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Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi : leur rêve américain

Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi : leur rêve américain

Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi font la cover digitale de Booska-P pour une interview complice et sans filtre, entre fous rires, bromance sincère et coulisses de tournage. Les deux acteurs y présentent Le Rêve Américain, un film inspiré de l’histoire vraie de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, devenus les agents de certains des plus grands joueurs français en NBA, dont Victor Wembanyama. Une success story à la française portée par la foi, l’ambition et le collectif, à découvrir en salles le 18 février prochain.

Booska-P
On vous a vus dans beaucoup de productions ensemble, des séries, des films (L’amour ouf, En Place, Pourquoi tu souris, etc.) Ça fait quoi juste de se retrouver ensemble ? On vous a vus, vous étiez morts de rire pendant le shoot. Elle tient à quoi votre amitié là en vrai ?

Raphael Quenard
C’est un cadeau. En fait, pour vous dire Jean-Pascal, c’est comme un père spirituel, je saurai pas te dire, entre un père, un oncle et un frère, un mélange. Il est trop gentil, il est bienveillant. C’est quelqu’un avec qui je n’ai rien à retenir. Et le fait de, de pouvoir enlever ces chaînes qu’on pourrait ressentir avec d’autres, t’es obligé de te retenir. Là, j’ai rien à retenir et c’est la définition d’un ami, quelqu’un qui te permet de donner la liberté d’être toi-même, tu vois ?

La Cover digitale de Booska-P avec Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi. Photo : Félix Devaux.

Booska-P
On le voit, mais d’ailleurs, c’est une citation de Jim Morrison…

Raphael Quenard
Ouais exactement ! C’est que je me sens bien, en fait.

Raphael Quenard
Je me sens dans le canapé de son âme magnifique.

Jean-Pascal Zadi
C’est un des gars qui me fait beaucoup rire et tout. Et du coup, on s’engraine mutuellement. Quand je sais que je suis en tournage et je me lève le matin à neuf heures, je sais que je vais voir Raphaël. Déjà à neuf heures, déjà, je rigole. La journée n’a même pas commencé que déjà, je rigole déjà. Donc ouais, c’est une amitié où dans laquelle on se sent bien, quoi. On est nous-mêmes, on peut dire ce qu’on veut, on fait ce qu’on veut, on peut raconter nos vies, on peut raconter nos problèmes. Aussi, comme on a un parcours un peu similaire, tu vois, du coup, on a vécu des choses presque similaires et on peut témoigner l’un de l’autre sur certains trucs.

Raphael Quenard
Quand tu racontes quelque chose, c’est comme si tu vois dans l’œil de l’autre qu’il capte la vérité au fond du truc. Tu vois, quand tu racontes un petit truc, mais les petits détails subtils qui font que… C’est là-dessus qu’on va s’appuyer pour démarrer.

Booska-P
Toi-même, tu sais quoi.

Raphael Quenard
Voilà, exactement. Exactement. Une amitié TMTC.

Booska-P
Sur le, le film, Raphaël, tu disais que c’est un film sur l’amitié. Avant d’être un film sur le basket, moi, j’ai l’impression que c’est presque un film sur la foi. Le fait que ça soit une histoire vraie, ces deux frères se prennent des torrents et des torrents et des torrents de problèmes. Et malgré tout, genre, ils continuent. Ils ont foi en leurs rêves, ils ont foi en leurs coéquipiers. Vous, c’est le fait que ça soit une histoire vraie, c’était un des arguments qui vous a poussé à accepter le film ?

Raphael Quenard
Ah bah ouais. Moi, c’était histoire vraie, le gap entre le point de départ, où Jérémy travaille dans un vidéo club, Bouna travaillait à Orly et le point d’arrivée qui est à des années lumières, en devenant les meilleurs agents mondiaux de la NBA. Tu vois, aujourd’hui, ils ont 190 joueurs et joueuses. Ils ont les meilleurs joueurs de NBA dont Wemby. Donc ce gap-là, genre, il est trop romanesque, trop inspirant et c’est vraiment des héros au sens où moi, j’ai envie d’en voir, tu vois, dans le sens success story à la française, d’un truc incroyable, de deux gars comme nous auxquels on peut s’identifier.

Et le truc de foi, je suis d’accord aussi, et ce qui est magnifique, c’est la foi à deux. Parce que souvent, déjà avoir la foi tout seul, tu peux la remettre en cause, avoir des doutes, etc. Mais si c’est alimenté par les doutes de l’autre, les doutes peuvent se grignoter l’un et l’autre pour devenir trop big. Et c’est dur de faire quelque chose à deux, l’essence du collectif. Et là, cette foi qu’ils ont d’y arriver à deux, à pas accepter de faire rentrer le mot ‘impossible’ dans leur champ lexical et de garder ce petit feu intact au fond d’eux pour aller tout bastonner, j’ai trouvé ça extraordinaire.

