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A quand le vrai retour de Lino ?

A quand le vrai retour de Lino ?

Si aucun rappeur ne fait l’unanimité, Lino d’Arsenik s’en rapproche.

Demandez à n’importe quel rappeur de vous donner son Top 5 des MC’s français. Parmi la quasi-totalité des réponses, le nom de Lino sera cité. « Rohff, Booba et Lino sont les meilleurs rappeurs français », assurait par exemple Kery James au mois d’août dernier, à Urban Hit. Une voix nasillarde reconnaissable entre mille, un sens ultra-aiguisé de la punchline, un charisme indéniable… Le frère de Calbo possède toute la panoplie du rappeur de très haut niveau. Issu de la même génération que Booba et Rohff, même s’il est un peu plus vieux qu’eux, le natif de Brazzaville (Congo) devrait logiquement jouer dans la même catégorie que ces poids lourds du game. Or, force est de constater qu’il n’en est rien. Comparé aux deux mastodontes, Lino manque cruellement de productivité et -par extension- d’actualité.

Trop dilettante ?

Certes, « Radio Bitume » a atterri dans les bacs au mois de mai 2012. Mais la promotion de ce projet s’est révélée aussi faible que le talent de Lino est grand. D’ailleurs, Monsieur Bors n’en a pas cautionné la parution. « Artistiquement pour moi, c’est catastrophique car les morceaux sont des chutes de studio, des essais qui ne sont ni mixés, ni masterisés », expliquait-il à l’époque. La moitié d’Arsenik reprochait au producteur Bayes d’avoir sorti le disque sans que celui-ci soit terminé. Le sulfureux créateur du label Menace Records estimait-il que Lino prenait un peu trop son temps pour finaliser le projet ? C’est probable. Et c’est bien là que le bât blesse. Par les temps qui courent, rester trop longtemps sans actualité serait presque synonyme de suicide. Si Lino subsiste dans les mémoires, c’est pourtant qu’il a su bâtir une légende autour de sa musique et sa personne. Comme Ill des X-Men.

Une attente interminable…

En réalité, Lino a besoin d’être poussé dans ses derniers retranchements pour s’activer. Par exemple, c’est la sortie « non cautionnée » de « Radio Bitume qui l’avait incitée à créer une page Facebook officielle (https://www.booska-p.com/re/8ce9cj7239). Sur celle-ci, il annonçait qu’il allait rapidement enchaîner avec la suite de ce projet. « Vu que les gens ont kiffé ce produit là (ndlr : Radio Bitume), il y a des morceaux qui seront repris avec des inédits, des clips et des featurings… », nous expliquait-il dans un entretien datant de mai 2012 (https://www.booska-p.com/re/h8kkm3le58). Il évoquait même un nouvel album solo, qui serait « la suite de Paradis assassiné » et un nouvel album d’Arsenik. Résultat des courses, 17 mois plus tard : aucun de ces projets n’a vu le jour…

Noyé dans la meute

Entre-temps, Lino a signé en maison de disques. Au mois de septembre 2012, AZ se disait « fier » d’annoncer sa signature. Le label, qui est devenu une division de Capitol Music France suite au rachat d’EMI par Universal Music Group en juillet 2013, comptait déjà des têtes d’affiche comme Booba et Kery James au moment de son recrutement. Il semblait évident que Bors ne serait pas en haut de la hiérarchie des sorties à venir. Le Blésois Niro et le Sevranais Kaaris sont ensuite venir grossir les rangs du catalogue rap français de la major. Le premier a sorti « Rééducation » au mois de juin dernier, tandis que le second s’apprête à livrer le très attendu « Or noir ». Et Lino dans tout ça ? Strictement rien. Il va sans doute encore falloir patienter un long moment avant de pouvoir découvrir le successeur de « Paradis assassiné », qui ne sortira probablement pas en 2013. « Allez sur mon twitter pour que mon retour sur le devant de la scène fasse un maximum de bruit ! », demandait Monsieur Bors à la fin du mois dernier….

(Crédits photo : Romain Rigal)

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