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La Manita pour Cinco [PORTRAIT]

Posté le 20 Novembre 2018 à 19h50, par ThomasRenard
La Manita pour Cinco [PORTRAIT]

Crédits Photos : Antoine Ott.

 

Dans un rap français qui lorgne chaque jour vers de nouvelles sonorités, Cinco a fait le choix d'être différent, assumant ses préférences situées de l'autre côté de l'océan atlantique. Chez l'artiste de Choisy-le-Roi (94), on croise donc une multitude de références aux apôtres du game US, avec un Lil Wayne bien entendu assis au milieu de La Cène. Alors que le jeune artiste sort le cinquième volet de sa série de mixtapes TYA, Booska-P vous propose de découvrir un bonhomme au caractère bien trempé...

Des influences assumées 

Se décrire comme le « first french mumble rapper », voilà qui n'est pas chose aisée. Pourtant, Cinco assume, les deux pieds dans l'hexagone et la tête aux USA : « J'ai commencé à rapper à 11 ans. A l'époque, on ne parlait pas de mumble rap en France. Ensuite, la vague est arrivée avec du Young Dolph, du Johnny Cinco, etc. C'est un truc qui j'apprécie et je me suis dit que c'était à mon tour de faire ça en français. »

Il faut dire que gamin, le rappeur a été foudroyé par un nom bien connu de tous, Lil Wayne. Et même si certains poids lourds du game local ont évidemment joué un rôle dans sa venue au rap, c'est vraiment Dwayne Michael Carter Jr. qui a fait la différence : « Du côté des français, j'aimais Booba et la Sexion D'Assaut. C'est vraiment la Sexion qui m'a donné envie de m'y mettre, j'allais les voir en concert, etc. Mais Lil Wayne, c'est vraiment le boss pour moi. Je regardais ses clips sur MTV et je me disais "je veux être comme lui". L'album Carter II a aspiré mon âme. La petite voix, l'autotune... C'était trop pour moi d'un coup. » 

L'album Carter II a aspiré mon âme. La petite voix, l'autotune... C'était trop pour moi d'un coup

Attaché à l'idée de faire les choses à sa manière, sans se coltiner les codes d'un rap bien de chez nous, Cinco donne le change dans l'attitude, la gestuelle, mais aussi le flow ou encore le style vestimentaire. Lui, tranche dans le vif : « Si c'est pour faire comme tout le monde, ce n'est pas la peine. Je fais plein de choses pour être moi-même. Si je veux me tatouer le visage, je le fais. Si je suis différent, c'est tant mieux. »

De là à l'imaginer collaborer avec un anglo-saxon pur-jus, il n'y a qu'un pas, que le jeune homme espère franchir d'ici peu : « Je suis quelqu'un d'un peu décalé et c'est quelque chose qu'on peut retrouver aux Etats-Unis, donc forcément, j'ai déjà pensé à ça. C'est quelque chose qui pourrait se faire, même avec des anglais. » Il poursuit, s'autorisant même le droit de rêver un peu : « Dans l'idéal, je voudrais bosser avec Lil Wayne, même si c'est le genre de collaboration qui n'existe pas » ! 

Un rappeur instinctif

« Aujourd'hui, ça fait douze ans que j'écris mes sons, donc évidemment, ça devient plus facile de trouver mes mots » partage un Cinco sûr de sa force. Jamais vraiment focalisé sur un thème en particulier, il aborde sa musique selon le mood du moment. Cherchant à faire baigner l'auditeur dans une « atmosphère » plus qu'à le clouer avec un sujet précis, le rappeur a fait des phases imagées une spécialité. 

