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Comment 50 Cent a fait de « Power » une série incontournable

Comment 50 Cent a fait de « Power » une série incontournable

La saison 1 est à retrouver chaque mardi à 22 h sur BET !

Depuis déjà quelque temps, le monde du rap s’immisce dans celui de l’audiovisuel et franchissent les barrières du grand mais aussi du petit écran. En France, Sofiane sera très bientôt un des personnages principaux de la série Les Sauvages, un contenu original Canal + qui devrait révéler le rappeur du 93 sous un jour nouveau. Toutefois, outre-Atlantique, 50 Cent a déjà franchi ce pas depuis bien des années. En effet, en 2014, la chaîne câblée Starz lance sa toute nouvelle création nommée Power, une fiction centrée sur la nuit et le crime organisé à New York. Parmi le casting, on retrouve la star du rap américain. Depuis le début, 50 porte le projet à bout de bras et a réussi à faire de Power une des séries les plus populaires de la décennie. Mais quelle est donc la recette ? A l’occasion de la rediffusion de la première saison sur la chaîne BET – dont un épisode est diffusé chaque mardi à 22 h depuis le 3 septembre -, nous revenons sur les composantes de son succès.

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50 Cent, le grand manitou

Le premier secret de la recette de 50 Cent pour faire de Power, c’est 50 Cent lui-même. Il est simplement le véritable grand manitou du show. En effet, il est avant tout le producteur exécutif de la série. Multi-millionnaire grâce au succès de sa musique – qui s’illustre par de nombreux hits comme In Da Club, P.I.M.P, Candy Shop, etc. – mais également à ses multiples placements dans des entreprises de toute sorte, il décide de se lancer dans la production de séries en 2013, lorsque le projet Power n’en est qu’à ses balbutiements. Malgré une carrière musicale en berne depuis quelque temps déjà, 50 Cent reste un des plus gros noms du rap américain : chacune de ses sorties déchaîne les passions et démontre l’engouement intact autour de l’artiste. Maître absolu des réseaux sociaux – notamment Instagram -, il s’est mué en véritable troll et, entre deux posts promotionnels, n’hésite pas à s’en prendre à ses détracteurs. Ja Rule, Rick Ross, Floyd Mayweather ou encore tout le G-Unit en ont fait les frais… Cette activité attractive sur la toile lui permet, alors même que son album Street King Immortal est constamment repoussé depuis cinq ans, de truster l’actualité constamment et de cultiver sa popularité. Un tel personnage est une aubaine pour promouvoir une série…

Par conséquent, lorsqu’il a apposé son nom au projet Power en 2013, les projecteurs se sont directement braqués sur une initiative aussi curieuse qu’ambitieuse. Les lumières se sont même largement intensifiées lorsque la production a dévoilé que le rappeur aurait également un rôle d’acteur dans la série : il y joue le personnage de Kanan, un puissant gangster new-yorkais. Dans l’intrigue, il a été le mentor des personnages principaux, Ghost et Tommy, et leur a appris à évoluer dans les rues impitoyables de la Grosse Pomme. Malheureusement pour lui, ces derniers ont souhaité s’affranchir du joug de Kanan afin de prendre les commandes du business illicite seuls. A la suite d’un complot rondement mené, le gangster est trahi par ses protégés et finit derrière les barreaux. C’est (presque) impuissant qu’il les voit s’emparer de la place qu’il avait durement gagnée. En plus d’être un atout promotionnel phare pour a série, Curtis Jackson se trouve être un acteur très convaincant à l’écran. Sa large filmographie lui a permis de se rôder à l’exercice d’acteur et il fait honneur au joli casting composé notamment de Omari Hardwick (James « Ghost » St. Patrick) et Joseph Sikora (Tommy Egan).

