Qui sont les 15 meilleurs personnages des films de ghetto ? [DOSSIER]

Glocks, barbecues et sacs en papier marron sont au menu...

par Aurelien

Drames, comédies, thrillers, chroniques sociétales… loin de se cantonner à un genre unique, les films de ghetto sont en réalité beaucoup plus versatiles qu’on pourrait le penser au premier abord.

Certes tous partagent un cadre commun (le ghetto*) et tous répondent plus ou moins à un patchwork de figures imposées (des après-midis barbecues ensoleillées, des ados qui font tournoyer leurs Uzi, des soirées où la 40 coule à flot…), mais libre à chacun ensuite de choisir l’angle de l’histoire qu’il veut raconter.

Et c’est ainsi qu’au sein cet univers étendu naviguent foule de personnages aux profils et aux ambitions les plus variées (dealeurs, voleur, bagarreurs, sauveurs…).

Les voici classés par ordre de préférence.

* Nous parlons ici du ghetto américain. Nos excuses donc à Vinz dans La Haine et surtout à Buscapé dans La Cité de Dieu qui aurait (évidemment) mérité la première place du podium.

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15. God

Interprété par LL Cool J dans In Too Deep (1999)

Polar à l’exécution correcte mais sans plus, In Too Deep vaut étonnamment le coup d’œil, non pas pour l’originalité de son scénario (une sempiternelle histoire de flic infiltré), mais pour la prestation de l’auteur de Mama Said Knock You Out.

Prêtant ici ses traits à « Dieu », un caïd qui règne d’une main de fer sur le trafic de drogue de Cincinnati, il iconise ce qu’il faut son personnage tout en lui apportant ce qu’il faut de nuance – typiquement quand il passe de père aimant à psychopathe en un clin d’œil.

Une référence dans le rap ? « I'm LL, in too deep, I'm thinking I'm God » de Joe Budden sur 6 Minutes of Death

14. Buggin Out

Interprété par Giancarlo Esposito dans Do the Right Thing (1989)

L’ancêtre tous les sneakers addicts de la planète depuis cette scène culte où un dude vêtu d’un jersey Larry Bird a osé marcher par inadvertance sur ses Air Jordan IV blanches flambantes neuves.

Caricature du militant un peu trop afrocentré pour être honnête (pendentifs de zulu constamment autour du cou et origines métissées), il ne se résume néanmoins pas à un vulgaire sidekick comique.

Il est d’ailleurs fort à parier que sans lui la nuit d’émeute qui conclue le film n’aurait pas eu lieu.

Une référence dans le rap ? Nelly qui se prend pour lui dans le clip de Stepped On My J'z

13. Ajax

Interprété par James Remard dans The Warriors (1979)

OG des films de ghetto (et ne l’oublions pas source d’inspiration de la série de jeux vidéo de castagne Double Dragon), Les Guerriers de la nuit dépeint des affrontements entre bandes qui ont à l’époque déchaîné les foudres de la censure.

Si Swan beau être le perso principal, le public n’en a bel et bien d'œil que pour son pote blondinet au surnom vaguement hérité de la guerre de Troie.

Bagarreur sans peur et sans reproche, son agressivité (tendance masculinité toxique) ne va cependant pas sans lui causer problème, l’intelligence ou même le simple bon sens n’étant clairement pas ses qualités premières.

Une référence dans le rap ? « We wax Ajax niggas with an axe » de Raekwon du Wu-Tang Clan sur Hellz Wind Staff

12. DJay

Interprété par Terrence Howard dans Hustle & Flow (2005)

Dur, dur la vie de maquereau. Malgré sa permanente, malgré sa Chevy Caprice et malgré ses trois filles en rotation, DJay connaît toutes les difficultés du monde pour joindre les deux bouts.

Obligé de vendre de la weed pour sauver les apparences (et accessoirement se payer de l’essence), il finit par reprendre sa vie en main le jour où il décide de devenir une rap star dans sa ville de Memphis.

Bien lui en a pris : avec l’aide de ses potes (et de la Three 6 Mafia), il finit par décrocher quelques hits et le ticket pour sortir de la misère qui va avec.

PS : et non, mille fois non, Hustle & Flow n’est pas un préquel d’Empire

Une référence dans le rap ? « Djay that's the name, and I came to bring the pain » de Terrence Howard/Djay sur la BO du film

11. Ace

Interprété par Wood Harris dans Paid in Full (2002)

Parcours somme toute classique d’un jeune et ambitieux qui décide en cours de route de prendre des raccourcis lorsqu’il réalise que vendre des cailloux blancs lui rapporte bien plus que de travailler dans un pressing.