Booska-P
Toi, Jean-Pascal, le personnage de Bouna, qu’est-ce qui t’a plu chez lui ? Qu’est-ce qu’il y a de toi dans ce personnage ?

Jean-Pascal Zadi
Déjà, il y a beaucoup de choses moi… Enfin, je me reconnais beaucoup dans Bouna, déjà dans le parcours. Le parcours du gars qui a un rêve un petit peu trop grand pour lui et que tout le monde prend pour un fou. Ça, c’est totalement ma vie. Euh, je me sens aussi… Je me reconnais aussi dans son parcours avec ses enfants et il est en galère. Moi, j’ai des enfants et tout et j’étais bien en galère au début avec eux. Quand tu te lèves le matin, tu te motives, c’est pas que pour toi, c’est pour ta famille. Ça, je me reconnais mais grave dedans.

Booska-P
Ouais parce que la carrière, elle a pas évolué en même temps que la famille

Jean-Pascal Zadi
Exactement. On a fait les enfants et après, on a dit : Bon, il se passe quoi ? Et après, les enfants, ils te motivent pour aller au bout du truc. Et aussi, il y a aussi le côté très sage dans le film. Bouna, c’est un peu celui qui calme un peu Jérémy, celui qui est un peu sage, un peu philosophe, qui a un peu du recul sur la situation. Je me sens grave en adéquation avec ça. Moi, j’ai beaucoup de recul sur les choses aussi. Et puis, finalement, sans rapport à l’amitié, aux potes et tout, moi, je suis grave comme ça. Quand j’ai choisi quelqu’un et que je veux que ce soit mon gars, laisse tomber, c’est à la vie à la mort presque.

Booska-P
Et toi, Raphaël, dans Jérémy, il y a quoi de Quenard dans Jérémy ?

Raphael Quenard
Tout le rapport à préférer mourir plutôt que d’abandonner. Déjà ce truc-là. L’ambition démentielle que tu refuses de voir contrainte ou amoindrie par des autres. Et après, le côté un peu plus impulsif, tout feu, tout flamme, de tenter des trucs au risque d’être maladroit. Moi, je trouve que la maladresse, ça ne doit pas être un motif d’abandon face à une peur, un truc qui nous effraie. Il vaut mieux tenter un truc, le faire maladroitement. Au moins, ce sera unique et singulier la façon dont tu le feras. Et parfois même, c’est limite touchant de voir quelqu’un faire quelque chose, d’essayer de rentrer dans un monde où il n’a pas les codes du truc. Ça, je me reconnais un peu

Booska-P
Ça, c’est un peu le mal de l’époque. On a toujours peur d’avoir honte.

Raphael Quenard
Le succès, il est juste après le mur de la honte. Alors que l’autre, il s’en fout en face. Il n’a aucun des trucs que toi, tu nourris.

Jean-Pascal Zadi
Mais je trouve que ça, c’est un peu nouveau. Le truc de : « Ouais, c’est gênant », tout ça. C’est un peu nouveau. Genre : Mes enfants, ils sont remplis de « c’est gênant. Papa, arrête, tu es gênant ». Nous, avant, on n’avait pas ça.

Raphael Quenard
C’est vrai que le mot gênant est… Mais il y avait le ridicule.

Jean-Pascal Zadi
Oui, il y avait le ridicule, mais ça ne faisait pas… Je pense que c’est dû aussi à l’exposition, aux réseaus, plein de trucs. Il y a des traces qui restent toute la vie.

Booska-P
Les gens ont trop peur des sauces, des bad buzz…

Jean-Pascal Zadi
Parce que nous, avant on y allait à fond et salam.

Booska-P
Je me demandais quand je vous voyais jouer à l’écran, déjà le duo, il est crédible à la mort et je m’étais dit : c’est quoi la recette d’un bon duo au cinéma ? On est pote, certes et tout. Vous, déjà, vous avez des expériences en plus de réalisation. C’est quoi la recette d’un bon duo au ciné pour que ça fonctionne, pour qu’on y croit ? Est-ce qu’être pote, ça aide ou au contraire, il faut sortir l’amitié du set ? Comment est-ce qu’on fait ?

