DJ Khaled : les critiques de son album « Khaled Khaled » sont tombées

Que vaut le dernier album du plus Khaled de tous les DJ ?

par Aurelien B

Le vendredi 30 avril dernier, DJ Khaled a sorti son douzième album studio. Sobrement intitulé Khaled Khaled (respectivement son prénom et son nom de famille à l'état civil), il a été enregistré dans le plus grand des secrets, ce qui tient du prodige pour peu que l’on se penche l'impressionnante liste des invités.

Parmi la trentaine de noms présents sur la tracklist (!), on retrouve évidemment les traditionnels Drake, Lil Wayne et Justin Bieber, les potos businessmen Jay Z et Puff Daddy, ainsi que les nouveaux venus DaBaby, Megan Thee Stallion et Cardi B – plus une Beyoncé non créditée venue dire « Heeey ».

Comme à l’accoutumée, la recette s’accompagne de l’enthousiasme débordant du Jerry Bruckheimer du rap.

Khaled Khaled est-il l’album qui va sauver le monde ? L’indigestion guette-t-elle celles et ceux qui vont écouter le projet d’une traite ?

Voici ce qu’en a pensé la critique US.

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Pour Rolling Stone, Khaled Khaled marque ni plus ni moins un retour à la normale.

« Étrangement, cet album et sa poignée de hits radio réconforte. Il indique qu’il est temps de remettre le nez dehors. Qu’il est temps de reprendre un Uber pour aller d’un bar à un autre, de se promener dans le quartier, d’aller dans des soirées sans que cela dégénère en crise sanitaire. »

« Khaled Khaled est un album pour la vie de tous les jours, une sorte de fenêtre sur le monde qui nous attend (espérons-le) dans les prochaines semaines. »

Clash Music attribue de son côté un bon 8/10 à la galette, arguant du fait que « Khaled Khaled n’est certes jamais subtil pour un sou, mais divertissant en diable », car comparable à « une course folle ou à un grand huit ».

Notez que parmi les meilleurs moments, le duo Sorry Not Sorry entre Jay Z et Nas a particulièrement retenu leur attention : « C’est un morceau pour les livres d’histoire. Le fait que deux des plus grands emcees newyorkais se mesurent ici d’égal à égal démontre le pourvoir de l’exubérance de DJ Khaled. »

Et de conclure ironiquement : « Peut-être devrait-il considérer d’aller prochainement exercer ses talents au Moyen-Orient ? »

« Le rap Bitcoin »

Chez Pitchfork, le son de cloche est quelque peu différent puisqu’en sus de la faible qualité de la musique proposée, c’est l’ambiance de capitalisme triomphant qui excède.

« Les albums de Khaled n’ont pas toujours été aussi misérables. Il y avait toujours posse cuts très cools ainsi qu’une réelle admiration pour les poids lourds invités. Bien sûr, sa personnalité a toujours été ce qu’elle est, mais on n’en était pas à ce degré de parodie. »

En lieu et place d’une critique en bonne et due forme, le site préfère d’ailleurs lister « les pires moments capitalistes » de l’album, de Meek Mill qui tente de convaincre que les milliardaires sont des gens cools, à Drake qui se plaint d’être riche, en passant par Rick Ross qui rime sur son portefeuille d’actions, ou encore Nas qui se dépeint en « Scarface de la cryptomonnaie » (hein !?).

Bien que Vulture, qui décrit Khaled comme (prenez votre respiration) « un Palestino-Américain de la Floride du Sud devenu mogul, publicitaire et influenceur, qui, 15 ans auparavant a investi le business de compilations rap », a titré sa chronique DJ Khaled ne changera jamais. Et d’ailleurs pourquoi le devrait-il ?, les lignes qui lui sont consacrées ne sont cependant pas des plus flatteuses.

D’une part parce que si « les bonnes personnes ont été appelées, c’est comme si personne n’avait su quoi faire d’elles », et de l’autre, parce que le sampling intempestif est « cyniquement nostalgique ».

« Sampler et revisiter d’anciens hits ne présente en soi rien de nouveau, mais rarement on aura vu dans le rap mainstream un album qui plonge à ce point dans le passé. »

Et de citer pour appuyer son propos les échantillonnages de Heart of the City et Song Cry de Jay Z, Dey Know de Shawty Lo, All That I Got Is You de Ghostface et Mary J. Blige, Welcome to Jamrock de Damian Marley, Long Kiss Goodnight de Biggie….

Tout ceci n’est cependant que de la petite bière comparé à la force de frappe de notre ami disc jockey qui, quoi qu’il arrive, s’en sortira comme un charme.

« Si vous passez à côté de l’album, peut-être tomberez-vous sur sa collaboration avec Dolce & Gabbana. Si la collab’ est trop chère pour vous, vous gouterez sûrement à son alcool. Si votre truc, c’est la sobriété, vous le verrez forcément faire le clown sur TikTok ou poster sur Instagram. »

« Où que vous soyez sur Internet, DJ Khaled vous trouvera. »

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Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien B : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1916 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

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