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Rap et colère sont-ils indissociables ?

Rap et colère sont-ils indissociables ?

Dimanche dernier, l’interview de Diams diffusée dans l’émission Sept à Huit, sur TF1, a suscité le polémique.

La rappeuse a notamment affirmé que la pratique de sa musique n’était pas compatible avec sa nouvelle vie de femme pieuse. « J’ai beaucoup écrit de raps en étant en colère. Aujourd’hui, je ne suis plus en colère », avait déclaré Mélanie Georgiades au journaliste Thierry Demaizière. Lord kossity comprend tout à fait son point de vue. « Pour moi le rap s’apparente aussi à la colère. C’est une forme d’expression employée par certains jeunes pour parler de leur vie, de leurs difficultés et exprimer une contestation », a-t-il expliqué lors d’un entretien donné au Figaro.

Or, tout le milieu du rap français ne raisonne pas de cette façon. « La vision de Diams correspond au stéréotype basique qu’on peut entendre de personnes qui ne connaissent pas le rap. C’est tout sauf une musique de gens en colère. À la base, c’est surtout une musique de gens qui n avaient pas d’argent et qui ne savaient pas comment s’amuser le vendredi et le samedi soir. C’est né dans les parcs avec des morceaux qui disaient ‘Lève les bras et bouge ton cul’ », s’indigne Madizm, ancien beatmaker de l’écurie IV my people.

Shurik’n partage le point de vue de ce dernier. « Le rap a plusieurs facettes, un côté festif, mais aussi narratif. Certes, à partir du moment où l’on écrit il y a de la colère et de la rancœur, comme dans toute forme d’art d’ailleurs, mais aussi des choses positives et des joies. Il faut veiller à maintenir un bon équilibre entre les deux », estime le membre du groupe IAM. Depuis qu’il existe, le rap a toujours possédé certains courants festifs. Au milieu des années 90, des groupes comme Alliance Ethnik ou Réciprok surfaient même sur cette vague, en étant catalogués de « wacks MC’s » par les rappeurs plus engagés.

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