Raphael Quenard
Moi, je ne trouve pas du tout. Parce que tu peux être ami avec des gars dans la vie et une fois que la caméra, elle s’allume, c’est peut-être déjà fait. Où tu ne prends pas un plaisir de fou à jouer avec la personne. Je ne sais pas pourquoi. Ça décale un truc, le fait qu’il y ait… Ok, à partir de maintenant, c’est du spectacle, c’est en public. Ça peut décaler un truc de rapport à l’autre. Et moi, ce que j’aime avec JP, c’est que ça décale rien. On va commencer la scène et aussi, ce qu’il y a d’exceptionnel, c’est qu’on se dit des trucs : « Non, là, franchement, tu l’as raté. Essaie un peu plus comme ça ». Des trucs que d’habitude, soit tu es gêné, soit tu ne vas pas oser le dire, soit il y a des trucs d’ego un peu mal placés qui font que… Tu vois ce que je veux dire ? Alors que là, on peut se dire des trucs désagréables. Non, franchement, tu la joues mal, je ne te crois pas là-dessus. L’un et l’autre. Et ça, en vrai, c’est précieux

Jean-Pascal Zadi
Parce qu’on est très honnête aussi l’un envers l’autre et parce que je pense qu’on est bienveillant et puis on s’aime pour de vrai. Moi, ça me ferait chier d’être dans un truc où je vois que toi, tu n’es pas bien ou que moi, je ne suis pas bien.

Raphael Quenard
Comme dans une équipe de foot, la passe. Pour mettre un ciseau acrobatique, il faut un bon centre. Donc là c’est pareil.

Jean-Pascal Zadi
Non, mais après, je pense qu’il n’y a pas de recette pour avoir un bon duo. Je pense qu’il y a peut-être eu des acteurs qui ne pouvaient pas se saquer, qui ont fait des très bons films, comme il y avait des gars qui kiffaient et qui ont fait des très bons films aussi. Donc, il n’y a pas de recette. J’ai l’impression que juste nous, notre truc, c’est d’être franc l’un envers l’autre, d’être honnête, d’être bienveillant. Moi, je ne veux pas qu’il soit nul dans le film. Lui, il ne veut pas que moi, je sois nul. On veut que tous les deux, on soit bien. On se le disait même. On se disait : « Non, il faut qu’on soit bien tous les deux ». On recommençait si on devait recommencer. Moi, je pouvais lui dire : « Ça, c’est naze ». Lui, il pouvait me dire : « JP, là, tu es nul ». Il n’y a aucun problème parce que je sais que derrière, c’est pour le bien du film et c’est pour moi. Et comme lui me souhaite plein de bonnes choses, moi, je lui souhaite plein de bonnes choses aussi.

Raphael Quenard
Et c’est le film qui gagne.

Booska-P
En parlant du film, les deux agents rêvent des Etats-Unis. Je m’étais dit : en tant qu’acteur, en tant que réalisateur et membre de l’industrie du cinéma, c’est quoi le rapport qu’on a aux US ? Est-ce que ça vous a fait rêver ? Est-ce que vous vous dites : « Hollywood, ça peut être pas mal », des petits rôles, etc. C’est quoi le rapport qu’on a ?

Jean-Pascal Zadi
Moi, alors c’est fou parce que moi, le rapport que j’ai au cinéma américain, c’est plus le rêve, c’est plus l’inaccessible, c’est plutôt les grosses productions. Et moi, le cinéma français, en fait, j’adore. Moi, j’adore le cinéma français, j’adore l’industrie française et je le prends comme mon cadre de travail, mais comme aussi quelque chose que j’aime. Et je n’ai pas d’ambition américaine à proprement dit. Moi, mes ambitions, c’est juste de faire des bons films. Moi, mon rapport au cinéma, je trouve que c’est un rapport très français. C’est-à-dire que moi, ce que je veux, c’est être dans des bons films avec des gars que j’aime. Alors qu’aux États-Unis, ils s’en tapent j’ai l’impression. Ils peuvent tourner avec un gars qui s’en fout, tu vois ce que je veux dire ? Mais je trouve que c’est très français, ce rapport-là au cinéma, assez familial, amical.

Booska-P
Ce truc de groupe, créer la bonne bande qui va faire que le film fonctionne réellement au-delà de l’écran presque…

Jean-Pascal Zadi
Exactement ! Moi, mon but ultime, c’est de travailler, faire des bons films avec des gens que je kiffe. Tu me dis de tourner avec un gars, ça se trouve, il est très bon, je le vois cinq minutes, mauvais délire et tout, je suis capable de dire : « Salam, on arrête ». Parce qu’un tournage, c’est long, tu laisses tes enfants, tu laisses ta vie, machin. C’est un moment, c’est quand même… C’est très long et laborieux, c’est un investissement.

Raphael Quenard
Il y a un truc je trouve qu’ils ont que nous on a moins, c’est le truc d’iconisation. Quand ils font des super-héros, c’est vraiment des super-héros planétaires, tu vois, de Scarface à John Wick, à De Niro dans Casino, Batman… Et en fait, ils ont une puissance de pénétration de nos esprits, de nos imaginaire que je trouve qu’on n’arrive pas à égaler. Peut-être faute de moyens, mais pas que, parce que tu regardes un Terminator, James Cameron a fait Terminator pour 6 millions d’euros. Ça veut dire qu’on pourrait faire Terminator.

