce qui caractérise le Spider-Man de Tobey Maguire, c’est le regard de Sam Raimi qui est un fan de comics de longue date. Si vous le mettez dans un film réalisé par un autre, vous n’avez plus du tout le même Peter. Sam Raimi avait les épaules pour résister à certaines pressions des studios, en particulier sur les deux premiers films, beaucoup moins sur le 3. Par la suite, Marc Webb ou Jon Watts ont fait des films de studios », rappelle Xavier Fournier, journaliste, auteur, documentariste et conférencier spécialisé comics / super-héros et créateur du podcast Aventures Fiction

En ce qui concerne les longs-métrages, le comédien âgé de 51 ans a eu le droit à une trilogie de qualité. Du célèbre baiser sous la pluie avec Mary Jane, en passant par les affrontements face au Bouffon Vert, au Docteur Octopus ou à Venom, elle regorge de scènes devenues iconiques. « Spider-Man 2 tient encore debout aujourd’hui parce que Sam Raimi filme l’aventure comme une tragédie grecque avec des punchlines. C’est cette ambition de mise en scène, pas seulement le souvenir d’enfance, qui explique cette popularité jamais démentie. Le film impose l’idée qu’un blockbuster de super-héros peut être une étude de personnage avant d’être un spectacle. Sans ce dernier, le genre serait resté cartoonesque beaucoup plus longtemps », affirme le journaliste de Rockyrama

Pour toute une génération, les films avec Tobey Maguire ravivent une profonde nostalgie. Il faut dire que la séparation entre l’acteur, le personnage et le public a laissé un goût d’inachevé.

Alors qu’un quatrième film était en préparation, Sony abandonne finalement le projet en 2010 à la suite de désaccords artistiques avec Sam Raimi. La franchise est aussitôt rebootée avec Andrew Garfield.

Andrew Garfield, le torturé 

Il est le mal-aimé. Pour sa défense, Andrew Garfield n’arrive pas dans le contexte le plus favorable. En 2012, les fans n’ont pas tourné la page de Tobey Maguire et peinent à accepter une nouvelle incarnation de l’Homme-Araignée.

Sur le papier, Andrew Garfield a probablement le potentiel le plus élevé. Son Spider-Man est plus agile, plus acrobatique et plus sarcastique que celui de Tobey Maguire, avec un humour davantage inspiré des bandes dessinées. Il exploite le côté provocateur, rebelle et bavard du personnage, toujours capable de plaisanter face au danger.

Sa relation avec Gwen Stacy est perçue par les observateurs comme la plus touchante. La mort de cette dernière fait de lui le plus brisé des trois Spider-Man. « Andrew Garfield avait une alchimie parfaite avec Emma Stone. Sur les trois versions, c’est celle qui sert le plus le côté romantique des comics », estime Xavier Fournier.

Quand j’ai vu débarquer Andrew Garfield portant une veste militaire et faisant du skate, ça ressemblait à tout sauf à Peter Parker.

Le principal défaut vient de l’écriture du personnage. Peter Parker est trop cool et sûr de lui, alors qu’il est censé être un « nerd ». Andrew Garfield semble être le meilleur Spider-Man, mais pas le meilleur Peter Parker. « Les films autour de lui sont gouvernés par les impératifs de franchise, obligés de préparer un univers étendu qui n’a jamais vu le jour », observe Nico Prat. 

Un avis partagé par Xavier Fournier. « Quand j’ai vu débarquer Andrew Garfield portant une veste militaire et faisant du skate, ça ressemblait à tout sauf à Peter Parker. Ce n’est pas sa faute, mais celle des scénaristes. Tuer Gwen Stacy revenait aussi à promettre qu’en cas de troisième film, il n’y aurait plus cette alchimie. » 

En 2015, l’arrivée de l’Homme-Araignée dans le MCU met fin à son aventure après seulement deux films. 

L’apparition surprise d’Andrew Garfield dans No Way Home en 2021 a complètement réhabilité son héros. « Ce moment où il sauve MJ comme il aurait pu le faire avec Gwen a généré beaucoup d’empathie. Je ne pense pas que le contrat unissant Sony et Marvel permette de faire un nouveau film solo de Garfield. Mais si Sony en venait à mettre sur pied un Amazing Spider-Man 3, après cette rédemption, je pense que le succès serait au rendez-vous », enchaîne le créateur du podcast Aventures Fiction

À tel point qu’il serait partant pour être à l’affiche d’un troisième The Amazing Spider-Man. « J’aimerais faire quelque chose de vraiment unique, surprenant et décalé, dans la même veine que la liberté créative qu’ont les films animés Spider-Verse. Si c’est quelque chose qui a du sens, qui ajoute vraiment à la culture, qui est original et excitant, alors bien sûr, je reviendrais. J’adore ce personnage et ce qu’il représente », a déclaré Andrew Garfield lors du Middle East Film & Comic Con en avril 2025.

