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« Le Prince de Bel-Air » : que sont-ils tous devenus 30 ans après ?

Le tout premier épisode de la série culte était diffusé le 10 septembre 1990...

par Aurelien B

« Now this is a story all about how my life got flipped turned upside down… »

Pour beaucoup, il s’agit du générique le plus célèbre des nineties. D’ailleurs, il s’agit très certainement de l’une des séries télé les plus nineties qui soit.

Le Prince de Bel-Air ou l’histoire de Will, un ado tchatcheur des rues de West Philadelphie qui suite à une embrouille de trop avec des mauvais garçons est envoyé illico par sa mère vivre chez sa tante à l'autre bout du pays dans le très cossu quartier de Bel-Air, Los Angeles.

Là-bas s’ensuivent six saisons durant moult péripéties articulées principalement autour du décalage avec les codes sociaux et culturels de la famille Banks.

Alors certes avec le recul (nan, mais 30 ans quoi...) la mécanique n’a pas forcément toujours très bien vieilli, mais l’ambiance « feel good » reste de mise – et les blagues de très bonnes facture.

Largement donc de quoi donner envie de se demander ce qu’est devenu le crew depuis tout ce temps.

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Will Smith (51 ans)

Petite vedette du rap grâce à son duo bon chic bon genre avec Jazzy Jeff (leur album He's the DJ, I'm the Rapper sorti en 1988 s’est écoulé à 3 millions d’exemplaires), à l’orée des années 90 Willard Carroll Smith Jr. n’en est pas moins endetté jusqu’au cou : non content de dépenser sans compter (genre faire fermer un magasin Gucci d’Atlanta pour que ses potes viennent se servir), le fisc vient en sus taper à sa porte pour lui réclamer 2,8 millions d’arriérés d’impôts.

[Ou pour le citer : « Before I was getting in trouble with Uncle Phil, I was in trouble with Uncle Sam »]

Joie du mektoub, son chemin croise celui de la légende Quincy Jones (lire ci-dessous) qui décide de miser sur lui en lui confiant ce premier rôle, quand bien même Smith n’a jamais fait l’acteur de sa vie auparavant.

Hyper à l’aise face caméra, le Fresh Prince se met alors en tête de devenir « la plus grande star de la planète » en dupliquant son personnage dans des films d’action à gros budgets (Bad Boys, Independence Day, Men in Black...), non sans oublier de revenir au rap à échéances régulières – notamment avec Big Willie Style en 1997 vendu à 9 millions de copies à ce jour.

Omniprésent dans les années 2000 (I Robot, Hitch, I Am Legend...), il s’autorise brièvement de changer de registre avec le biopic de Muhammad Ali dirigé par Michael Mann qui dans un monde parfait aurait dû lui valoir l’Oscar du meilleur acteur devant Denzel Washington, puis avec le mélodrame The Pursuit of Happyness où il donne la réplique à son fils Jaden.

[Jaden qui pour info est prénommé d’après sa mère Jada, tandis que sa fille Willow est prénommée d’après lui. Maintenant vous savez.]

En 2013 les deux remettent d’ailleurs le couvert avec After Earth de M. Night Shyamalan, un film de SF qui bide tellement que ni l’un ni l’autre n’ont failli s’en remettre.

Will Smith fini toutefois par rebondir au box-office en refusant Django Unchained avec Suicide Squad (2016) et Aladdin (2019).

À la base pas forcément fan des réseaux sociaux (car pas forcément fan de la proximité engendrée avec le public), il s’est depuis reconverti en youtubeur, (voir cette séquence où il saute à l’élastique d’un hélicoptère) quand il ne rend pas visite à femme dans son émission web Red Table pour évoquer leurs problèmes conjugaux et autre histoire « d’entanglement » (coucou August Alsina).

Oh, et si cette biographie expresse est allée un peu trop vite pour vous, là voici ici rappée par le Christ.