Moins charismatique que ses potos Mitch et Rico (respectivement Mekhi Phifer et Cam'ron), il est toutefois celui qui conduit ses affaires avec le plus de flair – lire : il ne finit ni entre quatre murs, ni entre quatre planches.

Produit par Roc-A-Fella, Paid in Full n’est certes pas un Scorsese, mais dans le genre films d'un label de rap il demeure ce qui se fait de mieux en la matière cf. les très douteuses productions Cash Money et No Limit.

Une référence dans le rap ? « Feel like Ace Boogie when he left the cleaner » de Takeoff des Migos sur Trippin

10. Stony

Interprété par Jada Pinkett dans Set If Off (1996)

Déjà qu’il était bien difficile de ne pas tomber amoureux de Jada Pinkett dans Menace II Society, mais là ça relève carrément de la mission impossible.

Braqueuse de banque avec ses copines Cleo (Queen Latifah), Frankie (Vivica A. Fox) et T.T. (Kimberly Elise), elle est celle qui fait de Set It Off autre chose qu’un simple film d’action tout en évitant l’écueil du féminisme à gros sabots.

D’ailleurs ce n’est pas sans raison si l’année dernière encore circulaient des rumeurs de suite centrée sur son personnage.

Une référence dans le rap ? « Every friend of Jada, that set it off, I'm a midget at labor » de Rapsody sur You Should Know

9. Fresh

Interprété par Sean Nelson dans Fresh (1994)

Ou comment un gosse de 12 ans à mi-chemin entre Keyser Söze et l’un des kids de la saison 4 de The Wire réussit à se venger d’un système qui chaque jour lui met toujours un peu plus la tête sous l’eau.

Petite main du trafic de drogue sitôt l’école terminée, il met son plan à exécution en s’inspirant des parties d’échecs disputées avec son semi-clodo de père (Samuel L. Jackson), le tout sans jamais faire de vague.

Bad boy/smart boy, même combat.

Une référence dans le rap ? « En manque de sous faut coffrer comme le petit dans Fresh » de Jul sur Lacrizeomic

8. Jimmy Jump

Interprété par Laurence Fishburne dans King of New York (1990)

Lieutenant aussi intrépide qu’amoral du roi Frank White, il aurait pu tout aussi bien concourir dans la catégorie des tueurs les plus stylés.

Chapeau melon, grillz, « four fingers rings » et guns en bandoulière toujours chargés, rarement on aura vu un homme prendre autant soin de son allure avant d’aller touer de balles la concurrence – tout ça pour paradoxalement se vanter de ne jamais laisser « aucun témoin » derrière lui.

Bref, le complet opposé du personnage de Furious Styles qu’incarnera Fishburne un an plus tard dans Boyz N the Hood.

Une référence dans le rap ? Le total look des Run-DMC dont Morpheus s’est UN PEU inspiré...

7. Deebo

Interprété par Tom Lister Jr. dans Friday (1995) et Next Friday (2000)

La franchise des Vendredis d’Ice Cube et et DJ Pooh a beau lorgner du côté de la comédie, en voilà un qui ne rappelle pas forcément que des bon souvenirs.

Incarnation de la brute épaisse qui sévit dans chaque quartier, précédé de sa réputation (« Oh shit. Here come DEEBO! ») il passe ses journées à taxer shit, clopes et vélo sans réellement se soucier du principe de réciprocité.

Intimidant en diable, il faut dire qu’en cas de litige il a la fâcheuse tendance de tout régler à coup de bourre-pifs.

Une référence dans le rap ? Le clip I Told 'Em de French Montana dans lequel Tom Lister Jr. remet ça

6. Alonzo Harris

Interprété par Denzel ‘Oscar’ Washington dans Training Day (2001)

S'il y a débat pour savoir si le film d’Antoine Fuqua peut être ou non véritablement considéré comme un hood movie, il n’y a en revanche aucun doute pour décerner la palme du flic le plus badass ever au détective Harris.

Cigarette mentholée au coin des lèvres, joaillerie de gangsta rappeur qui touche à son pénis, Chevrolet 1979 Monte Carlo customisée lowrider… le mec donne clairement envie de préférer pour une fois les gendarmes aux voleurs.

Ça, et puis également le fait qu’il se proclame « King-Kong du ghetto » en plein ghetto et rend visite à Eva Mendes à ses heures perdues...