Pour faire simple, Cinco n'agit jamais sous la contrainte lorsqu'il gratte ses textes : « Tout dépend de l'humeur, mais j'écris tous les jours. Même s'il ne se passe pas des choses de fou tout le temps dans ma vie, je vais écrire selon comment je me sens. Je peux être triste ou pas, l'instru va me donner l'inspiration. En général, ça sort tout seul, je ne me force pas à trouver des thèmes. Quand tu écoutes un son, peut-être que tu peux en trouver un, même si à la base ce n'est pas mon but. » 

En général, ça sort tout seul, je ne me force pas à trouver des thèmes

S'il aborde tout de même le thème des femmes, car elles sont présentes dans sa vie, l'artiste joue souvent de l'egotrip. Comme une madeleine de Proust qui le renverrait à ses débuts : « Quand tu commences à faire du son, tu te diriges souvent vers l'egotrip, tu ne vas pas t'embêter à trouver des thèmes et aborder plein de sujets. » 

Côté des productions, même manière de procéder que le petit prince du mumble à la française : « J'aime bien quand on donne la chance à tout le monde, peu importe si le beatmaker est connu. Une instru, je l'aime, je la prends, je ne me pose pas de questions ». De quoi occasionner quelques déconvenues assez cocasses au moment de retrouver les auteurs de certaines instrus : « Des fois, je dois même retrouver les beatmakers après avoir posé » ! 

« TYA 5 », un nouveau départ 

C'est peu dire qu'au cours de ces dernières années, Cinco a été productif, proposant pas moins de 5 épisodes à sa série de mixtapes TYA. Cependant, le dernier volet dont il est question aujourd'hui a une saveur particulière pour lui. Un projet qu'il juge « mieux travaillé » que les précédents : « En fait, sur les écrits ça a été la même chose, ça s'est joué au feeling avec chaque instru. Là où on a changé notre manière de bosser, c'est du côté du mix. On a fait plusieurs masters, c'est quelque chose de moins brut. On terminé un son et on le balançait comme ça. Là, c'est plus réfléchi ». 

Un opus boosté par un gros single, Chain, signé en compagnie de Cheu-B. Un featuring qui coule de source, tant le rappeur du 17ème arrondissement de Paris semble l'artiste le plus proche de lui stylistiquement parlant. Une collaboration dont Cinco nous livre les secrets : « A la base, on a un beatmaker en commun. La connexion s'est faite comme ça puis on a bien accroché lors de notre rencontre. Humainement, c'est un super-gars, du coup on s'est très naturellement entendus en studio. Il est comme moi, assez loin dans son délire et inspiré des cain-ris. On peut parfois se rejoindre dans les attitudes, les flows, ou même les instrus. »

La scène c'est hardcore, il y a des émotions, de l'enjaillement, des sourires... C'est ce que les artistes recherchent 

Une dernière mixtape comme un nouveau départ, illustré par une signature chez Play Two. Une nouvelle marche de franchie pour le Choisyen, qui ne boude pas son plaisir : « C'est le feu, il y a des bonnes personnes qui travaillent dans le bon sens. On ne connaissait pas grand chose à l'industrie, honnêtement. Et comme on cherche toujours à apprendre, c'est le bon endroit » ! Une véritable structure, rien de mieux pour travailler sur un album en bonne et due forme, bien que cela ne soit pas tout de suite dans les plans de Cinco : « Le mot album me fait un peu peur. Je pense qu'il faut attendre le bon moment, que la cote monte et que la fan base grossisse. Un album, c'est comme une explosion, une concrétisation... Je prendrais beaucoup plus de temps que pour une tape, je ne dormirais même plus ! Je passerais mon temps à vouloir trouver des mélodies de fou (rires) » ! 

En termes de concrétisation, il aura tout récemment secoué la Boule Noire, célèbre salle parisienne. La scène et Cinco, une relation « hardcore » d'après lui : « Il y a des émotions, de l'enjaillement, des sourires... C'est ce que les artistes recherchent ». Une grosse connexion avec son public, quoi de plus parlant pour faire sa place dans le game ? Pas grand chose, évidemment, pour un Cinco qui a les idées claires. Lorsqu'on lui demande un dernier mot, voici ce qu'il répond, « Retenez mon nom »

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Auteur (@booska_p )

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