La ville de Marseille postule au titre de capitale européenne de la culture pour l’année 2013.
Samedi, la cité phocéenne a donné le coup d’envoi d’un événement destiné à contribuer à son rayonnement international. Pendant un an se succéderont expositions, concerts et grands rassemblements. Le hip-hop, qui est l’un des symboles de la deuxième plus grande ville de France, semble clairement avoir été délaissé. IAM considère même avoir été instrumentalisé par Marseille-Provence 2013. « Nous avons joué le rôle de porte-drapeaux et de figure de proue pendant la candidature qui a été basée sur le multi-culturalisme et les cultures urbaines. Nous espérions la création d’un lieu culturel dédié au hip-hop qui aurait pu permettre de pérenniser nos pratiques artistiques auprès du public marseillais. Une fois que Marseille a été désignée capitale, on nous a expliqué que ce ne serait pas possible », regrette le groupe d’Akhenaton et Shurik’n, lors d’un entretien accordé au Nouvel Obs.
« Le hip-hop relégué en sous-culture »
Peu de place a été accordée aux musiques contemporaines. Seulement quelques concerts de rap devraient avoir lieu, alors que des centaines de manifestations sont prévues dans la ville et la région. « Nous confirmons que le hip-hop n’a jamais été pris au sérieux par les institutions et qu’il a été relégué en « sous-culture de quartiers sensibles » depuis plus de 20 ans. Les associations qui font vivre ce mouvement culturel à Marseille le font avec très peu de moyens et de moins en moins ! Nous pensons que certains décideurs culturels ont une vision passéiste et élitiste de la culture, qu’ils limitent au classique, et ce, que l’on parle de théâtre, de danse ou de musique », déplore le groupe IAM. « Gloire à l’art de rue », scandait la FF au début de la précédente décennie. En 2013, la cité phocéenne aurait-elle oublié que le rap fait partie intégrante de sa philosophie culturelle ?