Quincy Jones, le producteur (87 ans)

Assuré d’apparaître en majuscules dans les livres d’histoire pour avoir été le producteur historique de Michael Jackson (Off The Wall/Thriller/Bad), Quincy Jones c’est aussi et peut-être surtout une carrière débutée dans le monde du jazz dans les années 50 et qui lui vaut d’avoir son patronyme crédité sur près de 3 000 chansons !

Multi instrumentiste, il a collaboré au fil du temps avec les monuments que sont Ray Charles, Miles Davis ou encore Franck Sinatra (qui le premier l’a surnommé ‘Q’).

En 1990 il change cependant totalement de registre en fondant sa propre société de production, Quincy Jones Entertainment, avec dans la ferme intention de se lancer à la conquête des écrans.

Inspiré par la vie de Benny Medina (un exécutif de maisons de disque qui dans son enfance a vécu entre Watts et Beverly Hills), il jette ainsi les bases du Prince de Bel-Air avant d’engager Will Smith après lui avoir fait passer une audition de 10 minutes au beau milieu d’une réception.

Chauffeur de taxi du générique (lui qui n’a jamais passé son permis de conduire), depuis que l’aventure s’est terminée il refait régulièrement l’actualité, que ce soit pour avoir marié l’une de ses filles à 2Pac, publié sa biographie en 2003 dans laquelle il révèle que sa grand-mère cuisinait des rats pour le nourrir, survécu à un AVC en 2015 (son second) ou plus récemment avoir tourné dans un clip de Travis Scott et Young Thug, OUT WEST.

Toujours fringuant à l’approche de la nonantaine, il a fait l’objet d’un documentaire Netflix en 2018 tandis que l’année dernière il s’est offert un jubilé sur la scène de Paris Bercy, lui qui en 1957 était venu apprendre sur nos terres comment écrire de la musique pour instruments à cordes, là où aux États-Unis il était « très mal vu d'enseigner ce genre de chose à des noirs ».

Alfonso Ribeiro/Carlton Banks (48 ans)

Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi dans Le Prince de Bel-Air Will Smith a choisi comme nom de scène son véritable nom, sachez qu’il a suivi là le bon conseil que lui a donné Alfonso, selon qui, si la série marchait, tout le monde allait l’appeler jusqu’à la fin de ses jours par le nom de son personnage.

L’idée était ainsi de faire d’une pierre deux coups en optant d’une part pour un blaze cool, et de l’autre en faisant de sorte que par assimilation le public se souvienne toujours de lui.

Sachant cela, impossible de ne pas se demander pourquoi diable Ribeiro ne s’est-il pas appliqué son propre conseil, lui qui se fait appeler Carlton partout où il va ?

À sa décharge, il se trouve qu’il était à l’époque persuadé que le rôle ne dépasserait pas en popularité celui qu’il avait tenu l’année de ses 13 ans dans The Tap Dance Kid, une comédie musicale jouée sur les planches de Broadway qui lui avait valu de tourner plusieurs publicités – dont une aux côtés de Michael Jackson.

Mal lui en a pris puisque de son propre aveu il est depuis stéréotypé en éternel cadet de la bourgeoisie, lui qui a pourtant vécu dans le Bronx.

Avec le temps Alfonso Ribeiro est toutefois parvenu à se renouveler en touchant à tous les domaines, qu’il s’agisse de la présentation de jeux et émission télé (ABC's America's Funniest Home Videos, Spell-Mageddon, Money Tree...), de la participation à divers télé réalités (I'm a Celebrity...Get Me Out of Here!, Celebrity Duets…) ou de la réalisation d’épisodes de sitcoms (All of Us, Meet the Browns, Are We There Yet?, Shake It Up...), sans oublier un peu d’acting à droite à gauche (dont un début de série avec Soulja Boy en 2010).

Fou de danse, le créateur de la fameuse « Carlton dance », ce pas inspiré par le déhanché de Courteney Cox dans la vidéo de Dancing in The Dark de Bruce Springsteen, s’est également illustré en 2014 en remportant non sans panache la 19ème édition de Danse avec les stars.

