Ces rappeurs qui ont appuyé sur la gâchette ! [DOSSIER]

Si les guns de certains font « pow pow », d'autres font « BOUM BOUM »...

par Aurelien

« Blue Steel », « chopper », « strap », « chrome », « heater », « piece », « nine », « buddy »l’argot utilisé par les rappeurs pour parler des flingues est sans fin.

Il faut dire qu’au pays du port d’armes pour tous, ils ne sont jamais les derniers de la classe quand il s’agit de faire l’apologie de leurs joujoux par balle – au point que l’on puisse parfois se demander si certains textes et clips ne sont pas directement sponsorisés par la NRA.

Bien que nombreux se sont un jour baladés avec une arme à feu (que ce soit pour conduire leurs affaires dans leurs jeunes années ou pour frimer en pleine gloire), rares sont les MC qui ont effectivement pressé la détente IRL.

Voici cinq exceptions, pas nécessairement des plus glorieuses.

 

Ce jour où Jay Z a tiré sur son frère

Hustler en culottes courtes, le jeune S. Carter commence à dealer du crack dès ses 12 ans. À l’inverse, son grand frère Eric, 16 ans, préfère lui s’adonner aux joies de la pipe à eau.

Alors qu’un jour il le surprend en train de lui voler l’une de ses bagouzes en plaqué, le futur roi de New York saisit son arme et fait feu.

« J’ai alors cru que ma vie était finie. J’ai cru que j’allais aller en prison pour toujours… C’était terrible. J’étais un garçon, un enfant. J’étais terrifié. »

Fort heureusement les choses ne se sont pas passées comme ça. Non seulement son frangin ne va pas le poursuivre en justice, mais il va en plus s’excuser pour son comportement lorsque Jay lui rend visite à l’hôpital.

Hov’ fait brièvement référence à cet incident sur son second album paru en 1997 In My Lifetime, Vol. 1. Dans le morceau You Must Love me, il rappe tout en allusions : « Saw the devil in your eyes, high off more than weed, confused, I just closed my young eyes and squeezed » (« J’ai vu le diable dans tes yeux, t’étais défoncé et pas à la weed, déboussolé, j’ai juste fermé les yeux et appuyé sur la gâchette »).

Si le MC s’est ensuite fait tirer dessus à trois reprises, c’est la dernière fois qu’il s'est servi d’un gun.

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Ce jour où Lil Wayne s'est tiré dessus

L’année de ses 12 ans, le Ptit Dwayne rentre plus tôt de l’école et se retrouve seul à la maison. Alors qu’il est en train de regarder le clip Big Poppa de Notorious B.I.G., il aperçoit dans la chambre de sa mère un Taurus 9 mm qui traine par là.

Weezy enlève le chargeur et commence à jouer au dur devant le miroir, sans savoir qu’une balle est encore logée dans le canon.

Lorsqu’il plaque le gun sur sa poitrine, le coup part et lui transperce le corps.

Si par miracle aucun organe vital n’est touché, il s’effondre sur le sol entre la vie et la mort – la blessure peut être vue en gros plan dans le clip Mirror. Gisant dans son sang, il a toutefois la présence d’esprit de composer le 911. À l’opératrice qui l’interroge sur ce qu’il se passe il répond : « You will find out when you get here ».

Weezy doit sa survie à un officier de police, Robert Hoobler, qui bien qu’hors-service, répond le premier à l’appel. Lorsqu'il arrive sur place, il frappe deux fois à la porte avant de la défoncer et d’emmener lui-même le rappeur à l’hôpital voyant qu’aucune ambulance n’est disponible.

Fan de hard rock, Hoobler a très longtemps ignoré que le jeune garçon à qui il a sauvé la vie est devenu une rap star.

Dix ans plus tard, les deux hommes se retrouvent par le plus grand des hasards dans un restaurant de la Nouvelle Orléans. Après avoir échangé quelques mots, Lil Wayne lui paye l’addition.

 

Ce jour où Havoc a tiré sur un directeur artistique

Il s’en est fallu de peu pour que l’aventure Mobb Deep prenne fin sitôt commencée.

Après s’être fait lourder du label 4th & B’way, Prodigy et Havoc tentent de retrouver un nouvel employeur. Alors qu’ils ont décroché un rendez-vous chez Russell Simmons (fondateur et bawse de Def Jam), le duo fait un détour par les locaux du label situé en amont dans la rue pour déposer le flingue de Pee dans le tiroir d’un DA qu'ils connaissent bien.

Finalement Simmons annule le meeting au dernier moment, et les deux rappeurs retournent dans les bureaux pour rencontrer Lyor Cohen. Ce dernier leur explique que leur musique est trop violente et trop vulgaire pour qu’il les signe.

Avant de quitter Def Jam, ils demandent quelques posters de Slick Rick et De La Soul à leur pote directeur artistique.

Havoc récupère entretemps le gun de son compère et s’amuse avec en le pointant sur lui. Quand le DA revient avec le merchandising, H lui fait le même coup, sauf que cette fois une balle part accidentellement et le frappe en plein abdomen.

La fine équipe détale bille en tête, avant d’être stoppé par Ali Shaheed Muhammad, le DJ du groupe A Tribe Called Quest. Havoc s’exclame complètement paniqué : « C’était involontaire ! Je ne voulais pas le shooter ! Tu dois me planquer, m’emmener en Floride ! ».

