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Ces rappeurs qui ont été accusés d'agression sexuelle [DOSSIER]

Posté le 09 Janvier 2019 à 13h19, par Aurelien
Ces rappeurs qui ont été accusés d'agression sexuelle [DOSSIER]

Succès, célébrité, reconnaissance… si l’on pourrait croire les femmes toutes acquises aux rappeurs (A$AP Rocky ne confiait-il pas dernièrement désormais « se faire attaquer » par les femmes ?), il n’en reste pas moins qu’un « non » ça veut dire « non » et que la question du consentement n’est jamais sujette à compromis.

Malheureusement, quand s’ouvre le volet judiciaire tout peut très vite se compliquer, et ce d’autant plus aux Etats-Unis où la possibilité de passer certains arrangements hors tribunaux peut vite jeter le flou sur l’innocence présumée des accusés – ou leur culpabilité négociée, c’est selon.

Justice à deux vitesses, sentiment d’impunité, victimes pas toujours bien intentionnées, erreurs judiciaires… découvrez les cas d'une dizaine de rappeurs et de chanteurs accusés d’agression sexuelle pour qui les choses ont tourné bien différemment.

6ix9ine

Harlem, la nuit du 21 février 2015. Daniel Hernandez, 19 ans, est filmé lors d’une soirée en appartement en train de simuler une pénétration et de mettre des claques sur les fesses d’une fille de 13 ans tandis que cette dernière était pratiquait au même moment une fellation sur un autre homme.

Postée sur Instagram, la vidéo est ensuite repostée par le rappeur sur son compte.

Arrêté dans la foulée par la police newyorkaise, 6ix9ine prétexte alors que s’il a agi de la sorte c’était pour « une question d’image ».

Devant le juge le rappeur n’en plaide pas moins coupable (quand bien même il prétendra longtemps le contraire en interviews) et voit en échange l’énoncé de sa condamnation repoussé au octobre 2017 pour peu qu’il se tienne à carreau d’ici là – et qu’accessoirement il consulte un spécialiste, passe son GED (le General Educational Development, l’équivalent du bac), évite soigneusement de dégrader les femmes dans ses clips et écrive une lettre d’excuse à la victime.

Dix-neuf reports plus tard (!), le Dummy Boy s’en tire plus que bien puisqu’il n’écope au final que de quatre années de probation et d'une peine de 1 000 heures de travail d’intérêt général, le tout sans être fiché au registre des délinquants sexuels.

Une sentence plutôt clémente donc (c’est exactement celle que réclamaient ses avocats) qui fait étonnamment fi des nombreuses incartades judiciaires de 6ix9ine dans ce laps de temps, lui qui notamment ne perd jamais une occasion de faire allégeance au gang des Bloods.

Mieux, début décembre sa sentence est suspendue et l’affaire finit classée.

Cette « bonne nouvelle » n’en est pas une : accusé par la justice fédérale de port d’armes et d’associations de malfaiteurs, l’auteur de Gummo échappe certes sur ce coup à la législation newyorkaise (la pyramide des lois américaines voulant que la justice fédérale ait priorité sur la justice des États), mais ce n’est que pour mieux retomber sous l’œil des « Feds » qui en septembre prochain lui intenteront un procès au cours duquel il risquera ente 32 ans et perpétuité.

Nelly

Le 7 octobre 2017, alors qu’il venait de donner un concert non loin de la ville de Seattle, Nelly Nell fait la connaissance de Monique Greene, une serveuse qui travaille à mi-temps dans une boite de nuit du coin.

Très vite, les deux s’accordent pour aller passer un moment d’intimité dans le bus de tournée du rappeur garé sur le parking d’un supermarché.

À partir de là les versions divergent. Greene accuse la star de s’être masturbée devant elle avant de l’agresser sexuellement, puis de l'avoir jeté dehors en lui balançant un billet de 100$ au visage. De son côté, le rappeur concède avoir eu un rapport sexuel, mais pointe son comportement « agressif » lorsque l’un de ses danseurs est monté dans le bus pour utiliser la salle de bains.

Arrêté en pleine nuit après que la jeune femme ait alerté les autorités, Nelly clame immédiatement son innocence sur les réseaux sociaux.

Quelques semaines plus tard, l’affaire connaît un nouveau rebondissement lorsque Monique Greene annonce cesser toute coopération avec le procureur. Dans une lettre rendue publique, elle explique ce choix par le fait que sa vie privée ne cesse depuis d’être bafouée et par la trop grande pression de la machine judiciaire et médiatique.