Tatyana Ali/Ashley Banks (41 ans)

Âgée de 11 ans au début de la série, la fille cadette du clan Banks s’est muée au fil des 148 épisodes en adolescente un peu rebelle-mais-pas-trop.

N’hésitant pas à pousser la chansonnette dès que le scénario lui en laissait l’occasion, c’est sans surprise qu’elle enregistre en 1998 un premier l’album intitulé Kiss The Sky. Le succès n’est toutefois pas spécialement au rendez-vous, et ce malgré la certification or du remix de son single Boy You Knock Me Out en compagnie de Will.

[Il lui faudra alors attendre 2014 pour sortir un nouveau projet, l’EP autoproduit Hello.]

En 2002 Ali ajoute une nouvelle corde à son arc en décrochant l’équivalent d’une licence à Harvard dans le domaine des « African-American Studies and Government ».

Toujours très active sur le petit écran comme sur le grand (beaucoup de direct-to-dvds, beaucoup de sitcoms), en 2008 elle s’engage en parallèle auprès de Barack Obama avec qui elle fait campagne sur les campus.

Rayon potins, en 2013 elle a admis à demi-mots avoir eu une aventure d’un soir avec Drake.

Mariée en 2016 à un professeur d’anglais, Tatyana Ali est depuis mère de deux enfants.

Karyn Parsons/Hilary Banks (53 ans)

Beaucoup plus snob que la plus snob de tes copines, et qui plus est même pas ta copine, si Hilary était clairement insupportable, grâce à Karyn Parsons elle n’en demeurait pas moins la préférée de beaucoup.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le personnage a pu être vu aux génériques d’autres séries diffusées concomitamment comme Petite Fleur et Out All Night.

La carrière d’actrice de Parsons va néanmoins vite passer à la trappe quand en 1996 la série Lush Life dont elle est respectivement coproductrice, coscénariste et covedette est annulée par la Fox après quatre petits épisodes faute d’audiences jugées insuffisantes.

Vue ensuite dans quelques métrages pas des plus mémorables, en 2002 elle décide de passer à autre chose et fonde Sweet Blackberry, une société de production d’animés pour enfants mettant à l’honneur des héros afro-américains méconnus de l’histoire US.

Remariée en 2003 avec le réalisateur Alexandre Rockwell rencontré sur le tournage de 13 Moons (elle avait convolé en noces une première fois à 21 ans), le couple a ensemble deux enfants.

L’année dernière Karyn Parsons a publié son premier livre pour enfants, How High the Moon, qui relate sur le parcours d’une mère célibataire au temps des lois raciales.

DJ Jazzy Jeff/Jazz (55 ans)

Moitié du DJ Jazzy Jeff & the Fresh Prince, ce n’est faire injure à Jeffrey Allen Townes de dire qu’il n’est ni né pour jouer la comédie, ni que sans l’aide de son pote Will Smith jamais il n’aurait été engagé pour jouer le rôle du pote de Will Smith.

Toujours est-il qu’il a réussi à marquer les esprits en serrant Hilary grâce à sa poignée de main culte en « Psshhh ! », ainsi que pour s’être fréquemment fait jeter des lieux (14 fois pour être exact) par un Oncle Phil jamais à court de prétextes pour se débarrasser de lui.

Suite à la parenthèse Bel-Air, Jeff est cependant logiquement retourné à ses platines.

Invité à venir scratcher sur les albums des plus gros noms de la scène philadelphienne (les Roots, Jill Scott, Musiq Soulchild...), mais pas que (Eminem, les Black Eyed Peas, les Little Brother, Mac Miller...), entre ses mixtapes et ses soirées, il prend le temps de sortir deux albums solo de très bonne facture : The Magnificent en 2002 et The Return of the Magnificent en 2007 qui contient notamment un interlude bien golri avec Willou (déso y’a pas de lien).

Proposé en perso dans le jeu vidéo DJ Hero en 2009, Jazzy Jeff continue depuis d’arpenter inlassablement clubs et salles de concert de par le monde.