La police finit par l’arrêter et l’embarquer.

Le lendemain matin, quand Prodigy est réveillé par sa mère pour aller à l’école, il entend à la radio qu’un exécutif du label Def Jam s’est fait tirer dessus par des rappeurs qu’il avait refusé de signer. Il décide alors de se rendre à l’hôpital (avec sa mère) pour convaincre le DA de témoigner que tout ceci n’est qu’un accident.

Havoc est rapidement libéré et l’affaire oubliée… à ceci près que depuis ce jour, des vigiles sont postés à l’entrée du label.

 

Ce jour où Shyne a tiré dans un club

En 1999 Shyne est l’un des stars en devenir du label Bad Boy, notamment grâce à son street banger Bad Boyz Anthem.

La nuit du 27 décembre sa vie change brutalement lors d'une soirée dans un club de Manhattan en compagnie de Puff Daddy et sa copine de l’époque, Jennifer Lopez.

Alors que les trois VIP sont sur le point de partir, Combs bouscule accidentellement un client avec la bouteille de champagne qu’il tenait à la main. Ce dernier prend plutôt mal la chose et lui jette des billets au visage.

Quelques secondes plus tard les armes sont sorties. Trois personnes présentes sur les lieux (et sans aucun rapport avec l’altercation) sont blessées, dont l’une d’une balle dans le nez.

Lorsque la police arrête Puffy et Lopez qui tentent de quitter les lieux, les boys in blue découvrent un pistolet dans le coffre – pistolet avec lequel selon certains témoignages le rappeur-producteur aurait tiré en l’air.

Le procès qui s’en suit sera le plus médiatisé de l’histoire du rap.

Tandis que Puff Daddy se paye les services du cador du barreau Johnny Cochran (celui-là même à qui OJ Simpson et Snoop Dogg doivent leur liberté), son protégé se voit désigner un avocat commis d’office.

Reconnu comme le tireur par l’une des victimes Shyne, qui plaide la légitime défense, écope de 10 ans pour tentative de meurtre, agression et mis en danger de la vie d’autrui.

De son côté le mogul évite les 15 ans en placard qui lui pendaient au nez pour possession d’arme, et ce malgré le fait que son chauffeur l’ait accusé de lui avoir offert 50k pour témoigner qu’il s’agissait de son gun.

S’il doit officiellement débourser 850 000 dollars pour dédommager l’une des victimes (on évoque un accord confidentiel de 1,8 millions de dollars pour les deux autres) et se fait larguer par J-Lo (snif), il s’en tire plus que bien. Histoire de marquer le coup, il change son blaze pour P.Diddy.

Shyne lui végète 9 longues années en prison au cours desquelles il sort 2 albums et change lui aussi de nom, se rebaptisant Moses Michael Levi suite à sa conversion au judaïsme.

Malgré les offres alléchantes de Jay Z, Lyor Colen, Dr Dre ou encore Murder Inc, il ne réussira malheureusement pas à relancer sa carrière de rappeur à sa sortie.

Après avoir envoyé quelques piques sur disque à son ancien mentor, les deux hommes se réconcilient lors de la fashion week de Paris.

L’affaire fera l’objet d’un épisode de la série New York, police judiciaire avec au casting Kerry Washington et Idris Elba.

 

Ce jour où 2Pac a tiré sur les flics

Atlanta, 1993. Deux policiers en civil, les frères Mark et Scott Whitwell accompagnés de leurs épouses manquent d’être renversés par une voiture en traversant la rue.
S’ensuit une altercation verbale qui s’envenime rapidement. Les deux hommes sortent alors leurs armes et les pointent en direction des passagers.

Témoin de la scène, 2Pac qui passait par là en voiture n’hésite pas à dégainer lui aussi son calibre et à faire feu sur les agresseurs.

Les deux policiers se retrouvent à l’hôpital, l’un touché à l’abdomen (ou la jambe selon les rapports), l’autre dans le postérieur.

Le rappeur apôtre de la thug life est ensuite placé en détention, sa caution est fixée à 55 059$.

Étonnamment aucune charge ne sera retenue contre lui. Il faut dire que l’enquête révèle que ce sont en réalité les deux officiers qui ont provoqué l’accident, qu’ils avaient bu au moment des faits, et surtout que leurs armes (brandies illégalement) avaient été saisies auparavant dans une affaire de narcotiques avant d’être volées dans le local des pièces à conviction.

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Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1720 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

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Le seul qui ne passe pas pour un **** c'est Tupac quand il parlait de la Thug Life c'était pas pour rien...

Bonjour le 26/09/2016 à 18h03 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

quel épisode de "New York police judiciaire" précisément traite de la fusillade de Puff Daddy?

Aoza le 13/03/2017 à 13h47 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

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quel épisode de "New York police judiciaire" précisément traite de la fusillade de Puff Daddy?

Aoza le 13/03/2017 à 13h47 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

quel épisode de "New York police judiciaire" précisément traite de la fusillade de Puff Daddy?
S12Ep09

Amy le 13/03/2017 à 13h47 - Signaler - 0Soutenir +1

Le seul qui ne passe pas pour un **** c'est Tupac quand il parlait de la Thug Life c'était pas pour rien...

Bonjour le 26/09/2016 à 18h03 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1