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L’humeur de Yago : Ballon d’Or ou Ballon rouillé ?

L’humeur de Yago : Ballon d’Or ou Ballon rouillé ?

Chaque semaine je vous propose d’aborder un thème d’actualité sous un autre angle, sans obligation formelle ni aucun tabou. Aujourd’hui, le sujet développé est la désignation de Ronaldo comme Ballon d’or 2013…

De quoi te flinguer la semaine. Sans être un fervent supporter des bleus, ni ch’ti, ni supporter inconditionnel du Bayern Munich, j’avais quand même développé une certaine envie de voir Franck Ribery devenir le 5ème français à soulever le Ballon d’or (après Kopa, Platini, Papin et Zidane). Même si les dés semblaient pipés d’avance, je faisais volontairement croître en moi une certaine naïveté à l’approche de l’échéance, finalement rapidement balayée par une soudaine et désagréable impression d’avoir été cocufié… D’où cette farouche volonté de voir chaque membre de la Fifa s’asseoir avec conviction sur leur foutu graal.

Tout comme le rap, le foot c’était mieux avant…notamment dans la désignation du meilleur joueur de la planète. Inauguré en 1956, le Ballon d’or est une création française qui consistait à faire élire le meilleur footballeur de l’année par un cortège de journalistes européens avec les titres glanés comme principale référence. Voyant qu’il y avait du biff à faire avec cette élection, la FIFA a obtenu en 2010 d’intégrer le système de votes à travers des capitaines et sélectionneurs nationaux. Depuis, Sepp Blatter (sorte de modèle suisse d’un Don Corleone du pauvre) et ses potes ont foutu un beau bordel dans le mode de désignation. Si l’on était resté à l’ancienne formule, Sneijder aurait remporté le Ballon d’Or en 2010 et Ribery serait aujourd’hui reçu à l’Elysée…

Blatter aux commandes…

Comme toute grande institution internationale qui se respecte, la FIFA est avant tout un édifice politisé qui cherche à faire croître son influence et son chiffre d’affaire… quitte à faire preuve d’une incroyable incompétence avec pour exemples les polémiques sur la désignation du Qatar comme pays hôte de la Coupe du monde 2022 ou encore justement à propos de ce fameux Ballon d’Or 2013…Tout part d’un petit coup de rouge en trop dans le nez du président Blatter lors d’une réunion avec des étudiants à Oxford où l’homme a osé critiqué la coiffure du saint des saints : Cristiano Ronaldo. Grande coïncidence, quelques semaines à peine après la polémique, la date de fin des votes est repoussée alors que le portugais brille lors des barrages du mondial…tiens tiens…En maintenant le flou sur les critères de désignation, la FIFA laisse volontairement la place aux copinages, lobbys et autres influences extérieures. Désormais, ce n’est plus le meilleur joueur de l’année qui est récompensé…mais le plus populaire.

C’est Hollywood !

Orchestré depuis des mois, le sacre de Ronaldo a atteint l’apothéose lors de la mise en scène de sa victoire… Surprise, émotion et larmes, hommage à Eusebio et Mandela avec en guest star Cristiano Ronaldo Junior dans les bras de papounet… J’ai failli casser ma télé, tabasser mon chien, séquestrer ma femme et brûler ma propre voiture. Pour avoir fréquenté plusieurs rédactions dont celles de L’Equipe et France Football, je sais que le résultat est connu plus d’une semaine avant la publication officielle. Sa famille, ses amis, et les représentants du Real Madrid… Tous étaient présents…avec l’assurance de voir leur poulain l’emporter. En somme, ce n’est pas l’élection de Ronaldo qui est criticable, mais plutôt les conditions dans lesquelles celle-ci s’est déroulée. En déficit de popularité (notamment dans son propre pays où certains de ses coéquipiers chez les bleus ont redonner sens au terme de collaboration), Ribery est incontestablement victime d’un délit de sale gueule (justifié ;-) )…C’est sur qu’en slip c’est moins glamour que le lusitanien sur les photos…

Aujourd’hui, trois conceptions du football s’opposent donc en l’absence de consignes clairement établies. D’un côté, ceux qui pensent qu’il faut personnaliser à outrance la performance avec pour unique base les statistiques individuelles et donc que Ronaldo (69 buts et 17 passes décisives en 2013) mérite cette distinction malgré un palmares resté vierge. De l’autre, ceux qui voient le lauréat comme un membre d’un collectif et qui considèrent que Franck Ribery est un élément clé du triplé exceptionnel réalisé par le Bayern la saison dernière. Enfin, une théorie consistant à considérer que Lionel Messi est le meilleur de tous et cela quelque soit son rendement semble avoir également fait son apparition…En plaçant l’argentin devant Ribery, le comité du Ballon d’Or nous a mis une quenelle qui ferait rougir Dieudonné lui-même… »Au dessus c’est le soleil ».

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