Mous-K : « J'essaye d'apporter un certain message » [INTERVIEW]

Rencontre avec le jeune rappeur du 91 à l'occasion de la sortie de « La Quicka ».

par ThomasRenard

Crédits Photos : Antoine Ott.

Au rayon des découvertes de ces derniers mois, Mous-K a tiré l'attention de la plateforme YouTube avec un gros freestyle en guise de carte de visite, le fameux Rentre dans le 91 qui culmine aujourd'hui à plus de 3 millions de vues. Représentant de la ville de Corbeil-Essonnes, il aura ensuite livré une multitude de freestyles, mais également une mixtape : La Quicka. Un opus dans lequel il a démontré toute sa polyvalence, lui, le jeune rimeur toujours concentré sur un message à faire passer. Mous-K, ou quand un rappeur veut affirmer sa maturité dès son premier projet. 

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Tu es né à Marseille, puis tu as grandi à Corbeil-Essonnes. C'est une bonne base pour se lancer dans le rap...  

Avant tout, je me considère aujourd'hui comme un mec du 9-1, de Corbeil. Je suis né à Marseille, mais vers l'âge de 5 ou 6 ans je suis monté à Paris. Après voilà, j'ai passé ma jeunesse à Paris, j'ai grandi sur Paris... Donc c'est normal que je me sente Parisien. C'est tout simple, je suis un Parisien né à Marseille. 

As-tu plus été influencé par le 91 ou Marseille ? 

Ce qui m'a influencé, c'est surtout le département du 91. Les mecs de l'Essonne ont eu une influence directe. Il faut savoir qu'avant, on n'avait pas forcément la lumière qu'on a aujourd'hui sur nous, mais on a toujours continué d'envoyer du lourd, du très lourd même. Je suis notamment proche du rappeur FSK. 

C'est d'ailleurs lui qui t'a poussé au rap. Tu peux nous en dire plus ? 

FSK, c'est un grand de chez moi. Il y a encore un peu plus de quatre ans, il rappait encore dans un groupe qui s'appelait E2M (Equipe 2 Malades, qui comptait notamment dans ses rangs Sirsy, aujourd'hui plus connu sous le nom de Yaro ndlr). Encore avant ça il rappait seul... Donc ça fait que depuis tout petit, je l'écoute. On se connaît grâce au quartier, notre contact vient de là. Il a arrêté le rap pour des raisons personnelles et moi, j'ai décidé de continuer. Donc aujourd'hui, il peut me donner des conseils sur certaines choses. 

je me considère aujourd'hui comme un mec du 9-1, même si je suis né à Marseille

Autre feat du projet, mais cette fois de Marseille : Elams. 

Le feat avec Elams s'est fait très naturellement, car on est en contact depuis pas mal de temps maintenant. C'est parti d'un délire en fait. J'avais déjà bouclé la mixtape quand Elams m'a demandé où j'en étais et m'as dit « alors comme ça tu ne m'as pas prévenu ? » (rires). Le truc, c'est qu'à la base je voulais me concentrer sur une mixtape entièrement en solo. Mais au moment où on m'a conseillé de faire minimum un ou deux featurings, j'ai évidemment fait confiance à Elams. 

Tu as préféré faire confiance à tes proches.

Voilà, c'est exactement ça. Je n'ai pas voulu trop me mélanger sachant que c'est ma première mixtape. Je n'ai pas encore trop d'amis dans le rap, pour une tape que je vois comme une carte de visite, c'était mieux pour moi de me présenter en solo que d'arriver avec plein de gens que je ne connais pas. 

Faire des feats, t'ouvrir un peu plus, c'est quand même un objectif pour toi ? 

Bien-sûr, on fait avant tout de la musique. Je ne suis pas non plus dans un délire où je refuse de me mélanger. Faire des collaborations, ça fait partie du business, du rap en général, mais là, La Quicka c'est ma carte de visite. En cas d'éventuel buzz, on ne viendra pas me dire que c'est grâce à untel ou untel. Pour l'instant, je préfère faire mon trou petit à petit. 

Tu disais que ton secret, c'était ta polyvalence. C'est vrai que t'as mis ça en oeuvre dans ta tape. 

Me voir sur autre chose que des freestyles et du kick, personne ne s'y attendait. Mon truc à la base, c'est le kick, alors quand les gens ont vu qu'il y avait 17 sons, ils se sont forcément demandés si j'allais être dans du kickage du début à la fin du projet. Ils ont au final constaté que l'intensité diminue sur certains morceaux et que je suis capable d'aller vers d'autres sonorités. 

Me voir sur autre chose que des freestyles et du kick, personne ne s'y attendait

T'as d'ailleurs beaucoup de sons introspectifs... Montrer qui tu es, c'est important pour toi ? 

Bien-sûr, si je n'ai pas de message à transmettre, je ne rappe pas. Chez moi, ça ne sert à rien de rapper ce que je ne vois pas, ce que je ne connais pas, ce que je ne maîtrise pas. Je ne vais pas m'inventer une vie. C'est intéressant car on peut se demander ce que je vais bien raconter dans mes sons plus tard. Aujourd'hui, je préfère faire dans ce que je maîtrise. 

Le fil rouge du projet, c'est l'envie de s'en sortir. 

Le message que je veux transmettre c'est ça : je ne suis pas fier d'avoir fait certaines choses. A ce que je sache, personne n'est fier d'avoir fait des conneries. Dans le morceau A qui la faute je dis « on veut s'en sortir, ils veulent nous salir », je parle de plusieurs personnes, de l'Etat... Car il y a toujours des freins dans ta vie. Je rappe aussi ça : « Je n'ai pas vendu pour faire le beau, j'veux plaire à personne dans la cité ». Si j'ai fait ça, c'est vraiment par nécessité. 

T'as commencé à écrire tes premiers textes à l'âge de 10 ans... Qu'est-ce qu'il s'est passé pendant tout ce temps ?

Il s'est passé beaucoup de choses. En décembre ça va faire 10 ans que j'ai commencé ouais... J'ai passé ma jeunesse entre ici et le bled (les Comores ndlr) car j'avais fait des bêtises. Mais une fois que je suis revenu, j'ai gagné en maturité, même si j'ai quelques ennuis avec la justice. Maintenant, je pense que c'est le bon moment dans ma vie pour parler de ces fameux dix ans !

A l'époque, tu t'imaginais rappeur ? Tu vis ça comment ? 

Non et même il y a trois ans, je n'y croyais pas. En tout cas pas à ce stade. Jamais de ma vie j'ai imaginé sortir un projet un jour, c'est arrivé tellement vite. Je le vis plutôt bien car c'est ma passion. Si ça peut me permettre de m'en sortir, pourquoi pas ! 

personne n'est fier d'avoir fait des conneries

Alors que « La Quicka » est sortie, comment tu envisages désormais la suite ? 

Une semaine après la sortie, on a commencé a retourné en studio. Je me sens déjà prêt à envoyer du lourd, c'est grâce aux retours que j'ai eu sur la mixtape, ça me motive, ça me donne vraiment envie de tout n*quer. 

Quel est le retour qui t'a le plus touché ? 

C'est quand les plus anciens me disent que je ne rappe pas forcément comme les mecs de ma génération, que je suis plus axé sur le message. Quand on te dit que t'as de la maturité, c'est un truc qui fait plaisir, ça prouve que j'ai ma personnalité. Ecrire, c'est facile pour moi car je rappe pour faire passer un message. Je peux faire de l'egotrip, mais mon but, c'est d'abord d'apporter un certain message. 

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Auteur (@booska_p )

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