À quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, le débat sur l’égalité entre les Noirs et les Blancs devant le sprint est relancé.
Michael Johnson : « Je suis convaincu que nous avons un gène supérieur d’aptitude sportive »
Après quelques années plongé dans un profond sommeil, le débat portant sur les capacités physiques des BlancS et des Noirs face à la compétition a été réveillé par le champion américain Michael Johnson.
Ce dernier a en effet confié avec maladresse lors d’une interview accordée au Daily Mail, devoir ses quatre médailles d’or olympiques et ses huit titres mondiaux en grande partie à ses appartenances ethniques : « Il est pour moi impossible d’écarter le fait qu’être le descendant d’un esclave ait un impact majeur sur les générations suivantes. Même si cela peut être difficile à entendre, l’esclavage a été bénéfique à des descendants comme moi. Je suis convaincu que nous avons un gène supérieur d’aptitude sportive. Au cours des dernières années, les athlètes afro-américains et caribéens ont dominé les finales d’athlétisme. C’est un fait pourtant dont on ne discute pas (…) ».
Quelles sont les raisons de cette « inégalité » ?
« Sur 80 sprinters qui ont couru le 100 mètres en moins de dix secondes depuis 1968, 78 sont noirs, un autre est métisSE, l’Australien Patrick Johnson »
De nombreux théoriciens et autres scientifiques se sont penchés sur les raisons de cette « inégalité » entre Noirs et Blancs dans les compétitions sportives et en particulier en athlétisme. Si plusieurs interprétations ont déduit que l’héritage de l’esclavagisme avait pu avoir un impact sur la longueur de l’os du talon ou du fémur, aucunes d’entres elles n’a pu néanmoins être confirmée avec certitude et justifier pleinement cette distance physique entre Noirs et Blancs.
Jean Philippe Leclaire, ancien rédacteur en chef de l’Équipe magazine et auteur d’un livre intitulé Pourquoi les Blancs courent moins vite, semble quant à lui mettre en avant l’hypothèse selon laquelle les préjugés sur le sujet s’auto-alimenteraient d’eux même en laissant dans l’esprit des individus, un sentiment de « soumission à un ordre naturel ».
Les exceptions qui confirment la règle…
On se souviendra pourtant du coureur français Christophe Lemaitre qui a été nommé Champion du Monde junior en 2008 face à des sportifs américains et jamaïcains pour qui la carrure semblait laisser peu de chance au français. Deux ans plus tard, Christophe Lemaitre confirme son statut de champion en devenant le premier « Blanc » à courir le 100 mètres en moins de dix secondes.
Difficile d’imaginer après ces performances, que les aptitudes des compétiteurs jouent exclusivement en faveur des Noirs. Jean Philippe Leclaire envisage alors une répartition plus ou moins proportionnel entre l’inné et l’acquis pour expliquer les capacités d’un athlète à devenir champion. Une théorie partagée par Christophe Lemaitre qui avait déclaré lors d’une interview : « Si je n’avais qu’un don, je n’y arriverais pas. Si je n’avais que le travail, je n’y arriverais pas non plus. Mais heureusement j’ai les deux ».
Sources : le site les Inrocks