Actualités Pop-Culture

Robert Pattinson, le prime infini

Robert Pattinson, le prime infini

L’année 2026 marque le retour spectaculaire de Robert Pattinson au premier plan. 

Après s’être éloigné des blockbusters au lendemain de la saga Twilight, l’acteur britannique enchaîne désormais les projets d’envergure.

En deux décennies de carrière, Robert Pattinson n’a jamais cessé de repousser ses limites, privilégiant les rôles exigeants et les projets audacieux aux productions formatées.

À 40 ans, il s’impose ainsi comme l’un des comédiens les plus polyvalents de sa génération, capable de passer d’un cinéma d’auteur ambitieux aux plus grandes productions hollywoodiennes. Robert Pattinson n’est jamais là où on l’attend.

Analyse du parcours du caméléon du 7e art. 

Une trajectoire surprise après Twilight 

On se rappelle tous de notre première rencontre avec Robert Pattinson. En 2005, avec son rôle de Cédric Diggory dans Harry Potter et la Coupe de feu, puis quelques années plus tard à travers les cinq films de Twilight, dans lesquels il interprète Edward Cullen.

Très vite, l’étiquette de sex-symbol et idole des adolescentes lui colle à la peau. « Il n’a pas une beauté classique. Je ne suis même pas sûr qu’on puisse dire qu’il est « beau », mais il a une gueule et un vrai charisme. Son visage, qu’il se plaît à transformer dans ses films par ailleurs, traduit bien l’étrangeté qu’il dégage. C’est une force », développe Thomas Desroches, journaliste cinéma chez AlloCiné.

Il a une vraie gueule, un vrai charisme.

Pourtant, Robert Pattinson trace son propre chemin en bifurquant. Au point de devenir une star anti-star-system.

Il se tourne rapidement vers des rôles inattendus. De quoi désarçonner ses premiers fans. Mais peu importe. 

L’acteur prend goût à la métamorphose, multipliant les personnages aux antipodes de l’image qui l’a révélé au grand public. Il est déterminé à faire taire les mauvaises langues et à convaincre les sceptiques. « J’évalue constamment les risques. J’envisage toujours le pire avant de choisir un rôle, ça rend les gens un peu fous autour de moi. Surtout quand je finis par dire : “Bon, allez, c’est décidé, je vais jouer un gardien de phare qui couche avec une sirène !” », exposait Robert Pattinson en 2022 pour GQ. 

En 2012, Cosmopolis devient l’un des premiers marqueurs de cette nouvelle trajectoire. Il interprète Eric Packer, un jeune milliardaire froid, énigmatique et extrême. « Avant même que le dernier chapitre de Twilight ne sorte au cinéma, il tenait le premier rôle de Cosmopolis de David Cronenberg. J’étais allé le voir à l’époque et je me souviens avoir détesté le film, non pas parce qu’il était mauvais, mais parce qu’il était peu aimable et particulièrement radical pour un public adolescent. Il entamait déjà le parcours que l’on connaît aujourd’hui », rappelle Thomas Desroches.

Avec Good Time en 2017, Robert Pattinson franchit un nouveau cap. Réalisé par les frères Safdie, le film le propulse dans la peau de Connie Nikas, un petit délinquant new-yorkais prêt à tout pour sauver son frère après un braquage qui tourne mal. Loin du vampire romantique qui l’a rendu célèbre, l’acteur apparaît méconnaissable : cheveux décolorés, regard fiévreux et allure négligée. Il se fond dans la peau d’un personnage aussi imprévisible qu’immoral.

Deux ans plus tard, en 2019, Robert Pattinson donne la réplique à Willem Dafoe dans The Lighthouse. Il y incarne un gardien de phare progressivement gagné par la folie. Encore une fois, il pousse son interprétation dans ses derniers retranchements. 

L’année suivante, Robert Pattinson fait face à Tom Holland sur Le Diable, tout le temps. Il y campe le révérend Preston Teagardin, un prédicateur aussi charismatique qu’inquiétant. 

L’acteur joue sur les contrastes. Derrière son sourire avenant et son apparente assurance se cache un personnage manipulateur, pervers et profondément dérangeant.

Il met sa popularité au service d’un cinéma beaucoup plus exigeant et moins conventionnel.

Enfin, impossible de passer à côté de Tenet. En 2020, Robert Pattinson rejoint Christopher Nolan pour ce blockbuster d’espionnage aux mécanismes temporels complexes. Dans la peau de Neil, Pattinson se montre élégant, sarcastique et difficile à cerner.

Avec Tenet, l’acteur prouve qu’il n’a pas besoin de choisir entre cinéma indépendant et blockbuster. 

À chaque apparition, Robert Pattinson démontre sa capacité à explorer des registres très éloignés, sans jamais s’installer dans une zone de confort.

Surtout, il ne choisit pas uniquement des réalisateurs capables de livrer de grands films. Il s’entoure de cinéastes dont l’univers est suffisamment fort et singulier pour donner envie de découvrir leurs œuvres. Plus qu’un rôle, Pattinson semble chercher un univers dans lequel se réinventer. « Je ne parlerais pas d’un quelconque retour au premier plan. Depuis Twilight, Robert Pattinson a eu plusieurs premiers rôles et n’a aucun mal à accepter un rôle secondaire tant que celui-ci est intéressant et lui permet de relever des défis. Il met sa popularité au service d’un cinéma beaucoup plus exigeant et moins conventionnel. Même les blockbusters auxquels il participe sont signés par des auteurs. Je pense que c’est le meilleur de sa génération », analyse Thomas Desroches.