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« Power », un cocktail explosif

Bien entendu, la série doit une grande part de sa popularité à 50 Cent, à son nom et à ses talents de comédien. Toutefois, les idées scénaristiques de Power entretenues par le rappeur ont permis au show de durer pendant toute la deuxième partie de cette décennie. En sus, l’intrigue fascinante devrait conduire Starz à prolonger la série d’une saison qui paraîtra en 2020 : c’est en tout cas le souhait du rappeur de New York, qui ne veut pas voir son projet s’arrêter cette année. La narration de Power fait s’entremêler deux univers captivants : le monde du crime organisé et celui de la nuit. En effet, Ghost, le personnage principal incarné par Omari Hardwick, cumule deux fonctions pour le moins sulfureuses. Il est à la fois un éminent baron de la drogue à New York – après avoir évincé Kanan de l’affaire – et le patron d’une boîte de nuit new-yorkaise très populaire. Alors qu’il voit les retombées économiques de cette dernière comme un ersatz qui lui permettrait de se défaire des sales affaires qu’il a entretenues jusqu’à aujourd’hui, il se rend vite compte qu’il ne peut pas tourner le dos au business de la rue si facilement. Avec son associé et meilleur ami Tommy, il va tenter de jongler entre ses différentes activités et de protéger sa famille, menacée de tous bords : d’un côté, par la police ; de l’autre, par des mafias concurrentes aux dents longues et aux méthodes radicales.

Power a tout d’abord le mérite de montrer une toute autre facette de New York. Ici, il n’est pas question de mettre en scène le côté glamour de la ville. 50 Cent, par l’intermédiaire de la série, montre aux téléspectateurs son expérience de la Grosse Pomme. L’envers du décor est bien différent de l’image que les programmes culturels habituels lui ont construite : dans le show, New York est une ville crapuleuse, remplie de vices, moite et obscure. Dans les rues, tous les coups sont permis. Les plus naïfs se font descendre sans sommation alors que les fourbes poursuivent inlassablement leur ascension… jusqu’à ce qu’ils tombent sur plus forts qu’eux. En effet, les trahisons et la violence sont légion et sont les deux armes principales pour parvenir à ses fins. Kanan en fait les frais avant même que la série ne s’ouvre… Quant à l’intrigue, elle est sexy : elle fait se mêler le monde de la nuit – avec tous les excès qui s’y prêtent – et le milieu du crime organisé. Traitrise, amour, pardon, rédemption et crime se frôlent dans un cocktail hautement inflammable qui rend Power extrêmement addictif.

Quel avenir pour « Power » ?

La saison 6 est actuellement en cours de diffusion outre-Atlantique, toujours sur Starz. Alors que les cinq premières saisons oscillent entre huit et dix épisodes, la sixième s’est vu rallongée fortement puisqu’elle sera composée de quinze épisodes. Pour ce qui est du futur, 50 Cent ne cesse de faire planer le doute. Il avait d’abord communiqué en mai dernier sur les réseaux sociaux que la saison 6 serait la dernière. Toutefois, il rassurait les fans quant à l’avenir de l’univers de Power : il est hors de question qu’il prenne la poussière. En effet, le rappeur aurait déjà préparé quatre projets de spin-off – dont il n’a pas encore dévoilé les détails. L’un d’entre eux a été étayé par la suite. Nommé Power Book II : Ghost, il sera centré sur le personnage incarné par Omari Hardwick et bénéficiera de la présence de Mary J. Blige au sein du casting.

Suite à cette première annonce de la part du rappeur les fans étaient en émoi cela voudrait donc dire que Ghost, Tommy et Kanan s’apprêtent à tirer leur révérence cette année. Toutefois, l’insaisissable 50 Cent a changé d’avis. Un moins plus tard, en juin, à l’occasion d’un tweet, il annonce finalement que Power bénéficiera d’une suite. La raison de cette rétractation : « Ce truc est trop bon », a-t-il tout simplement déclaré. Néanmoins, ses propos sont à prendre avec des pincettes. En effet, s’il nous promet une saison 7, la chaîne Starz n’a encore rien commandé et la co-créatrice de la série, Courtney Kemp, a d’ores et déjà communiqué ses adieux à la série sur Instagram. En tout cas, il n’est pas trop tard pour prendre le train en marche. En effet, alors que la saison 6 est en cours de diffusion aux Etats-Unis, la chaîne BET a décidé de s’offrir les droits de la saison 1 de Power afin d’en diffuser un épisode tous les mardis soir à partir de 22 h sur leurs ondes. L’occasion de se goûter, de se plonger dans l’univers sombre et bling-bling d’une série incontournable de la décennie.

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