Sans revenir sur ses déclarations, elle va jusqu’à déclarer « regretter avoir appelé le 911 ».

Si Nelly échappe ainsi à toute inculpation, il décide de porter plainte à son tour.

En octobre de cette année, alors que les charges sont définitivement abandonnées par la justice (ce qui exclut toute possibilité pour Greene de réactiver sa plainte), les deux parties finissent par passer un accord hors tribunaux, accord qui selon l’avocat de Nelly n’inclut « aucune transaction financière ».

Mystikal

En 2004 l’auteur du tubesque Shake Ya Ass prenait six ans ferme après avoir reconnu avoir forcé sa coiffeuse à pratiquer une fellation sur lui et deux de ses gardes du corps.

Si dans un premier temps Mystikal avait plaidé le consentement et argué que la victime avait essayé de lui extorquer 80 000$ en le faisant chanter, il a malheureusement pour lui eu la mauvaise idée de se filmer au moment de l’acte, puis de laisser trainer la vidéo de ses exploits chez lui.

Confronté à une très probable peine à perpétuité comme le prévoit la législation de l’État de Louisiane, le rappeur avait alors préféré passer un deal avec le juge.

Libéré en 2010, il fait de nouveau l’actualité en août 2017 après s'être constitué de lui-même prisonnier alors qu'il venait d'être accusé par une femme de l'avoir séquestré et abusé (là encore avec deux de ses compères) un an auparavant dans un casino de la ville de Shreveport.

Incarcéré depuis, sa caution a été fixée à 3 millions de dollars (2 millions pour le viol, 1 million pour le kidnapping).

Si Mystikal clame son innocence, il lui été cependant été refusé par deux fois de voir le montant de sa caution révisé à la baisse, et ce, notamment en raison de l’émergence de nouvelles preuves.

Bref, sans vouloir présager de sa culpabilité, ça ne sent pas la liberté pour Michael Lawrence Tyler.

R. Kelly

Sacré Robert, dans le genre réputation de prédateur difficile de faire mieux, enfin pire.

Bien que jamais condamné officiellement par la justice, les casseroles qu’il cumule depuis bientôt un quart de siècle donnent le tournis.

Il faut dire qu’à l’image d’Aaliyah, le Harvey Weinstein du r&b les aime jeunes. Très jeunes.

Première incartade en 1996 lorsqu’il est l’objet d’une plainte pour des faits remontant à cinq ans auparavant, lorsqu'âgé de 24 ans il aurait eu une relation pas des plus consenties avec une fille de 16 ans.

S’en suit une nouvelle procédure en 2001, de la part d'une stagiaire de 17 ans. Puis une autre en 2002, de la part d’une adolescente qu’il aurait mise en enceinte. Et puis encore une autre la même année, de la part d’une fille qu’il aurait filmé à son insu sous la couette.

À chaque fois Kell’s s’en sort en passant un accord financier hors tribunaux assorti d’une clause de confidentialité.

Toujours plus gênant, toujours en 2002 deux autres affaires éclatent : une sextape surgit dans laquelle il est vu en train d’uriner dans la bouche d’une présumée mineure, et la découverte par la police à l’occasion d’une perquisition effectuée chez lui de vidéos de pornographie infantile.

Si le chanteur n’échappe pas cette fois-ci à un procès, il réussit à passer entre les gouttes en jetant le doute sur l’identité de la jeune fille filmée dans le premier cas, puis en arguant d’un vice de procédure dans le second – et pour l’anecdote, au cours du procès qui s’est déroulé en 2008, Kelly a fait la connaissance d’une certaine Jerhonda Pace, une fan de 15 ans avec qu’il entamera une liaison en 2009.

Loin de calmer ses ardeurs, celui qui sur scène invite avec enthousiasme son public à venir lui palper le paquet continue ensuite de défrayer la chronique à échéances régulières : enquête le dépeignant comme un gourou de secte, témoignages accablant de son ex-femme et de sa propre fille, ou encore récemment la mini-série documentaire Surviving R.Kelly.

Reste que malgré les scandales à répétition, depuis toutes ces années le flux de groupies autour de l’auteur de I Believe I Can Fly ne s’est jamais tari.

Vous avez dit troublant ?