Une référence dans le rap ? Kendrick Lamar qui sample Denzel en intro de The Best Rapper Alive

5. Roland Bishop

Interprété par Tupac Shakur dans Juice (1992)

Quatre jeunes des cités-dortoirs de Harlem se retrouvent impliqués dans un braquage. Parmi eux, la petite frappe Bishop est le plus désireux d’en découdre.

Vibrant de colère et d’incompréhension, il pense pouvoir compenser par la violence le manque de respect dont il se sent continuellement victime, jusqu’à tourner de plus en plus mal.

Le premier rôle de 2Pac au cinéma, son meilleur, celui à l’aune duquel se mesure toute performance d’un rappeur sur grand écran.

Une référence dans le rap ? Juice, le morceau dédié de Chance The Rapper

4. Ghost Dog

Interprété par Forest Whitaker dans Ghost Dog: The Way of the Samurai (1999)

Fan des intrus de RZA et ami des pigeons, le tueur à gages le plus félin du game fait figure de synthèse entre la culture rap, la tradition mafieuse et la sagesse orientale.

Une synthèse aussi improbable que fragile certes, mais une synthèse qui lui vaut de bénéficier du plus grand des respects dans les rues, parcs et taudis de New-York.

Dommage pour lui que la loyauté sans borne dont il se prévaut soit in fine utilisée par ses ennemis pour le conduire à sa perte.

Une référence dans le rap ? « Pigeons on the roof like Ghost Dog (Hannnn) » de French Montana sur Stay Schemin’

3. Nino Brown

Interprété par Wesley Snipes dans New Jack City (1991)

Si vous cherchiez le Don Corleone black, ne cherchez plus.

Plus branché lunettes de soleil et roro, le leader des Cash Money Brothers passe le film à se pavaner en dépensant à l’argent du crack non sans oublier de prendre du bon temps quand il le faut – qu’il s’agisse de se faire un petit basket de rue ou de s’amuser à terroriser ses comparses en sautant à la corde en pleine réunion de crise.

Largement de quoi voler la vedette à un reste du casting pourtant bien achalandé en têtes d’affiche (Mario Van Peeble, Chris Rock, Ice-T…).

Une référence dans le rap ? Lil Wayne/Dwayne Carter qui joue de son homonymie avec la cité Carter pour intituler sa série d'albums phare Tha Carter

2. Doughboy

Interprété par Ice Cube dans Boyz N the Hood (1991)

Aujourd’hui spécialisé en comédies familiales grasses et actionners bas de gamme, le Cube Glacé nous fait regretter à chaque vison un peu plus quel genre d'acteur il aurait pu être.

Très juste de naturel en frère mal aimé qui prend toutes les mauvaises directions possibles, son fameux monologue « Don't Know, Don't Show » qui fait office de conclusion continue de résonner avec la même intensité. Si BITH est étiqueté classique, c’est en grande partie grâce à lui.

REP John Singleton.

Une référence dans le rap ? « Oh boy, I make dough, but don't call me Doughboy, this ain't no fucking motion picture » d’O'Shea Jackson sur Check Yo Self

1. O-Dog

Interprété par Larenz Tate dans Menace II Society (1993)

Certifié « renoi le plus taré en vie » par son pote Caine (ce qui dans le South Central du début des années 90 n’est pas rien), Kevin Anderson se veut le portrait en chair et en os du cauchemar de l’Amérique« Young, black, and didn't give a f*** » dans le texte.

Complètement névrose socialement, armé de trois mots de vocabulaire et particulièrement susceptible concernant tout ce qui touche à sa maman, il n’en dégage pas moins un charisme des plus troublants, mélange unique de candeur et de monstruosité.

C’est d’ailleurs suite à sa performance que va se populariser tant à Hollywood que dans la vraie vie sa façon si particulière de dégainer son arme à l’horizontale.

Une référence dans le rap ? Hum… les coupes de cheveux de Chief Keef et Koba LaD ?

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Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1706 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

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La plus part de ces classiques datent des 90's et débuts 2000 ça fait un moment que c'est le calme plat.
On pourrait aussi citer the wood dans le style comédie et above the rim pour moi meilleur film de basket

Mr alpap le 30/09/2019 à 07h09 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Ce qu'on a appelé la "hoodploitation" date effectivement du début des années 90.

Aurelien le 30/09/2019 à 07h09 - Signaler - 0Soutenir +1