Tom Holland, la modernité

Tom Holland est le Spider-Man qui correspond le plus aux attentes du public actuel : fougeux, moderne et profondément ancré dans l’univers Marvel. Quand il apparaît dans Captain America : Civil War en 2016, le personnage n’a que 14 ans (contre 20 ans pour Tom Holland). « Qu’il rejoigne le MCU est une force pour le divertissement, une faiblesse pour le mythe. L’intégrer à une mécanique de studio géante dilue justement ce qui le rendait unique », regrette Nico Prat. 

L’acteur britannique possède l’énergie adolescente du personnage, l’humour des comics et l’innocence d’un Peter Parker en pleine découverte de ses pouvoirs. Sa prestation met l’accent sur la jeunesse du héros, ses erreurs et son apprentissage.

Les deux premiers films (Homecoming et Far From Home) ont longtemps divisé les fans en raison de la place accordée à l’univers Marvel. 

Beaucoup reprochent à cette version de Peter Parker d’être trop dépendante de son mentor, Tony Stark, ainsi que de la technologie mise à sa disposition. « Après le résultat financier mitigé de The Amazing Spider-Man 2, Sony avait besoin de s’appuyer sur le MCU pour relancer la franchise. Il fallait aussi justifier cette connexion avec Marvel, sous peine de frustrer les fans. Cette intégration répondait à l’évolution de Peter Parker », défend Xavier Fournier. 

Qu’il rejoigne le MCU est une force pour le divertissement, une faiblesse pour le mythe.

Cependant, la conclusion de No Way Home rapproche considérablement Tom Holland de l’esprit du Spider-Man classique. Après avoir tout perdu, il accepte pleinement le poids de ses responsabilités. Loin de l’adolescent entouré par les Avengers, il devient enfin l’Homme-Araignée que les fans connaissent : à savoir un justicier solitaire, confronté à ses propres sacrifices.

Après dix années dans la peau de Spider-Man, Tom Holland arrive à un tournant. Avec Brand New Day, disponible depuis ce mercredi 29 juillet, il enfile le costume pour la septième fois au cinéma (si l’on compte les films Avengers). 

Un record certes, mais est-ce la dernière fois que l’acteur de 30 ans endosse le rôle de Peter Parker ? Tom Holland semble prêt à transmettre le flambeau. « Tout comme Robert Downey Jr. a été un véritable mentor pour moi, j’adorerais être cette personne pour celui qui prendra la relève. Owen Cooper serait génial dans le rôle à l’avenir », a-t-il révélé dans les colonnes de Empire le 30 mai dernier. 

Il serait intéressant d’observer pour la première fois un Spider-Man adulte marié, installé dans une vraie vie. « Le cinéma a systématiquement préféré revenir à l’origin story ou à l’adolescence, par peur de perdre l’identification du jeune public. Personne n’a encore osé filmer un Peter Parker de quarante ans, fatigué, mais toujours debout », révèle Nico Prat.

Un scénario incertain tant les studios ont envie de rajeunir la cible et donc le protagoniste. « Dans la mémoire collective, Spider-Man est un gamin. Et vous n’allez pas vendre le même nombre de cartables ou de gommes s’il a l’air d’avoir quarante ou cinquante ans. Avant de changer d’acteur, ce serait bien de voir Peter Parker devenir un mentor et terminer un cycle ainsi. Et il sera toujours temps de voir après pour les nouveaux acteurs », soutient Xavier Fournier. 

Verdict

Comme vous l’aurez compris, il est impossible de désigner le meilleur sans tomber dans la subjectivité. 

Tobey Maguire est le Spider-Man d’une époque où les justiciers devaient convaincre. Andrew Garfield celui d’une génération qui voulait davantage de modernité. Tom Holland celui d’un univers partagé devenu la norme. À leur manière, les trois acteurs ont enrichi le personnage tout en incarnant l’évolution du cinéma de super-héros.

De son côté, Nico Prat a fait son choix. « L’interprétation de Tobey Maguire a une intemporalité que les deux autres n’ont pas encore prouvée. Elle ne dépend d’aucun univers étendu, d’aucune référence internet, d’aucun clin d’œil méta. Juste un garçon maladroit qui devient un héros malgré lui. Dans cinquante ans, c’est probablement le seul Spider-Man que l’on comprendra sans notice explicative. » 

Xavier Fournier, lui, n’a pas réussi à départager les trois versions. « Le meilleur reste Tobey Maguire pour les raisons liées à Sam Raimi. Le Peter Parker le plus crédible à mes yeux est Tom Holland, pour son côté « crevette ». Aucun des trois n’est réellement identique aux comics. Mais ce n’est pas gênant tant que l’esprit demeure. » 

Avec Spider-Man : Brand New Day, Tom Holland pourrait définitivement mettre tout le monde d’accord. Mais au fond, le débat n’aura sans doute jamais de véritable vainqueur. Notre Spider-Man est celui qui a marqué notre enfance ou notre adolescence.

À moins qu’une adaptation en prises de vues réelles de Miles Morales ne vienne rebattre totalement les cartes dans les prochaines années.

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