Mack Maine

« Mack Maaaaine !!! »

Mais si souvenez-vous, c’était au début de la décennie, le crew Young Money éclaboussait de sa superbe le game. Nommé président du label par son ami d’enfance Lil Wayne, Jermaine Anthony Preyan en profitait pour faire entendre son fameux gimmick sur un maximum de singles possibles.

Tenté par une carrière solo, il annonça d’ailleurs la sortie d'un premier album. Pas de chance pour lui, il se retrouve sous les verrous en septembre 2013, obligé de de remettre ses plans au lendemain.

Accompagnant à l’occasion Weezy en concert, il aurait le mois précédent invité deux femmes à venir le rejoindre dans le bus de tournée. Une fois la porte refermée derrière elles, la première prétend avoir été touchée à la poitrine tandis que la seconde affirme avoir été frappée au visage quand elle et sa copine ont tenté de s’échapper.

Libéré sous caution, plutôt que de se risquer un procès, Maine passe alors un accord hors tribunaux avec les plaignantes. Enfin, il conclut un deal avec la justice pour ne recevoir qu’une mise à l’épreuve de trois ans assortie de 45$ d’amende à titre de compensation, ainsi que le remboursement des frais de justice à hauteur de 583$.

DMX

En 2016, le Dark Monsieur X invite une femme à se joindre à son groupe de potes dans sa chambre d’hôtel de Los Angeles.

Lorsqu’elle quitte les lieux son équipe remarque qu’une montre à 30 000$ a disparu et décide d’avertir illico la police.

Interpellée et placée en détention, cette dernière prétend alors avoir été violée. Aucun témoin n’indiquant de près ou de loin la tenue de la moindre relation sexuelle, DMX ne sera cependant pas inquiété par la justice.

Autre anecdote cette fois-ci beaucoup plus rocambolesque : en 2006 le Ruff Ryder a déclaré avoir été lui-même victime d’un viol !

Connu pour ses paternités à répétition (il est aujourd’hui à la tête d’une famille de 15 enfants), il confie dans l’édition d’octobre du magazine Sister 2 Sister avoir été poussé à procréer contre son gré par l’une de ses baby mama, Monique Wayne.

Selon lui, un jour de 2003, elle l’aurait fait boire et il se serait endormi « son machin à l’air ». Neuf mois plus tard, elle donnait naissance à un enfant sans qu’il se souvienne du moindre contact physique avec elle.

Passablement irritée par cette version des faits, Wayne le poursuit en justice et récolte officiellement 1,5 millions de dollars de dommages et intérêts.

Big Sean

Suite à un concert donné à New-York au côté de Wiz Khalifa dans la cadre de sa tournée Rolling Papers, le Gros Sean Anderson est cueilli par le NYPD au motif que lui est un de ses potes aurait tripoté une femme quelques heures auparavant.

Libéré en échange d’une caution de 500 dollars, celui qui rappait « si je ne lui plais pas, c’est qu’elle aime les filles » sur Stay Down nie en bloc.

Son avocat le sort de la panade en acceptant un plaidé coupable, en échange de 750 dollars les charges d’agression sexuelle au troisième degré sont abandonnées – même chose pour son comparse.

Si côté court la casse est limitée, Big Sean ne s’en tire pas à si bon compte dans les médias et fait l’objet d’une campagne de presse pointant sa misogynie.

En effet, si chose rare dans le rap, il s’est un jour vanté que sa girlfriend faisait plus d’oseille que lui (à l’époque Naya Rivera), il est aussi celui coutumier de lignes plus que limites à la « You little stupid ass bitch, I ain't fuckin' with you » sur IDFWU, ou « Girl you talk too much, shut up » sur Dance (A$$).

2Pac

Le 18 novembre 1993, le Californien âgé alors de 23 ans est arrêté dans la ville de New-York. Motif : lui et trois de ses lascars auraient agressé sexuellement et sodomisé une jeune de fille de 19 ans, Ayanna Jackson, quelques jours plus tôt dans sa chambre d’hôtel.

Le 7 février 1995 Shakur écope ainsi d’une peine de quatre ans et demi de prison pour viol. Bien qu’il ait plaidé non-coupable, à la sortie du tribunal, le rappeur fond en larmes et s’excuse publiquement auprès de la victime et de son public.