Jean-Pascal Zadi
Mais en fait, c’est parce que je crois que la figure du héros américain, c’est vraiment une figure de la culture américaine…

Raphael Quenard
Et nous, on aime bien le côté looser.

Jean-Pascal Zadi
Nous, c’est les anti-héros, c’est Pierre Richard, des trucs comme ça. C’est notre culture.

Raphael Quenard
Et peut-être ça va aussi avec le truc de briller, d’assumer la grandeur, d’assumer genre après le truc.

Jean-Pascal Zadi
C’est pour ça que Le Rêve Américain , il est super parce que je trouve qu’on ose faire des héros. C’est la première fois qu’on fait une success story à la française. En tout cas, moi, c’est ce que je vois. Et je trouve que ce film-là, il a ça d’américain. C’est qu’on n’a pas peur de voir des gens galérer et c’est des héros qu’on aime et à la fin, ils deviennent magnifiques et tout. Je trouve qu’Anthony Marciano (le réalisateur, sic) a réussi ça même je trouve aussi dans l’envergure des plans, dans la mise en scène, dans ce que ça raconte, ça fait très cainri. Ça fait très très cainri de succès story, de mecs qui ne partent rien, qui y arrivent, qui galèrent.

Booska-P
Vous êtes césarisés tous les deux. Vous vous êtes essayés tous les deux à la réalisation. Et aujourd’hui, vous êtes quand même des figures sur lesquelles il y a des projets qui se montent, des projets à plusieurs millions d’euros, etc. rien que sur vos noms.C’est quoi le plus dur ? Garder les pieds sur terre ou enchaîner les projets ?

Raphael Quenard
Les pieds sur terre, ce n’est pas une galère J-P, si ?

Jean-Pascal Zadi
Non, ce n’est pas une galère. Je raconte un truc. Moi, c’est mon entourage aussi. Mon entourage est très…

Raphael Quenard
Comme il ne regarde pas forcément tous les films…

Jean-Pascal Zadi
Il ne me regarde pas du tout ! Qu’est-ce que tu racontes ? Il n’y a pas longtemps, il y avait une avant-première du Rêve Américain. J’ai invité ma nièce, ma soeur et mes neveux. Ma soeur n’est pas venue parce qu’elle était occupée et qu’elle n’avait pas le temps. Et ma nièce est venue dans le cinéma. Il y avait le rêve américain, il y avait La femme de ménage et elle est partie le voir…

Booska-P
Du coup, il nous reste quelques minutes. Bon, j’étais obligé de vous poser des questions sur le rap.

Raphael Quenard
Vas-y.

Booska-P
Si vous étiez un duo de rappeurs ? Qui vous seriez ?

Raphael Quenard
PNL, c’est bien. PNL, ce que j’aime, c’est le truc fraternel.

Jean-Pascal Zadi
Aaah oui !

Raphael Quenard
Mais c’est qu’il y a un vrai truc fraternel dans PNL qu’il n’y a dans aucun autre groupe. Et je ressens une énergie et un truc d’invincibilité qui tient à leur truc familial, qui dépasse tout et en fait qui est inatteignable pour tout le reste.

Booska-P
Ils ont pas percé tout de suite. Ils ont pas percé tout de suite. Ok pas mal du tout.

Booska-P
Non, vous avez une passion commune : le J ! Racontez moi votre rapport à Jul.

Jean-Pascal Zadi
Au début j’ai dit à mon neveu mais pourquoi tu écoutes ça, frère ? Ce n’est même pas du rap. Mon neveu, il m’a regardé, il m’a dit : Mais tonton, ce n’est pas du rap, c’est de la pop urbaine. Mon cerveau, il s’est retourné, j’ai dit : Ah ouais ! En fait, il faut que j’arrête de voir ça dans le prisme rap, rap. C’est que de la musique, c’est de la pop urbaine, c’est pour nous. Dès qu’il m’a dit ça, mon neveu, je suis rentré dedans, j’ai tout écouté. Tout ce qui était rap, je l’ai pris en rap et tout ce qui était pas rap, je l’ai pris comme ça devait être. C’est de la musique, c’est fait pour nous faire kiffer. On parle un peu du ghetto, mais d’un autre point de vue. C’est très rue, très street. Même quand il parle d’amour, c’est la street, mais c’est l’amour.

Raphael Quenard
Et en fait, moi, j’ai eu lui en maladie. J’ai carrément déjà dit à mon frère : j’arrive pas à arrêter d’écouter Jul. J’ai un problème, je dois toujours le mettre comme ça. Je l’écoute au moins une fois par jour depuis 2014. C’est-à-dire, j’ai passé plus de temps avec Jul qu’avec 99,9999999 % des gens que j’ai connus sur Terre…

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