Joseph Marcell/Geoffrey Butler (71 ans)

Employé de maison le plus pince sans rire de Bel-Air, outre le fait d’avoir délivré parmi les meilleures punchlines du show, Geoffrey le Majordome (« butler » signifie réellement « majordome ») incarnait bien souvent la voix de la raison au sein d’une famille Banks aux manières pas toujours des plus aristocratiques.

Tout comme son personnage qui la fin de la sixième saison s’en allait rejoindre son fils à Londres, le très british Joseph Marcell est revenu sur ses terres.

Acteur de théâtre de formation, il s’est fait voir dans différentes pièces (dont Le Roi Lear de Shakespeare) ainsi que dans plusieurs soap operas anglais (The Bold and the Beautiful, EastEnders...).

Sa dernière apparition remonte à la série Le garçon qui dompta le vent produite par Netflix en 2019.

Janet Hubert/Vivian Banks (64 ans)

La toute première Tante Vivian de la série, et entre nous la meilleure.

Congédiée à la fin de la saison 3 pour « différences créatives », c’est peu dire qu’elle n’est pas partie en bons termes avec une partie du casting, Will Smith en tête qui lui reprochait son égo démesuré –  « Elle aurait voulu que la série s’appelle 'Tante Viv’ de Bel-Air' » dans le texte.

Ayant plutôt mal pris la chose, Hubert revient régulièrement sur le sujet que ce soit à dans la presse (en 2011 elle traitait Smith « de trouduc’ et d’égoïste » au micro de TMZ), dans ses mémoires publiées en 2009 (Perfection Is Not a Sitcom Mom) ou plus récemment sur Facebook lorsqu’en 2017 elle s’en est pris à ses anciens petits camarades qui se sont réunis sans elle.

Bisbilles mises à part, elle a été aperçue ensuite dans bon nombre de séries télé comme NYPD Blue, Friends ou encore depuis 2018 dans l’éternel General Hospital (56 saisons au compteur).

Voix dans Grand Theft Auto 5 en 2013, Janet Hurbert consacre également son temps à combattre l’ostéoporose, une maladie osseuse dont elle est atteinte, en tant qu’ambassadrice de la National Osteoporosis Foundation.

Daphne Maxwell Reid/Vivian Banks (72 ans)

Nouvelle venue à l’entame de la saison 4, Reid a repris le rôle de Tante Vivian.

Et plutôt que de faire comme si de rien était, les personnages s’en sont gentiment amusés que ce soit Will qui dans le premier épisode se demande « Qui joue la mère cette année ? » ou Jazz qui lorsqu’il tombe sur elle remarque « qu’il y a quelque chose de différent chez elle ».

Discrète depuis, Reid a donné la réplique aux jumelles Tia et Tamera Mowrydans dans Sister, Sister en 1996, puis à la rappeuse Eve dans sa série du même nom de 2003 à 2006.

Mariée à l’acteur télé Tim Reid, elle possédait en sa compagnie et jusqu’en 2014 son propre studio de cinéma.

James Avery/Philip Banks (décédé à 68 ans)

Patriarche aux faux-airs de Suge Knight, en parallèle du Prince de Bel-Air Oncle Phil s’est fait entendre dans Les Tortues Ninjas où il a doublé de 1987 à 1993 le méchant Shredder.

Régulièrement sollicité pour sa voix bien particulière (War Machine dans Iron Man et Spider-Man, Aladin...), sans nécessairement retrouver de rôle du même acabit, il a tourné à la chaîne avec pas loin de 80 rôles à son actif (dont des apparitions dans les séries That ‘70s Show, Star Trek: Enterprise et Grey's Anatomy).

Victime en 2013 de problèmes cardiaques, sa disparition a énormément touché ses anciens comparses avec qui il était resté très proche au fil du temps.

Tous lui ont rendu publiquement hommage avec au premier rang Will Smith qui a déclaré que « James Avery lui a transmis parmi ses plus grandes leçons de vie ». Alfonso Ribeiro a quant à lui a tweeté qu’il était comme « un second père pour lui ».

R.E.P.

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Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien B : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1823 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

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