Hasard du calendrier, il entre en cellule le jour de la Saint-Valentin, tandis qu’un mois après jour pour jour sort son album Me Against the World. L'opus devient ainsi le premier album de l’histoire de la musique à se classer numéro 1 des charts au moment même où son auteur croupit derrière des barreaux.

En octobre 1995, 2Pac voit cependant sa chance tourner lorsqu’une cour d’appel l’innocente de toutes charges.

[Notez que 23 ans après les faits, Jackson a donné une interview à visage découvert où elle maintient mordicus sa version.]

Joies du système judiciaire et carcéral américain, n’étant pas en mesure de régler ses frais de justice, le rappeur reste incarcéré.

Son salut viendra alors de celui dont la réputation veut qu’il soit « l’homme le plus dangereux de la musique » : Suge Knight. Après avoir réuni les 1,4 million de dollars nécessaires pour le faire sortir, il lui propose de le rejoindre sur Death Row.

La légende veut que 2Pac ait signé son contrat sur une feuille de papier toilette et se soit exclamé : « Je sais que je vends mon âme au diable ».

Chris Brown

Fashion week parisienne 2019, coup de tonnerre. Chris Breezy est interpellé au Mandarin Oriental par les autorités françaises et placé immédiatement en garde à vue : il est accusé ainsi que l’un de ses amis et son garde du corps d’avoir violé une jeune femme de 24 ans.

Rencontrée un peu plus tôt dans la soirée dans un club situé près des Champs-Élysées, « Karima » comme elle est appelée dans les médias soutient que le chanteur et ses convives étaient alors dans un état second.

« Tout le monde prenait de la cocaïne. Chris Brown particulièrement, qui s'est mis à parler tout seul, et à arpenter nerveusement la suite (...). Il m'a attrapée violemment par le bras, il m'a poussée dans un dressing et m'a violée. J'ai voulu m'enfuir, mais je n'avais pas mon téléphone. Ils nous avaient été confisqués. »

Toujours est-il qu’après 48 heures de détention, les trois hommes sont remis en liberté, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée à leur encontre.

L’affaire ne s’arrête cependant pas là.

D’une part parce que la présumée victime qui maintient sa version des faits exige une confrontation et dépose au passage une nouvelle plainte pour « violation du secret de l'enquête » suite à la diffusion dans les médias et sur les réseaux sociaux d’une photo d’elle prise au cours de son audition ; de l’autre parce que le chanteur qui nie tout début de commencement de relation sexuelle dépose lui aussi une plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

De retour aux États-Unis après avoir tourné un clip sur le sol hexagonal, Brown, qui sitôt libéré avait posté haut et fort sur Instagram l’explicite « This bicth lyin’ », décide de capitaliser sur l’affaire en faisant fabriquer via sa marque Black Pyramid des t-shirts « This bicth lyin’ » avec la Joconde en toile de fond.

Kodak Black

Question : lorsque les actualités judiciaires et musicales s’entrechoquent, les journalistes se doivent-ils de passer sous silence la réalité des faits au motif que cela puisse gêner la promotion des artistes ?

À en croire Kodack Black, la réponse ne fait pas un pli.

Alors qu’il est en pleine tournée des plateaux à l’occasion de la sortie de son album Dying To Live, la nouvelle tombe de la date de son procès pour le viol d’une adolescente dans un hôtel de Caroline du Sud en 2016 – selon l’accusation il l’aurait en sus, et battu, et mordu.

Susceptible de prendre jusqu’à trente ans fermes, il se voit interrogé sur le sujet par l’animateur Ebro sur la radio Hot 97. Bien que ce dernier prenne toutes les précautions oratoires du monde pour ne pas blesser le jeune Dieuson Octave, lui assure ne pas vouloir entrer dans les détails de l’affaire et lui souhaite de revenir dans l’émission, c’en est déjà trop.

Kodak, qui a toujours clamé son innocence et qui aurait pu ici se servir de son temps d’antenne comme d’une tribune, se mute tout d’abord dans le silence, avant d’intimer Ebro de changer de sujet (ce qu'il refuse de faire), puis de quitter subitement les locaux.

Ou quand évoquer un incident supposé semble pire que l’incident en lui-même.

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Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1532 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

2 commentaires sur la news

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Gla le 14/01/2019 à 04h44 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Et en France combien de rappeur déglingue des beurette a chichas aucune d'entre elle ne porte plainte .

Rapjeu le 09/01/2019 à 22h54 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

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