Le tournant Batman

Sur le papier, il semblait difficile d’imaginer Robert Pattinson enfiler un jour le costume de Bruce Wayne, alias Batman. Pourtant, Matt Reeves voit en lui le visage de son Chevalier noir. « Je n’ai jamais auditionné, et je n’avais jamais incarné de super-héros auparavant. Deux ou trois ans avant d’avoir le rôle, j’ai commencé à y penser, alors que je n’avais vraiment aucune chance. Et puis, lentement, il y a eu comme un alignement de planètes », rapportait Robert Pattinson à Technikart en mars 2025.

Dès la sortie de The Batman en 2022, l’acteur britannique impose une interprétation différente de celles qui l’ont précédé. Plus torturé, vulnérable et introspectif, son Bruce Wayne évolue dans un Gotham poisseux, où la frontière entre vengeance et justice devient de plus en plus floue.

Après plusieurs incarnations devenues cultes, Pattinson s’approprie à son tour le personnage mythique, tout en apportant une dimension plus sombre et tourmentée au justicier de DC. « The Batman lui a permis de séduire un autre public, beaucoup plus masculin. Un peu comme Timothée Chalamet avec Dune », poursuit Thomas Desroches.

C’est le meilleur acteur de sa génération.

Une année 2026 exceptionnelle 

Après Mickey 17 de Bong Joon-ho et Die My Love aux côtés de Jennifer Lawrence, Robert Pattinson passe la seconde en 2026.

Cette année particulièrement chargée le voit multiplier les collaborations avec des cinéastes et des studios de premier plan. « Il pourrait entrer dans la période “Christian Bale » de sa carrière », estime le média Deadline, à propos de Robert Pattinson, en comparaison avec le parcours de l’acteur britanno-américain. 

Robert Pattinson commence avec The Drama, une comédie romantique déjantée avec Zendaya et enchaîne avec le nouveau bébé de Christopher Nolan, L’Odyssée dans le rôle d’Antinoüs. Il est d’ailleurs le seul de la distribution du film à avoir voulu lire le scénario avant d’accepter de jouer. Un choix qui témoigne de l’importance qu’il accorde à ses projets. « C’est une chose d’être bon acteur, mais avoir du goût et de la curiosité en est une autre. Robert Pattinson a tout ça. Il y a comme un lien de confiance qui se tisse entre les cinéphiles et lui. On se dit que s’il apparaît dans ce film, c’est qu’il doit forcément être intéressant », insiste Thomas Desroches.

Mais Robert Pattinson ne s’arrête pas là. Actuellement, il est à l’affiche de Primetime, un thriller psychologique produit par le studio indépendant A24 et réalisé par Lance Oppenheim. « C’est un rôle qui lui permet de jouer sur le fil, à deux doigts de sombrer dans une sorte de folie. Le personnage est persuadé de faire le bien, pourtant il est extrêmement inquiétant. Cette ambivalence caractérise bien le travail de Robert Pattinson depuis des années », dissèque Thomas Desroches. 

Il y a comme un lien de confiance qui se tisse entre les cinéphiles et lui.

En incarnant Chris Hansen, présentateur de l’émission To Catch a Predator, spécialisée dans le piégeage de prédateurs sexuels en direct, Robert Pattinson livre une prestation viscérale. Sa performance a déjà alimenté les discussions autour d’une éventuelle première nomination à l’Oscar du meilleur acteur. « Robert, à chaque prise, il se jette dans le vide. C’est vraiment l’impression que ça donne. Il y a comme une sorte d’électricité qui le traverse, qui imprègne son jeu et qui se ressent dans chaque scène », racontait Skyler Gisondo, à AlloCiné, partenaire de l’acteur sur Primetime. 

Et comme si ce n’était pas assez, il incarnera Scytale, le principal antagoniste de Dune : Part Three, réalisé par Denis Villeneuve et attendu en France le 16 décembre prochain.

Si l’on résume, Robert Pattinson est présent cette année, sur le plus gros succès de l’histoire du studio Universal avec L’Odyssée et l’un des blockbusters majeurs de la décennie, avec le dernier opus de Dune. À 40 ans, Pattinson semble avoir trouvé son terrain de jeu : celui d’un acteur qui préfère surprendre plutôt que rassurer.

Quelle suite pour Robert Pattinson après cet incroyable run ? Le tournage de The Batman 2 et enfin un peu de repos, avant une éventuelle première nomination aux Oscars, dont la cérémonie est prévue le 14 mars 2027. « Il faut commencer à mettre de l’argent de côté pour les pots-de-vin. Je vais répéter mes concurrents et les éliminer », ironisait-il dans les colonnes d’AlloCiné. 

Le retour sur grand-écran du super héros est prévu pour février 2028. En attendant, ses plus grands fans pourront se refaire la filmographie singulière du natif de Londres. « The Batman II est extrêmement ambitieux. C’est vraiment un virage par rapport au premier », affirmait l’acteur britannique à Collider. 

Depuis la fin de la grève des scénaristes, Robert Pattinson enchaîne les tournages. S’il a tiré sur la corde, il n’éprouve aucun regret. « Je voulais faire chacun de ces films. Et j’ai réussi à tout faire rentrer dans mon emploi du temps. Je terminais un film et j’enchaînais directement avec le suivant. Je suis directement passé de Primetime à L’Odyssée. Je pense qu’il faut profiter du moment tant qu’il est là. C’est absolument incroyable. Je suis simplement reconnaissant pour tout ça », a-t-il avoué à Fandango. 

Vingt ans après avoir séduit les adolescentes du monde entier, Robert Pattinson voit tous les cinéphiles être mordus à leur tour. L’époque du vampire romantique de Twilight est bien loin désormais.

Et si son prime ne faisait que commencer ?

Dossiers

VOIR TOUT

À lire aussi

VOIR TOUT